Lasers, canons électromagnétiques : le futur n'est pas si loin pour la Navy

La marine de guerre américaine cherche depuis longtemps des alternatives futuristes à ses équipements de combat actuels. Lasers, canons électromagnétiques... des technologies impressionnantes qui seront pourtant mises en service très prochainement.

Partager
Lasers, canons électromagnétiques : le futur n'est pas si loin pour la Navy
Le Laser Weapon System (LaWS), un prototype de défense anti-missiles installé à bord de l'USS Dewey.

L'US Navy vient d'annoncer qu'elle prévoit de déployer son premier laser opérationnel cet été, et qu'elle testera un prototype de canon électromagnétique (rail gun) à bord d'un navire d'ici à deux ans. Une progression logique, après l'essai d'un démonstrateur du LaWS (pour Laser Weapon System) à bord du destroyer USS Dewey en 2012.

Le LaWS équipera cette fois l'USS Ponce pour une période de 12 mois lors de patrouilles en eaux potentiellement hostiles, afin de prouver qu'il est une alternative crédible aux technologies actuelles pour la défense contre les petits aéronefs et les embarcations légères. Il sera couplé au module de détection radar d'un Mk-15 Phalanx CIWS (Close-in Weapon System), un système de défense anti-missiles majoritairement utilisé par la marine américaine depuis 1980, et n'aura besoin d'être opéré que par un seul homme.

OBJECTIF DE RÉDUCTION DES COÛTS

Les recherches sur ces équipements, qui ont coûté 40 millions de dollars à la Navy les six dernières années, sont principalement pour des raisons économiques. En effet, les missiles et munitions d'artillerie utilisées par les navires sont très coûteux, plus d'un million de dollars par missile, tandis que les armes à énergie dirigée (DEW) ne coûtent presque rien à l'utilisation.

Elles ne sont de plus pas soumises aux problématiques de stock de munitions, pouvant fonctionner indéfiniment tant qu'elles sont alimentées et refroidies. Enfin, elles présentent l'avantage d'une certaine polyvalence, avec un rayon d'action de 1,6 km, et pouvant s'attaquer à des drones (cf. vidéo), à plusieurs types d'embarcation, etc.

La Navy avait d'abord effectué des tests avec des lasers chimiques dans les années 1980, mais la dangerosité des produits utilisés les rendaient impropres à l'utilisation en mer. Le LaWS est, quant à lui, un système à fibre (utilisant une fibre optique comme amplificateur), similaire au laser à solide. Sa puissance est estimée entre 15 et 50 kilowatts. Le principal inconvénient de cette technologie est sa sensibilité aux conditions météorologiques : elle perd sérieusement en efficacité si la visibilité est diminuée, s'il pleut, s'il y a de la fumée ou trop d'embruns.

L'ALTERNATIVE ÉLECTROMAGNÉTIQUE

L'autre technologie de pointe en cours de développement est celle des canons électromagnétiques, appelés "rail guns" en anglais. Ils accélèrent des projectiles entre deux rails, sans utiliser d'explosifs (voir schéma ci-contre), et sont capables de tirer à des vitesses hypersoniques (jusqu'à Mach 7) et ainsi d'atteindre des cibles à de très longues distances (la portée finale souhaitée serait supérieure à 300 km). Développés par BAE Systems, les prototypes actuellement utilisés par la Navy disposent d'une puissance de 32 mégajoules.

Mais justement, le principal inconvénient de ces armes est leur consommation électrique. En effet, seuls les nouveaux destroyers de classe Zumwalt peuvent générer suffisamment d'électricité pour alimenter un canon de ce type. Les ingénieurs de l'armée travaillent sur un système de batteries qui permettrait leur utilisation sur les navires existants, mais cela n'est pas envisageable en attendant.

Ci-dessous une vidéo de démonstration d'un canon électromagnétique :

SUR LE MÊME SUJET

Sujets associés

NEWSLETTER Aéro et Défense

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES PODCASTS

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Martin Buthaud est docteur en philosophie à l'Université de Rouen. Il fait partie des rares chercheurs français à se questionner sur le rôle du jeu vidéo dans nos...

Écouter cet épisode

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Nathan Mann nous dévoile les coulisses de son reportage dans l'abattoir Labeyrie de Came, dans les Pyrénées-Atlantiques, qui robotise peu à peu...

Écouter cet épisode

La renaissance des montres Kelton

La renaissance des montres Kelton

Le designer Vincent Bergerat donne une nouvelle vie aux montres Kelton. Dans ce nouvel épisode du podcast Inspiration, il explique au micro de Christophe Bys comment il innove et recrée l'identité...

Écouter cet épisode

Connecter start-up et grands groupes

Connecter start-up et grands groupes

Dans ce nouveau numéro du podcast Inspiration, Thomas Ollivier, fondateur du Maif Start-up Club, répond aux questions de Christophe Bys. 

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

BUREAU VERITAS

Auditeur QSE (F-H-X)

BUREAU VERITAS - 23/06/2022 - CDI - Aix en Provence

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

Accédez à tous les appels d’offres et détectez vos opportunités d’affaires

28 - LE COUDRAY

Mise en conformité de 2 salles de césarienne au bâtiment Pôle Femme Enfant du Centre Hospitalier de Chartres.

DATE DE REPONSE 09/09/2022

+ de 10.000 avis par jour

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS