Le biométhane français en quête d’amour… des banquiers

Le think tank FranceBiométhane vient de publier la deuxième édition de son observatoire du biométhane. Un outil de communication indispensable pour promouvoir cette jeune filière et se différencier, aux yeux des banquiers, de la classique méthanisation.

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Le biométhane français en quête d’amour… des banquiers

Ne pas confondre méthanisation et biométhane, plaide Cédric de Saint-Jouan, président du groupe Vol-V et du jeune think tank France Biométhane. Le premier, connu depuis longtemps, consiste à générer du méthane à partir de déchets organiques (déchets agricoles, ordures ménagères, boues de stations d’épuration, etc.), qui peut être utilisé pour produire de la chaleur et du bâtiment, ce qu’on appela la cogénération. Lors du lancement du plan "Energie méthanisation autonomie azote" en 2013 par Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, la France comptait déjà 250 installations de méthanisation dont 90 agricoles.

Le biométhane, lui, serait tout nouveau. Sa production est autorisée depuis 2011. Et s’il est bien produit par méthanisation, une étape de purification supplémentaire permet d’injecter ce gaz vert directement dans le réseau ou de l’utiliser comme carburant pour véhicule (GNV). Depuis 2014, les installations se multiplient : 11 sites ouverts en 2015, 9 en 2016 et déjà 3 depuis le début de 2017, portant à 29 le nombre de sites injectant du biométhane dans le réseau de gaz. 241 projets seraient même en attente d’autorisation. La filière a en effet obtenu une obligation de rachat par les opérateurs nationaux (GRDF, GRTGaz, RéseauGDS et TIGF) et un prix garanti sur 15 ans (entre 4 et 13 centimes d’euros / kWh selon le type de déchets et la taille des unités). De plus, la loi pour la transition énergétique, adoptée par la France en 2015, fixe comme objectif 10 % de biométhane dans la consommation française de gaz naturel en 2030.

Une filière naissante

Le démarrage de cette filière naissante semble aller dans la bonne direction. Le biométhane s’affiche comme une nouvelle énergie renouvelable, apte à figurer en bonne place dans le mixte énergétique poste carbone, et affichant parmi les meilleures performances en matière d’émissions de particules fines pour le transport. La filière promet aussi des emplois non-délocalisables (mais le potentiel, n’est pas encore chiffré). Et l’Ademe aide au financement des projets via deux enveloppes du programme des investissements d’avenir.

Pourtant, les acteurs se sentent mal aimés et encore trop méconnus, Des banquiers surtout, qui rechignent à financer les nouvelles installations. Selon lui, les banquiers auraient été échaudés par les projets de cogénération, qui n’auraient pas délivré les résultats escomptés. "C’est une des raisons pour laquelle on milite pour étendre le prix de rachat garanti de 15 à 20 ans", explique Cédric de Saint-Jouan. Les banquiers seraient aussi effrayés par la complexité et la longueur d’instruction des dossiers des dossiers. "On est noyé sous la réglementation car le biométhane est à cheval sur les secteurs énergie, agriculture et déchets, tous les trois très réglementés de manière verticale", observe le président de Vol-V. Pour la simplifier, la filière voudrait ainsi une homologation pour l’épendat, cet engrais naturel issu du process.

Sécuriser les projets

"On voudrait aussi des fonds de dettes, comme il en a existé pour les projets des territoires à énergie positive", avance Cédric de Saint-Jouan. Et pour que tout le travail de demande d’autorisation en service n'ait pas servi à pour rien, la filière voudrait que la période d’autorisation de construire soit supérieure aux 3 ans actuels. Bref, qu'elle sécurise un peu plus une filière, pour la rendre capable à remplir l’objectif fixé par le gouvernement et soit apte à rivaliser avec ses voisins allemand et britannique. L’Allemagne compte déjà 201 sites raccordés au réseau et qui produisent 9,1 TWh, contre 215 GWh pour la France. Le Royaume-Uni rattrape son retard, avec déjà 80 sites qui ont injecté 2 TWh dans le réseau en 2016. Mais il est vrai, que ces pays ont le droit aux cultures énergétiques. En France, elles restents interdites.

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