Laurence Parisot accuse le gouvernement de fuir ses responsabilités sur les retraites

Lors de sa conférence de presse mensuelle, la patronne des patrons a demandé au gouvernement d’accélérer les réformes structurelles en particulier sur les retraites. Elle estime que les partenaires sociaux qui renégocient actuellement les régimes complémentaires sont pris en "otage" par l’inertie du gouvernement.

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Laurence Parisot accuse le gouvernement de fuir ses responsabilités sur les retraites

La patronne du Medef a de multiples sujets de mécontentement vis-à-vis de la politique gouvernementale. Ce mardi 19 février, elle a fustigé des projets comme la loi sur les cessions de sites rentables et la fiscalité des plus-values de cessions qui entament selon elle l’attractivité de la France et sa capacité de rebond. "Les perspectives économiques de nos entreprises sont sombres, si on veut de la croissance il ne suffit pas d’attendre des vents favorables venus des Etats-Unis ou de la Chine. La croissance se portera sur des zones attractives" a-t-elle déclaré le 19 février lors de sa conférence de presse mensuelle.

Les partenaires sociaux dans une situation "impossible"

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Mais le sujet qui la préoccupe le plus est celui des retraites. "Le déficit cumulé prévu de 2011 à 2020, selon le conseil d’orientation des retraites, est de 200 milliards d’euros : c’est phénoménal, effrayant". Elle estime que le gouvernement retarde une réforme structurelle urgente et surtout met les partenaires sociaux, gestionnaires des régimes complémentaires, dans une situation "impossible". "Nous avons engagé avec responsabilité une négociation car si nous ne faisons rien le régime Agirc-Arrco sera dans 3 ou 4 ans en cessation de paiement." Mais selon la patronne du Medef, la négociation ne peut pas avancer à l’aveugle. "Nous sommes pris en otage car nous négocions seuls, isolés. Le gouvernement ne donne aucune de ses intentions sur le régime général, ni à quel horizon, ni dans quelles conditions il va lancer ce débat." Le problème du Medef est qu’il ne veut pas augmenter les cotisations pour des raisons de compétitivité.

Une réunion le 7 mars prochain

Selon Laurence Parisot, le gouvernement les incite donc à désindexer les retraites de l’inflation. "En gros, on nous demande de jouer les méchants. Car cela pourrait aboutir à une baisse significative des pensions." Il est en effet très compliqué pour les régimes complémentaires de jouer sur les paramètres d’âge de départ ou de durée des cotisations sans être en cohérence avec le régime général. "On nous demande, à nous, partenaires sociaux d’assumer une solution. Alors que le gouvernement fuit ses responsabilités sur l’âge, la durée ou encore le redéploiement de la protection sociale". La prochaine réunion de négociation sur les régimes complémentaires de retraite est prévue pour le 7 mars prochain et se tiendra bien. Mais Laurence Parisot promet une initiative forte d’ici là auprès du gouvernement. Sans en dévoiler encore la teneur.

Succession au Medef
Ce matin, Laurence Parisot a affirmé n’avoir aucune information sur les travaux du comité des statuts qu’elle a elle-même saisi pour examiner une éventuelle prolongation de son mandat. L’avis de ce comité n’a toujours pas été présenté en conseil exécutif. Le prochain se tiendra le 18 mars. La patronne des patrons s’est réjouie que sa question sur la "durée des mandats" en ait appelé de nombreuses autres sur la démocratie au Medef (le mode de désignation, la mission du président, etc. …) Le temps file alors que la question d’une élection en juillet n’est toujours pas tranchée. Pas grave pour Laurence Parisot, qui a rappelé que l’on doit déposer les candidatures deux mois avant l’élection avec une date limite en mai et "que c'est bien deux mois de campagne". "Avec tous les gros dossiers sur la table, il ne faut pas perdre nos forces" estime-t-elle. Pas sûr que tous les candidats, déclarés ou non, partagent son avis.

Anne-Sophie Bellaiche

3 Commentaires

Laurence Parisot accuse le gouvernement de fuir ses responsabilités sur les retraites

Gépé
20/02/2013 07h:33

Pour sauver les retraites ,il faut en assurer le financement par une taxe sur l'énergie. Dites-le à Mme Parisot; cela assurera sa réélection!

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deck614
20/02/2013 14h:23

Les factures énergétiques vont déjà prendre 30% dans les 5 prochaines années... J'ai l'impression que "tous les mulets sont chargés à bloc"... Pas de miracle. J'ai bien peur d'une diminution des pensions par désindexation, conséquence malheureuse de la non-maitrise de l'inflation, due elle-même à un commerce extérieur désastreux et à un marché du logement laissé libre comme un chien fou pendant les années 2000. Une nation qui ne produit pas assez et ne vend pas assez vers l’extérieur, ne peut pas tout se payer.

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Etienne Roger
22/02/2013 03h:32

Avec Laurence Parisot le MEDEF se place dans une position d'assisté en faisant pression sur le gouvernement pour qu'il prenne des mesures qui visent à augmenter le profit des grandes entreprises. Il serait temps que le patronat se prenne en mai et devienne moteur dans le développement économique de la France. Nous sommes tous dans le même bateau, si les salariés et les PME ont plus de ressources c'est l'ensemble de l'économie qui se portera mieux et les grandes entreprises en auront les retombées. Que peuvent faire les grandes entreprises ? - Améliorer la situation de leurs salariés - Aider leurs sous-traitants français par des partenariats et au moins par une éthique commerciale renforcée, par exemple les conditions de crédits inter entreprises, l'abus de position dominante, etc. - Epauler les PME à l'exportation - .... Il faudrait changer d'état d'esprit. Plutôt que d'attendre des aides sur le coût du travail sans se remettre en question il faudrait moderniser les entreprises françaises par l'innovation et l'investissement.

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