Le 11/02/05 - Unilever et Sara Lee changent de tête. La rentabilité des banques européennes ne se dément pas. Déficit commercial record aux Etats-Unis...

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Unilever et Sara Lee changent de tête. "Remue-ménage chez les géants de la consommation", titre Les Echos. Après l'opération de fusion entre Procter et Gillette, c'est au tour d'Unilever et de Sara Lee de faire l'actualité. Le groupe néerlandais des biens de consommation a cédé aux pressions du marché et abandonne sa structure de direction Bicéphale, rapporte le Wall Street Journal Il va se doter d'une direction unique avec un président non opérationnel et un directeur général, le véritable patron, poste qui sera confié au français Patrick Cescau. Les chiffres du groupe sont en retrait avec un bénéfice net de 1,88 milliard d'euros, en baisse de 32 %, du à des charges de restructuration et à des dépréciations d'actifs. Du coté de l'Américain Sara Lee, c'est l'ex patronne de PepsiCo, dans la maison depuis seulement un an, qui accède au poste de PDG. Le groupe de Chicago veut s'alléger de 40 % de ses activités, en cédant tout son pôle textile, ainsi que trois autres activités : la vente directe, des marques de café américaines et la branche charcuterie européenne.

La rentabilité des banques européennes ne se dément pas. Malgré une conjoncture et une croissance plutôt morose sur le vieux continent, les établissements financiers terminent l'année 2004 sur de très bons résultats, soulignent Les Echos et La Tribune. Après UBS et BNP Paribas, c'est au tour de la Société Générale de présenter des comptes où croissance et rentabilité sont au rendez-vous. Le groupe dirigé par Daniel Bouton affiche un produit net bancaire en progression de 5 %, à 16,42 milliards d'euros, mais surtout une hausse de plus de 25 % de son bénéfice net, à 3,125 milliards. Ils ont bénéficié d'une bonne maîtrise des charges et d'une forte baisse du coût du risque. Le chiffre d'affaires a augmenté dans tous les métiers, notamment la banque de détail et les services financiers, ainsi que le pôle gestion d'actifs et gestion privée. Seule la banque d'affaires a un peu déçu. Le groupe compte poursuivre en 2005 une politique de croissance externe prudente.

Déficit commercial record aux Etats-Unis. Pour la troisième année consécutive, le déséquilibre commercial outre-Atlantique a atteint des sommets, rapportent La Tribune et Les Echos. Il se monte à plus de 617 milliards de dollars en 2004, contre un peu moins de 500 milliards l'année précédente. La forte aggravation est le résultat de la flambée de l'or noir et de la consommation des ménages américains. Les importations se sont accrues de 16,3 %, le déficit avec la Chine atteint 162 milliards de dollars. Les trois principaux postes de déficits sont le pétrole et le gaz, suivis de prêt par l'électronique et par l'automobile, deux secteurs où les produits américains sont de plus en plus attaqués par une concurrence asiatique très dynamique. Les exportations n'ont progressé que de 12,3 % grâce à la glissade du billet vert, mais freinées par la timidité de la demande européenne.

France Télécom double son dividende mais déçoit les marchés. L'opérateur historique a présenté hier un chiffre d'affaires en légère hausse d'un peu plus de 47 milliards d'euros, mais le résultat net est en recul de 13 % à 2,8 milliards d'euros, un chiffre très en retrait par rapport aux prévisions, note Les Echos. Surtout, le dividende versé au titre de 2004, bien que doublé à 1,2 milliard d'euros, est inférieur à ce qu'attendaient les investisseurs. Les opérateurs se demandent comment le groupe de télécommunications va utiliser les 6 à 8 milliards de cash-flow dégagés chaque année, alors que les programmes de désendettement et de rachat des minoritaires est presque terminé. Certains pensent à des acquisitions, le PDG Thierry Breton ne l'a pas exclu, mais les proies potentielles seront regardées avec prudence.

L'ouverture du dimanche revient dans l'actualité. En marge de la réforme de la loi Galland, encore en préparation au gouvernement, Patrick Devedjian, ministre délégué à l'Industrie, c'est déclaré favorable à l'ouverture des magasins le dimanche. Il s'en explique dans un entretien à La Tribune. Le ministre proposerait 8 ouvertures par an dans un premier temps, avant une éventuelle liberté totale. Pour autant, il souhaite réserver cette option essentiellement aux magasins de prêt-à-porter et à la filière textile fortement touchés par le importations asiatiques et la prochaine suppression des quotas, avec la fin de l'accord multifibres. L'ouverture dominicale des grandes surfaces alimentaires n'est pas recommandée, car le ministre craint qu'elles n'étouffent à la longue le petit commerce déjà en déclin.

DaimlerChrysler, l'étoile de Mercedes pâlit. Le groupe germano-américain poursuit son redressement, notamment sa filiale américaine Chrysler qui sort enfin du rouge, la contribution des véhicules utilitaires est en nette augmentation, mais tout cela est masqué par les mauvais résultats de la branche automobile, indiquent La Tribune et Le Financial Times. La marque à l'étoile, à la réputation pourtant solide, est en proie à des difficultés, avec un résultat d'exploitation divisé par deux, à 1,67 milliard. Au quatrième trimestre, la branche qui regroupe Mercedes, Smart et Maybach était proche des pertes. Les berlines, coupés et autres 4x4 de luxe ont été victimes de pannes à répétition, entraînant de trop nombreux rappels. Les ventes mondiales du constructeur de luxe ont chuté de 12 % pâtissant du taux de change euro-dollar et des problèmes techniques, tandis que la marque Smart est toujours structurellement déficitaire. Le nouveau patron de la division veut économiser 3 milliards d'euros en trois ans, il n'a pas exclu des "effets en terme de coût de personnel".

Didier RAGU

Bon week-end, à lundi !


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