Le 18/05/05 - Europe, des patrons jetables. Textile chinois, Bruxelles s'impatiente. Smoby vise la taille critique. Dassault Systèmes mise sur la simulation...

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Europe, des patrons jetables. Les grands groupes seraient entrés dans l'ère du "PDG éphémère" affirme Les Echos. Selon une étude publiée aujourd'hui par les consultants de Booz Allen Hamilton, près de 19 % des patrons des grands groupes européens ont été remerciés l'année dernière. Cette proportion n'était que de 3 % il y a 10 ans. Sur les 2.500 principales entreprises mondiales cotées, 354 ont changé de PDG l'année dernière, en Europe la valse des patrons s'est particulièrement accélérée depuis deux ans. Les conseils d'administration semblent avoir repris le pouvoir au détriment des dirigeants, ceux-ci ne restent plus en place que six ans et demi en moyenne contre neuf ans une décennie plus tôt, analyse l'étude.

Textile chinois, Bruxelles s'impatiente. Les autorités européennes envisagent de prendre des mesures pour contrer le boom des importations de textile chinois. Peter Mandelson, commissaire au Commerce, a proposé aux Etats membres d'ouvrir des consultations formelles avec la Chine, dans un premier temps sur les tee-shirts et le fil de lin, rapporte Les Echos. Prévue par l'OMC, une telle consultation pourrait permettre d'imposer des quotas d'importation sur certains produits, si Pékin ne prend pas de mesures pour limiter ses exportations. L'arrivée massive de produits textiles asiatiques depuis le début de l'année, a provoqué une chute de la production au Portugal, en Grèce et en Slovénie. Si les mises en garde de Bruxelles restent sans réponses, l'Union n'exclut pas d'étudier d'autres produits importés.

Smoby vise la taille critique. Le numéro un français du jouet, Smoby-Majorette va reprendre son principal concurrent hexagonal, Berchet, situé également dans l'Ain dans la "plastic Valley". Après un mois de discussion, les deux entreprises ont signé un protocole d'accord, afin de ne pas rater le train des concentrations qui se développent actuellement tant au niveau européen que mondial, tant chez les producteurs que chez les distributeurs, relève Les Echos. La nouvelle entité enregistrera un chiffre d'affaire d'environ 430 millions d'euros, avec respectivement 300 millions pour Smoby et 130 millions pour Berchet, ce qui a représenté l'an dernier 10 % du marché national. Le nouveau groupe, deuxième européen derrière le Danois Lego, devrait rapidement atteindre la taille critique avec un chiffre d'affaire de 500 millions. Les gammes de jouets qui se recouvrent seulement à 30 % devront néanmoins être rationalisées.

Dassault Systèmes mise sur la simulation. Le spécialiste français des logiciels 3D a annoncé l'acquisition de l'éditeur américain de logiciels de simulation Abaqus pour la somme de 322 millions d'euros - un peu plus de 400 millions de dollars-, indiquent Les Echos et La Tribune. La reprise sera réalisée en totalité en numéraire, c'est la plus grosse opération jamais initiée par l'auteur du célèbre logiciel Catia. Le Français accédera ainsi à la troisième place du podium mondial, sur le créneau très porteur de la simulation. Abaqus, qui réalise environ 100 millions de dollars de chiffre d'affaires avec 485 salariés, est un spécialiste des logiciels de simulation du comportement de produits manufacturés. Dassault Systèmes est le leader mondial de la gestion du cycle de vie des produits industriels (PLM). La nouvelle entité pourrait lancer une nouvelle plate-forme en septembre, sur un marché mondial estimé à 4 milliards de dollars dans cinq ans.

La finance italienne au secours de BNL. La Banca Nazionale del Lavoro, visée par une offre de l'établissement espagnol Banco Bilbao Viscaya, semble trouver des chevaliers blancs sur la péninsule italienne. Les manœuvres s'intensifient depuis le report de l'assemblée générale faute du quorum d'actionnaires requis. Après l'assureur mutualiste Unipol qui souhaite dépasser le seuil des 5 % de capital, c'est au tour de la Banca Popolare d'ell'Emilia Romagna, qui a reconnu avoir racheté près de 2 % des titres de BNL, révèlent La Tribune et Les Echos. C'est un nouveau front qui s'ouvre pour contrer les intrusions étrangères dans la banque italienne, après la contre-offre de La Banca Popolare di Lodi pour prendre le contrôle d'Antoveneta, convoitée par ABN-Amro. Chacun affûte ses armes avant la prochaine assemblée générale de samedi. Seul l'assureur Generali, qui détient plus d'un quart du capital de BNL est resté neutre pour le moment.

La bataille continue pour l'opérateur mobile polonais PTC. Selon La Tribune, Vivendi Universal réclame 2,2 milliards d'euros à Deutsche Telekom pour "rupture abusive" des discussions de rachat de sa part dans l'opérateur mobile. VU détient 51 % de PTC avec le conglomérat polonais Elektrim. L'opérateur allemand propose de les racheter à leur valeur comptable, soit 250 millions d'euros, alors que Vivendi affirme y avoir investi 1,8 milliard. VU semble par ailleurs prêt à un revirement sur PTC, qui a réalisé en 2004 un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros, il serait sur le point de proposer de racheter 25 % supplémentaires, en reprenant les parts d'Elektrim pour 650 millions. Le bras de fer pour le contrôle du Polonais ne semble donc pas terminé.

Gazprom ne fusionnera pas avec Rosneft. Le Kremlin a annoncé hier qu'il renonçait à son projet de création d'un champion russe de l'énergie, note Les Echos. C'est une victoire pour les dirigeants de Rosneft qui étaient opposés à ce rapprochement, remarquent Le Financial Times et le Wall Street Journal. L'Etat russe détient actuellement environ 40 % du capital du gazier, il va racheter 10,7 % en numéraire afin de devenir l'actionnaire majoritaire du numéro mondial de la production de gaz. Il va devoir trouver auprès d'investisseurs internationaux près de 7 milliards de dollars au cours actuel. Pour sa part, Rosneft va pouvoir rester indépendant et se concentrer sur Ioukos, dont il repris la principale filiale de production, Iouganskneftgaz, qui possède des capacité de 1 million de barils par jour. Si les déboires judiciaires de Ioukos le poussent à la faillite, Rosneft sera son principal créancier, bien placé pour une reprise de ses actifs.


Didier RAGU

A demain !


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