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L'Usine Santé

Le "bilan carbone neutre", figure de proue du développement durable chez L’Oréal

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

A trois mois de la COP21, le numéro un mondial de la beauté s'engage à compenser par des projets durables les émissions de CO2 de sa production. Mais doit encore progresser pour respecter tous ses objectifs de développement durable.

Les entreprises citées

Usine L'Oréal à Jababeka - DR 

Entre 2005 et 2014, alors que sa production augmentait de 22%, L’Oréal diminuait de 50,2% ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Soit avec "un an d’avance" sur l’objectif qu’il s’était fixé en 2013, via son programme de développement durable, a rappelé Jean-Paul Agon, jeudi 3 septembre.

Alors que son concurrent anglo-néerlandais Unilever s’est engagé le premier dans une démarche de développement durable, le français entend prouver, à trois mois de la COP 21 qui se tiendra à Paris, qu’il fait la course en tête. Il vise à diminuer ses GES de 60% d’ici à 2020 par rapport à leur niveau de 2005.

Ce 3 septembre, le PDG du numéro un mondial des cosmétiques a annoncé vouloir aller plus loin : atteindre un "bilan carbone neutre" d'ici à 2020. C’est-à-dire capter autant de CO2 qu'il en émet  - soit 400 000 tonnes – via des projets liés à son approvisionnement, en interne ou avec ses fournisseurs. Avec trois possibilités : augmenter l’efficacité énergétique de la production de matières premières (en installant par exemple des fours plus économes en bois au Burkina Faso pour la production de beurre de karité), améliorer les pratiques agricoles (agroforesterie, gestion durable des sols), mais aussi lutter contre la déforestation au Brésil et en Indonésie.

Couvrir un spectre plus large pour ses émissions de CO2

Pour s’assurer que le bilan est vraiment neutre, un panel d’experts sera chargé de se pencher sur les gains carbone comptabilisés. À leur tête, Christian de Perthuis, fondateur de la chaire "Economie du climat" de l'université Paris-Dauphine, trouve l’initiative de L’Oréal intéressante, notamment parce que le groupe s’attaque aux émissions en niveau absolu plutôt que relativement à son chiffre d'affaires ou à ses volumes de production. Christian de Perthuis aimerait cependant que la démarche de L'Oréal porte sur un spectre encore plus large en couvrant aussi toutes les émissions indirectes. Le groupe vient tout juste d’intégrer le transport des produits, mais pas encore l'emballage par exemple.

Deux autres indicateurs-clé à atteindre

L'Oréal met moins l’accent sur les deux autres indicateurs-clé qu’il s’est fixé pour sa production : diminuer sa consommation d’eau et réduire sa production de déchets de 60% d’ici 2020. Et pour cause : fin 2014, la réduction n’avait atteint que 36% pour l’eau et 23,1% pour les déchets.

Un projet en Inde avec Solvay
Dans le cadre de son ambition "carbone neutre", L'Oréal vient de s’engager avec le chimiste belge Solvay, qui lui fournit des dérivés du guar, très utilisé dans la cosmétique, dans un projet de trois ans renouvelable. Ensemble, ils vont promouvoir des pratiques agricoles durables auprès de 1 500 cultivateurs de guar en Inde. Une initative lancée par Solvay depuis 2013, soutenue par l'ONG TechnoServe.
La partie n’est pas gagnée… "Nous obtenons une nette amélioration sur notre consommation d’eau, justifiait en avril dernier Alexandra Palt, la directrice responsabilité sociétale et environnementale de L’Oréal, interrogée par L’Usine Nouvelle. Pour les déchets, le problème est que nous avons choisi une définition extrêmement exigeante pour notre objectif : réduire la production de déchets générés par nos usines, en entendant par déchet tout ce qui n’est pas un produit fini. Nous revalorisons 91% de nos déchets ! Et cela n’est pas pris en compte par notre indicateur".

Coûts infimes par rapport aux bénéfices

Si l’entreprise joue le jeu en publiant annuellement les avancées de ce programme, elle refuse d’en dévoiler le budget. "Ces coûts sont infimes par rapport aux bénéfices qu’on en tire du point de vue du comportement de l’entreprise et même de la motivation des collaborateurs", assure Jean-Paul Agon.

L'initiative de L'Oréal est applaudie par Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète, et "guest star" de la présentation du groupe :"Dans la perspective de la conférence de Paris, les accords pris par les Etats ne seront pas suffisants si un certain nombre de partenaires ne s’engagent pas volontairement et unilatéralement". Il appelle les acteurs territoriaux, mais aussi les entreprises, à se lancer, à l’instar de ce géant du CAC 40.

Gaëlle Fleitour

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