Le beurre et l’argent du beurre, sujet de crispation pour l’industrie agroalimentaire

Le sujet ne semble pas prioritaire aux yeux des producteurs de lait, et de la grande distribution. Mais les industriels de la boulangerie s’inquiètent de l’explosion du prix du beurre, et des premiers cas de pénurie chez leurs fournisseurs.

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Le beurre et l’argent du beurre, sujet de crispation pour l’industrie agroalimentaire

+172% en 20 mois… Pour la Fédération des entreprises de la boulangerie, "l’envolée des cours du beurre n’est plus tenable", assure Mathieu Labbé, le délégué général de la FEB, qui regroupe 260 entreprises du secteur et représente 8,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires (dont 2 milliards à l’export). Cette industrie - dont certains produits, comme les croissants, sont composés à plus de 25% de beurre - appelle donc ses clients – distributeurs et boulangeries artisanales – à répercuter cette flambée dans leurs prix d’achat de manière "équitable, juste et rapide". Un appel non sans lien avec les négociations commerciales avec la grande distribution, qui reprennent le mois prochain.

Manque d’anticipation… mais triples facteurs

"L’envolée récente des prix de contrats du beurre industriel, qui ont doublé en un an, doit être remise dans son contexte, relativisait pour sa part avant l’été la Fédération nationale de l’industrie laitière (FNIL). (...) Beaucoup d’industriels ont couvert l’essentiel de leurs besoins en beurre jusqu’à la fin de l’année à des prix bien inférieurs aux cours actuels." Chez les producteurs de lait, on reproche à l’industrie de n’avoir pas su anticiper la situation actuelle.

Mais, du côté des entreprises de la boulangerie, on l’estime d’autant plus critique que des premiers cas de pénurie chez leurs fournisseurs, des grossistes en beurre, apparaissent depuis quelques jours. Les raisons sont triples selon la FEB : "une demande de plus en plus forte de la part des pays émergents, des conditions météorologiques qui ont été nuisibles aux fourrages, un retour à la mode du beurre". Aucun industriel n’a encore été confronté à des arrêts de ligne de production, faute de matière première. Mais qu’il soit français ou non, le beurre devient introuvable, selon Mathieu Labbé, et s’achète donc à n’importe quel prix, pesant sur les comptes des entreprises.

Interrogés par l’AFP, les distributeurs estiment pourtant quant à eux "ne pas avoir constaté de problème d'approvisionnement en beurre". Le prix des tablettes a néanmoins augmenté de 7% en grandes surfaces, annonçait le 5 septembre la présidente du principal syndicat agricole FNSEA, Christiane Lambert.

Des réunions sous l’égide du ministère de l’Agriculture

Les producteurs de lait en amont, et les distributeurs en aval, répondront-ils aux attentes de l’industrie ? La FEB a fait entendre ses doléances en juin dernier au Médiateur des relations commerciales agricoles, Francis Amand. Depuis, "j’ai pris contact avec les médiateurs des enseignes, indique Mathieu Labbé. Il y a une démarche constructive, parfois compliquée mais une prise de conscience qu’une augmentation des tarifs est nécessaire." Quant à la hausse de la production de beurre qu’il appelle de ses vœux, "malgré une réunion en juin avec les producteurs de lait sous l’égide du ministère de l’Agriculture, il ne s'est rien passé", insiste-t-il. Pour ces derniers, qui ont attendu durant de long mois une revalorisation du prix du lait, le beurre industriel ne constitue pas une priorité : il ne représente que 10% des utilisations du lait en France.

Gaêlle Fleitour

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