Le 12/05/05 - Industrie, la croissance s'étiole. Concentration dans le transport maritime. La nouvelle direction d'EADS reste sur le tarmac. Verdict mitigé dans l'affaire Executive Life...

Partager


Industrie, la croissance s'étiole. La conjoncture économique hexagonale n'est pas très favorable au gouvernement, à quelques semaines du référendum sur la constitution européenne, relève Les Echos. Selon l'Insee, la production industrielle a reculé de 0,5 % en mars, après -0,6 % en février, dans le secteur manufacturier le recul a été de 0,9 %. Les indicateurs de confiance ne laissent pas entrevoir une amélioration, tandis que les stocks des industriels s'accumulent. Différés en 2004 par la forte consommation des ménages, les effets négatifs de l'euro fort, du renchérissement du pétrole et du ralentissement de la demande mondiale, dans la zone Europe notamment, se font sentir. Les économistes qui y voient plus qu'un essoufflement, commencent à abaisser leurs prévisions de croissance pour 2005, autour de 1,6 % au lieu de la fourchette de 2 à 2,5 % retenue par Matignon.

Concentration dans le transport maritime. L'armateur danois Maersk Sealand, numéro un mondial du transport de conteneurs a fait une offre de 2,3 milliards d'euros en numéraire, pour racheter son concurrent P&O Nedlloyd, rapporte Les Echos. Malgré de gros investissements de capacité, l'armateur scandinave n'arrive pas à répondre à la demande, avec le rachat du groupe néerlandais, c'est une énorme opération de croissance externe qui se profile. Si les autorités de la concurrence de Bruxelles donnent leur aval à ce rapprochement, la nouvelle entité contrôlera plus de 17 % de l'offre mondiale de transport maritime de conteneurs. Le nouveau géant aurait une capacité de transport de 1.500 milliers de conteneurs (équivalent vingt pieds), alors que ses deux poursuivants, MSC et Evergreen n'en représentent que 1.100 à eux deux.

La nouvelle direction d'EADS reste sur le tarmac. Les dissensions franco-allemandes pour le contrôle du groupe européen d'aéronautique et de défense semblent toujours aussi fortes et la crise s'installe analyse La Tribune. Les nominations de Noël Forgeard et de Thomas Enders comme patrons opérationnels ont été repoussées à juin. Ce sont les deux coprésidents non exécutifs du conseil d'administration, Manfred Bischoff et Arnaud Lagardère, qui assureront la direction entre-temps. C'est bien sûr la question de la direction d'Airbus qui est à l'origine du problème. C'est la France et l'Allemagne qui possèdent la plus grosse partie du capital d'EADS, 30 % chacun et aucun des deux ne souhaite pour le moment voir lui échapper le contrôle de l'avionneur européen.

Verdict mitigé dans l'affaire Executive Life. Involontairement sur le devant de la scène depuis le début de la semaine, l'homme d'affaires François Pinault sort personnellement blanchi par les jurés californiens, dans le procès qui l'oppose à la justice américaine à propos du rachat illicite au début des années 90, de la compagnie d'assurance Executive Life. Après la reprise controversée par Altus Finance, filiale du Crédit Lyonnais, la plus grande partie des obligations avaient été cédées à François Pinault par l'intermédiaire de son Holding Artémis, rappellent La Tribune et Les Echos. Ce dernier a été reconnu coupable hier de participation à une "conspiration". Reste maintenant à déterminer le montant de la fraude et les dommages, ce qui ne sera pas facile puisque les jurés n'ont pas vraiment pu identifier de tiers lésés. L'ex patron de PPR a déjà réglé 185 millions de dollars de provisions lors du procès pénal en 2003, pour d'éventuelles condamnations au civil. Il vient de renoncer à son projet de musée de 150 millions d'euros à Boulogne, remarque le Wall Street Journal. Sa participation de 66 % dans Executive Life, rebaptisée Aurora, et évaluée à 260 millions, pourrait faire l'objet d'une transaction afin de clore définitivement le dossier.

MIcrosoft mise sur le mobile. Avec le lancement du logiciel Mobile 5.0, la stratégie du géant de Redmond se veut global sur le marché des terminaux mobiles. Pour faire face à la concurrence, l'éditeur compte sur sa nouvelle plate-forme et sa politique d'alliance. "Microsoft veut créer un écosystème entre les opérateurs télécoms et les fabricants de terminaux mobiles" affirme Bill Gates, président du conseil d'administration, dans une interview à La Tribune. Le numéro mondial, hégémonique sur le marché des PC, estime que sa plate-forme logicielle, dotée de nouvelles fonctionnalités de bureautique et de multimédia, destinée aussi bien aux professionnels qu'au grand public, sera à même de contrer l'influence de ses concurrents déjà installés RIM et Symbian.

"L'OMC doit achever en priorité le cycle de Doha." L'Organisation mondiale du commerce ne peut pas tout en matière de développement, mais elle doit conclure le cycle commercial de Doha et mieux coordonner son travail avec celui du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, estime Pascal Lamy, dans un entretien à La Tribune. Il affirme que face aux tentations protectionnistes, l'entrée de la Chine à l'OMC constitue une protection pour les partenaires commerciaux. Alors que le processus de sélection pour la nomination du futur directeur général de l'OMC, doit s'achever aujourd'hui, l'ancien commissaire européen au Commerce, candidat officiel de l'Union européenne et soutenu par les Etats-Unis, semble bien placé. Son seul challenger est l'Uruguayen Carlos Pérez del Castillo, après l'élimination des postulants brésilien et mauricien.

Didier RAGU

A demain !

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS