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Laurent Fabius remporte son bras de fer et récupère le Commerce extérieur

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Publié le , mis à jour le 04/04/2014 À 07H16

[ACTUALISE] Depuis l’annonce des ministres du nouveau gouvernement Valls, le ministre de l’Economie, du Redressement productif et du Numérique, Arnaud Montebourg et le ministre des Affaires étrangères et du Développement international, Laurent Fabius, se disputent le portefeuille du commerce extérieur. Les deux ont des arguments à faire valoir. 

Laurent Fabius remporte son bras de fer et récupère le Commerce extérieur

ACTUALISATION LE 4 AVRIL : Manuel Valls a tranché : le Commerce extérieur sera désormais rattaché au Quai d'Orsay, tout comme le tourisme. "Les décrets préciseront les modalités de collaboration entre le ministère des Affaires étrangères et du Développement international et celui de l'Economie, du Redressement productif et du Numérique", a précisé l'entourage du Premier ministre à l'AFP.

Si le commerce extérieur devrait désormais dépendre du quai d’Orsay, ce serait une première dans la Ve république. Vu du quai d’Orsay, le changement aurait une cohérence : éviter la cacophonie qui existe depuis deux ans entre le quai d'Orsay et Bercy.  Sur le terrain, les ambassadeurs à l’étranger étaient d’ailleurs déjà habitués à suivre les négociations des grands contrats, tandis que leurs chefs de services économiques et les bureaux d’Ubifrance dépendent de Bercy. Depuis son arrivée au ministère, Laurent Fabius s’est beaucoup dépensé pour faire de la diplomatie économique une priorité de ses équipes. Au point de marcher sur les plates-bandes de sa collègue Nicole Bricq, l’ancienne ministre du Commerce extérieur.

Les atouts de la diplomatie économique

Pour étendre son action, Laurent Fabius a aussi nommé une dizaine d’émissaires chargé d'ouvrir les portes de grands marchés émergents aux entreprises françaises : Martine Aubry pour la Chine, Paul Hermelin en Inde… Une nouvelle direction des entreprises, qui compte près de 70 diplomates, a aussi été chargée d’accueillir les PME ou les grands groupes. 

La diplomatie économique a ses atouts. Avec le troisième réseau diplomatique du monde, le quai d’Orsay dispose de fait d’une machine de guerre indéniable pour soutenir les entreprises. Elle s’est aussi engouffré  dans une faille laissée ouverte par Bercy. Accaparée par le sauvetage de la zone euro, l’administration du Trésor a un peu négligé ces dernières années les questions d’exportation. Le poste de directrice des affaires internationales n’a été créé que cet été.  

Le pilote des financements à l'exportation

Mais ce changement serait loin de tout résoudre. Au contraire, il ouvre d'autres problèmes. Qui pour piloter les financements à l’exportation dans la nouvelle architecture ? Pour remporter des marchés à l’international, obtenir des financements bon marché est devenu le nerf de la guerre. Or la compétence économique et financière pour analyser les risques pays et la capacité d’un Etat à rembourser sa dette est a priori à Bercy. De même, c’est le puissant Trésor qui décide d’engager ou non la garantie de l’Etat dans le cadre de grands contrats - avec le risque de devoir payer la facture en cas de défaillance du client - et assure la tutelle de la Coface. Des questions de plus en plus stratégiques. Se pose aussi la question de la Banque publique d’investissement, qui gère les prêts à l’export pour les PME et les ETI et dont la tutelle est exercée par Bercy.

"chasser en meute"

Pour les entreprises, rapprocher la politique industrielle de filière menée par Arnaud Montebourg et l'appui à l'exportation aurait surtout fait sens. Même chose concernant l'accent mis sur le développement des entreprises de taille intermédiaires ETI et l'attractivité. Car difficile de concevoir une politique en faveur des PME industrielles sans prendre en compte leur nécessité de s'internationaliser.

Pour "chasser en meute", la précédente ministre du commerce extérieur avait déjà commencé à structurer les entreprises autour de quatre grandes familles de produits et inauguré des comités de filières à l'international pour la santé ou l'agroalimentaire. Qu'ils le veuillent ou non, sur ce sujet, Arnaud Montebourg et Laurent Fabius sont condamnés à s'entendre. Les couacs ne sont pas forcément finis. 

Solène Davesne

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