Laurence Parisot met en garde contre le réaménagement de la retraite

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La présidente du Medef avance toute une série de contre-arguments sur le projet du gouvernement Ayrault d’autoriser le départ à la retraite à 60 ans. Elle avance en particulier une charge insupportable sur les régimes complémentaires.

Laurence Parisot met en garde contre le réaménagement de la retraite © Luc Pérenom - Usine Nouvelle

C’est un peu une course contre la montre dans laquelle Laurence Parisot semble être engagée. Il y a d’un côté la publication prochaine d’un décret destiné aux personnes ayant commencé à travailler dès 18 ou 19 ans et cotisé 41 ans. Un décret qui doit leur permettre de partir en retraite à 60 ans à taux plein. Et de l’autre, la présidente du Medef qui entend soumettre les inconvénients d’une telle mesure au gouvernement.

Au cours de la conférence de presse organisée ce 22 mai, au matin, à Paris, Laurence Parisot a exposé ses interrogations et ses doutes. Elle se demande par exemple si dans le prochain calcul seront "pris en compte uniquement les trimestres cotisés ou, comme certains le demandent, des trimestres validés" intégrant congés maternité, périodes de chômage etc. Dans cette hypothèse, "l'impact financier n'est tout simplement pas le même", fait remarquer Laurence Parisot. Autre interrogation : les fonctionnaires seront-ils  également concernés ? "Dans ce cas, quel est l'impact financier ?" se demande la présidente du Medef.

Une demande de "consultations étendues"

Un impact financier qui devrait peser énormément selon elle sur les régimes Agirc et Arcco. Le décret s’inscrira, remarque Laurence Parisot, dans une logique de carrières longues. Ce qui entrainerait alors un poids important à la charge des régimes qui ne seraient tout simplement "pas à même de supporter un tel choc". Le Medef avance un impact "de 2 milliards d’euros par an, à partir de 2017" pour les régimes complémentaires. Une somme qui viendrait s’ajouter aux 5 milliards par an au minimum évalués pour le régime général.

A partir de constat, Laurence Parisot annonce que si l'Agirc et l'Arcco devaient financer le surplus de dépenses, le Medef serait "amené à poser des questions importantes et très structurelles sur ce que nous voulons faire de ces régimes". "Dans cette hypothèse, l'Agirc n'a plus les moyens de se financer dès 2014, ce qui va nous obliger à être imaginatifs", avertit la présidente du Medef.

Préoccupée par ce réaménagement de la retraite, Laurence Parisot a donc annoncé qu’elle avait demandé des "consultations étendues" sur le futur décret. Demande entendue, puisqu’elle a déjà pris contact avec la ministre des affaires sociales, Marisol Touraine. Un prochain rendez-vous serait même prévu sur son agenda avec le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

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