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PME-ETI

Le Bélier, le spécialiste du freinage à pleine vitesse

Pauline Ducamp , , ,

Publié le

Enquête En quinze ans, l’équipementier s’est imposé comme le leader mondial des pièces de fonderie en aluminium pour le freinage. Sa recette Innover tout en abandonnant la production en France.

Le Bélier, le spécialiste du freinage à pleine vitesse
L’équipementier investit chaque année 15 à 20 millions d’euros en R?& D et dans l’amélioration de son outil industriel. Ici, son site historique, à Vérac (Gironde).

La crise dans l’automobile Le Bélier ne connaît pas. "D’une année sur l’autre, nous faisons mieux que le marché en Europe", souligne

Une ETI internationale

  • 225,3 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012 (+ 50% en trois ans)
  • 86% du chiffre d’affaires réalisé hors de France
  • 6 sites de production hors de France
  • 2 393 salariés
Philippe Dizier, le directeur général de l’équipementier, implanté à Vérac (Gironde). Depuis 2009, le chiffre d’affaires a en effet doublé, atteignant 225,3 millions d’euros en 2012. Même croissance impressionnante pour l’excédent brut d’exploitation (EBE), passé en trois ans de 15,8 à 32,8 millions d’euros. Et au premier semestre 2013, Le Bélier a enregistré une marge de 9,1%. Ce spécialiste des pièces de fonderie aluminium pour le freinage affiche cette année une part de marché de 42% dans le monde et met le turbo pour s’imposer sur les marchés de la suralimentation et des pièces de châssis et de structure. "En permanence, mes équipes gèrent 250 projets différents", résume Philippe Dizier qui alterne réunions et voyages aux quatre coins du monde.

Cette émulation permanente a pourtant bien failli avoir raison de l’ETI, passée un temps sous mandat ad hoc, et qui a connu plusieurs plans sociaux. Retour en 2004 : "Le Bélier était trop dispersé, se rappelle Philippe Dizier. Nous faisions des pièces diverses, parfois complexes, dont les typologies n’étaient pas récurrentes." Malgré un savoir-faire de plus de quarante ans dans l’aluminium et une internationalisation forte, l’équipementier perd de l’argent. Avec le soutien de la famille Galland, propriétaire et fondatrice de la société, Philippe Dizier lance alors l’aggiornamento de Le Bélier. "Notre révolution a consisté à passer de généraliste à spécialiste produits", aime répéter le directeur général. Le Bélier a flairé le potentiel des normes environnementales qui limitent les émissions de CO2 et entraînent les constructeurs dans une course à la réduction de poids. Spécialiste de la fonderie aluminium depuis sa création en 1961, le groupe "s’est recentré sur des éléments qui favorisent l’allégement comme le système de freinage, mais aussi sur le turbo qui permet de réduire les émissions de CO2, détaille Philippe Dizier. Nous nous sommes aussi tournés vers les liaisons au sol."

Tenté par l’aéronautique

Une fois défini le plan de route, cet ingénieur des Mines se lance dans le Meccano industriel. Première étape : spécialiser les usines

Le tableau de bord

Facteurs de succès
  • Une spécialisation dans trois familles de produits en aluminium à forte valeur ajoutée.
  • Un ancrage international ancien qui évite la dépendance au marché européen déclinant.
  • Une diversification progressive vers l’aéronautique, en particulier pour son site français.

Facteurs de risque

  • Des investissements industriels importants pour soutenir le développement international.
  • Le coût élevé et erratique de l’aluminium, matière première principale.
  • Une forte dépendance aux constructeurs allemands, Volkswagen et BMW en tête.
pour faire monter en compétence les salariés de chaque site sur une famille de produit. Seconde étape : remettre à plat le management dans les filiales pour soutenir cette stratégie. Le Bélier dispose depuis 1994 d’une usine en Hongrie pour alimenter les constructeurs allemands en pièces en aluminium. L’équipementier s’est aussi installé au début des années 2000 en Chine, en Italie, au Mexique et en Serbie, afin de suivre ses clients (à 90% des équipementiers de rang 1, comme Bosch, Continental ou TRW). "Il fallait que nous retrouvions dans les filiales un management de même qualité qu’en France", précise Philippe Dizier.

Après trois ans d’efforts, Le Bélier est prêt, en 2008, à gagner de l’argent et réalise ses premiers profits depuis cinq ans, début 2009. Mais le redémarrage de l’équipementier du Sud-Ouest est entravé par la crise de 2008. "Le groupe a été très affecté, avec un résultat opérationnel et un résultat net négatifs", se souvient Amélie Brossier, membre du directoire du Fonds de consolidation et de développement des entreprises (FCDE). Le groupe se restructure et licencie plus d’un tiers de son effectif. Il arrête aussi la production de sa filiale italienne pour rester compétitif.

Pour appuyer cette restructuration et rassurer les partenaires financiers du Bélier, le FCDE investit 11 millions d’euros dans le holding de la famille Galland, Copernic. "Le Fonds avait identifié des fondamentaux positifs : une grande qualité du management, une présence déjà globale et une capacité d’innovation permettant d’apporter toujours plus de valeur ajoutée à ses clients", analyse Amélie Brossier, qui entre alors au conseil d’administration. Outre l’apport d’argent frais, le FCDE apporte un regard extérieur, par exemple dans le développement à l’international, en Inde ou au Brésil, "un pays très décentralisé, avec un cadre réglementaire, fiscal et social très évolutif, rappelle Amélie Brossier. D’autres entreprises soutenues par le FCDE avaient déjà expérimenté des projets au Brésil, nous pouvions faire profiter Le Bélier de leurs expériences." Trois ans plus tard, le fonds vient de céder sa participation à la famille Galland, signe que Le Bélier est sorti de l’ornière. "Son rebond, en trois ans, a été spectaculaire, note Amélie Brossier. Notre rôle est d’accompagner l’entreprise dans des moments difficiles, nous avons ensuite vocation à passer la main." Finalement, l’équipementier ne s’implante pas au Brésil, mais reste à l’affût de nouveaux débouchés. "Nous travaillons pour le moment à une croissance endogène, mais restons vigilants, nous étudions les opportunités", explique le patron. Le Bélier investit chaque année 15 à 20 millions d’euros en R & D, une activité qui reste à Vérac, et dans l’amélioration de son outil industriel.

Désormais, le groupe lorgne aussi l’aéronautique, notamment à Vérac. En raison des coûts plus élevés que dans ses usines hongroises ou serbes, Le Bélier spécialise son site français sur des produits à haute valeur ajoutée. En outre, la question de l’allégement est de plus en plus prégnante en aéronautique. "Nous allons utiliser le savoir-faire de notre usine pour adapter son activité à ces nouveaux marchés, confirme Philippe Dizier. Notre activité hors automobile s’élève à 5 millions d’euros, nous voulons atteindre les 10 millions d’euros en 2016." Après les Volkswagen Golf et BMW Série 3, Le Bélier pourrait bien monter à bord des Airbus !

La caution managériale

Il est arrivé quand ça allait mal, en 2005, et ne compte pas plier bagage maintenant que Le Bélier est redressé ! Philippe Dizier a insufflé le changement de modèle de l’équipementier, fort de vingt ans d’expérience dans l’équipement automobile. Son leadership et ses modes de gestion ont été salués par le Fonds de consolidation et de développement des entreprises (FCDE) en 2010. Philippe Dizier a aussi su gagner la confiance de la famille Galland. "Il faut de la stabilité pour mettre en place une stratégie dans la durée. C’est ce que permet une entreprise familiale", souligne Philippe Dizier, qui souhaite maintenir coûte que coûte l’ancrage en France du Bélier.

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