Economie

Las des paroles, aux actes !

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Tribune La nouvelle feuille de route fixée par le président de la République indique quelques chantiers auxquels l'exécutif devra s'atteler sans ménagement. Au-delà du discours de politique générale, le Premier ministre devra reprendre la main, faire oublier les atermoiements de l'équipe précédente, "essorée" par la première moitié de parcours, achevée par des courbes rétives à l'inflexion.

Las des paroles, aux actes ! © Philippe Schaff

Opérer une passation entre Premiers ministres un 1er avril, il fallait oser. Si la situation économique et sociale n'était à ce point préoccupante, nous aurions presque pu penser au clin d'œil potache fait au calendrier. J'opte pour le concours de circonstance ou encore pour la patte du nouveau chef de gouvernement, pressé d'agir.

Il faut dire que la nouvelle feuille de route fixée par le président de la République indique quelques chantiers auxquels l'exécutif devra s'atteler sans ménagement. Au-delà du discours de politique générale, le premier d'entre les ministres devra reprendre la main, faire oublier les atermoiements de la "team" précédente, "essorée" par la première moitié de parcours, achevée par des courbes rétives à l'inflexion.

cette classe dite moyenne régulièrement "tondue" au nom de la solidarité

Selon la parole présidentielle, il faudra donc redonner de la force à notre économie ou encore œuvrer pour plus de justice sociale. Produire plus, produire mieux, produire en France, produire autrement, opérer la transition énergétique, bref tout un programme.

S'il résonne à nos oreilles, gens de l'industrie, il devra néanmoins trouver financements, ce n'est pas là le moindre des détails. Car dans le même temps, il a demandé à ce nouvel exécutif d´œuvrer pour un modèle social plus juste, plus efficace : " ... à la feuille de paie déjà trop faible, s'ajoute la feuille d'impôt trop lourde", a martelé Manuel Valls dans sa déclaration de politique générale le 8 avril.

Nous partageons ce constat si, bien entendu, techniciens, agents administratifs, ingénieurs et cadres, bref cette classe dite moyenne, "tondue" régulièrement au nom de la solidarité est aussi concernée. Nous y veillerons.

Bien sûr, il y a les 50 milliards d'euros d'économies sur les trois années à venir, un effort partagé par tous, nous dit-on. D'autant que Bruxelles entend ne rien lâcher à la France sur son engagement des 3% de déficit budgétaire en 2015. Dans ces conditions, le millefeuille administratif devra, par exemple, être sérieusement dégraissé et ce, sans attendre 2017.

Quant au pacte de responsabilité qui prévoit des exonérations de charges et impôts pour les entreprises, nul ne sait exactement ce que nous pourrons réellement négocier, en contrepartie, au niveau de la branche. Car, pour cela, il faut être deux. Et pour l'instant l'Union Industrielle des Métiers de la Métallurgie (UIMM), représentation patronale de la branche Métallurgie, goûte peu, avec raison, les allègements prévus pour les seuls salariés au smic.

le chômage et l'accès au travail doivent être une préoccupation première

Alors oui, il faut se recentrer sur l'essentiel. Oui, le chômage et l'accès au travail doivent être une préoccupation première et oui, il faut tout mettre en œuvre pour le réduire. Alors oui monsieur le Premier ministre, "les Français vous regardent. [Ils] attendent beaucoup de [vous] et [votre] devoir, c'est de [vous] hisser à la hauteur de leurs exigences". Vous qui dîtes si bien que "la parole publique est devenue langue morte" pour nos compatriotes, nous vous attendons non sur vos séduisantes formules, mais sur votre courage.

Car, à force de chocs et de pactes, à tort et à travers, vous voilà engagé comme premier de cordée sur la ligne de crête, chemin étroit entre le discours et les actes. Et la France ne peut plus attendre, notre industrie encore moins.

Vous voulez "redonner confiance aux Français dans leur avenir" ? Alors permettez-moi de citer Pierre Mendès-France : "dire la vérité - m'oblige, nous oblige". Si elle est "le premier principe de la démocratie", je vous dois la mienne monsieur le Premier ministre : en vérité, nous sommes las des paroles. Aux actes !

Gabriel Artero, président de la CFE-CGC Métallurgie

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1 commentaire

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26/04/2014 - 14h38 -

En effet, agissons ! Mais quoi faire ? Comment ? Nous sommes déjà quelques centaines à proposer de mettre en oeuvre les démarches qui ont fait leurs preuves, dans le 'Manifeste pour plus de Valeur(s) dans la décision publique et l'entreprise' http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/collectif-valeur-s-management
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