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Le bilan qui sauve Stéphane Richard

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en couverture Mis en examen dans l’affaire de l’arbitrage Tapie, le PDG d’Orange conserve ses fonctions. Les résultats de celui qui a ramené la sérénité et qui tente un renouveau de l’innovation ont plaidé en sa faveur.

Le bilan qui sauve Stéphane Richard
Stéphane Richard a maintenu Orange au sein du top 10 mondial des télécoms.

Malgré sa mise en examen dans l’affaire Tapie, Stéphane Richard devrait rester, pour l’instant du moins, à la tête d’Orange. "Tant que Stéphane Richard peut être dirigeant de cette entreprise sans qu’il y ait de conséquences de la procédure judiciaire, il restera", a précisé François Hollande lors de l’émission "Capital", dimanche 16 juin sur M6. Le lundi 17, le conseil d’administration se prononçait pour le maintien du PDG à son poste. Reste que l’éventualité du départ du PDG avait fortement inquiété le patronat – le futur président du Medef Pierre Gattaz en tête –, mais aussi les syndicats majoritaires dans l’entreprise [lire ci-contre]. Dans un contexte sectoriel difficile et après une période cauchemardesque sous la direction de Didier Lombard, Stéphane Richard a su ramener le calme et maintenir l’opérateur dans les dix premiers mondiaux. "Orange est une entreprise extrêmement importante dans l’économie numérique et dans l’économie française", insistait ainsi Fleur Pellerin, la ministre déléguée à l’Économie numérique, sur l’antenne de RTL au lendemain de la mise en examen du PDG. Stéphane Richard est-il pour autant irremplaçable ? Outre l’option Anne Lauvergeon souvent évoquée, le dirigeant d’Orange est accompagné en interne d’un duo de fidèles qui pourraient, chacun, lui succéder : Bruno Mettling, le directeur des ressources humaines, est l’artisan du plan senior ; Pierre Louette, le directeur général adjoint. Il faut aussi compter avec Gervais Pellissier, l’homme des finances, un historique du groupe. Pour l’instant, un seul constat : dans la tourmente des télécoms, le bilan de Stéphane Richard apparaît plutôt positif.

Bilan social la sérénité retrouvée

Le climat social est un sujet plus que sensible chez Orange. Les moments difficiles de la fin des années 2000 sont encore très présents dans les esprits. Début 2010, c’est une entreprise traumatisée par de nombreux suicides dont Stéphane Richard a pris la direction générale. Trois ans plus tard, tous le reconnaissent, il a réussi avec les partenaires sociaux à redonner à l’opérateur la sérénité nécessaire pour avancer. L’homme est arrivé à la direction générale avec un discours de compréhension et de compassion, qui a rompu avec le ton de son prédécesseur. Il a renforcé les dispositifs d’écoute et beaucoup communiqué sur le sujet. Il a aussi annoncé une vague de 10 000 recrutements. Le compte n’y est plus aujourd’hui, mais le 31 décembre 2012, la CFDT, FO, la CGC et la CGT ont signé avec la direction un nouvel accord sur l’emploi des seniors pour trois ans. Il prévoit l’embauche de 4 000 contrats à durée indéterminée pour 9 000 départs en retraite sur la période (et un total de 10 000 d’ici à 2020). La plupart des syndicats prennent régulièrement la défense du patron, face aux décisions de l’Autorité de régulation des télécommunications électroniques et des postes (Arcep), par exemple. On comprend que Stéphane Richard s’enorgueillisse que la fierté d’appartenance à l’entreprise, tombée à 39% des salariés lors des années noires, soit de 81%.

Bilan stratégique Le passage à l’offensive

Certes, en 2012, Orange a affiché un chiffre d’affaires en baisse de 0,6%. Reste que l’année de l’arrivée de Free Mobile, l’opérateur limite la casse en engrangeant 43,515 milliards d’euros (le résultat a chuté de 30,7% à 3,387 milliards d’euros). Alors que ses deux concurrents historiques SFR et Bouygues Telecom ont continué de se morfondre de l’arrivée du quatrième opérateur, Stéphane Richard a trouvé une parade qui les a beaucoup énervés. Son accord d’itinérance avec l’entreprise de Xavier Niel fait entrer dans les caisses d’Orange une somme estimée à 1 milliard d’euros sur deux ans. De quoi compenser la baisse de revenu par abonné. "On aurait pu laisser SFR faire l’itinérance, commentait le patron en début d’année. Mais j’ai décidé qu’il valait mieux que ce soit nous qui ayons les revenus… Et, oui, nous nous en mettons plein les poches."

La stratégie d’Orange made in Richard, c’est aussi la diversification au-delà du métier historique des réseaux (résolument tournés vers le très haut débit) vers le machine-to-machine ou les marchés verticaux. Et terminée la très coûteuse et irréaliste création de contenus. Même si, comme le regrette Hervé Collignon, le vice-président et partner chez A.T. Kearney, "certains acteurs ont un discours plus clair sur ces nouveaux sujets, à l’instar de l’espagnol Telefónica avec l’activité de Telefónica Digital. Même s’il n’y a pas beaucoup plus de concret derrière."

Bilan innovation l’efficacité comme objectif

Hello, c’est le nom du show de l’innovation inauguré par Stéphane Richard à la fin 2012. Un rendez-vous que le PDG souhaite annuel. Un moyen pour l’opérateur, encore une fois, d’afficher sa fierté, mais aussi de montrer ce qu’il sait inventer. Le dirigeant a maintenu les investissements en R & D, une force historique de l’opérateur. Ils s’élèvent encore à 1,9% du chiffre d’affaires. Mais Stéphane Richard tente le passage à une nouvelle ère. Davantage de souplesse et de rapidité d’adaptation au rythme du numérique et la fin de l’innovation descendante. Son programme Nova+ fait passer l’organisation en mode projet et réunit les quatre sites du Technocentre (France, Royaume-Uni, Côte d’Ivoire et Jordanie) en une entité, avec pour mission de s’intéresser aux usages et au marketing de l’innovation. En mars enfin, le PDG a nommé le quadra Vivek Badrinath, qui chapeautait la division Orange business services, à la direction d’une entité imposante regroupant l’innovation, la technologie et l’expérience client du groupe.

Bilan international le lobbying européen

Pour se distinguer dans la jungle des télécoms européennes avec ses quelque 150 acteurs (pour un territoire comparable, il n’y en a que quatre majeurs aux États-Unis !) il faut l’art et la manière. Or Orange est identifié comme appartenant au trio d’opérateurs phares de la région, avec le britannique Vodafone et l’allemand Deutsche Telekom. Avec ces derniers, Telefónica et l’Italien Telecom Italia, Stéphane Richard conduit personnellement depuis plus de deux ans le lobbying des opérateurs en Europe. Un G5 des télécoms informel qui fait valoir auprès de la Commission européenne ses inquiétudes face à une régulation principalement favorable au consommateur. Ou face à Google qui occupe leurs infrastructures sans contribuer à leur financement. 

Un soutien dispersé des salariés

L’inquiétude quant à la situation de l’entreprise, et une certaine sympathie pour celui qui a ramené le calme conduisent les syndicats d’Orange à souvent soutenir Stéphane Richard. Même à l’heure de sa mise en examen, des salariés se sont exprimés en sa faveur. La CFE-CGC Unsa a demandé "que la présomption d’innocence s’applique pleinement" et réclamé le maintien du "capitaine dans la tempête". Elle s’est félicité des déclarations de François Hollande confortant le PDG dans son poste. En revanche, la CGT et SUD se sont désolidarisés. "Il me semble que Stéphane Richard ne peut plus décemment représenter le groupe", assène Christian Pigeon, le délégué syndical central Sud PTT, arguant que le règlement intérieur d’Orange prévoit la suspension des salariés soupçonnés d’atteinte à l’image du groupe.

On aurait pu laisser SFR faire l’itinérance [de Freemobile], mais j’ai décidé qu’il valait mieux que ce soit nous qui ayons les revenus.

Stéphane Richard, PDG d’Orange

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