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L'Usine Santé

Larvicides et moustiques génétiquement modifiés à l'attaque de Zika

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Des insecticides capables de tuer les larves de moustiques aux insectes génétiquement modifiés pour empêcher le virus de proliférer… Dans les pays touchés par Zika, faute de traitement, on compte sur le génie chimique et la génétique pour faire face.


Au Brésil, des pompiers luttent contre les larves de moustiques - Crédits Gabriel Jabur/Agência Brasília CC Flickr

La guerre est déclarée au virus Zika, considéré depuis le 1er février comme "une urgence de santé publique de portée mondiale" par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Mais que faire en attendant l’arrivée de vaccins dont le développement devrait encore prendre quelques années ?

Dans les différents pays américains touchés par le virus, la première défense reste la protection physique (port de vêtements longs, moustiquaires)… et chimique.

Car la maladie se transmet par la piqûre de femelles moustiques infectées de deux types : Aedes aegypti, originaire d’Afrique, et Aedes albopictus, le moustique tigre, originaire d’Asie, déjà vecteur de la dengue et du chikungunya. Des moustiques dont les œufs se transforment en larves en présence d’eau, avant d’engendrer des moustiques adultes.

Les insecticides conseillés mais encadrés par les autorités

Pour tuer le moustique, la première stratégie consiste à utiliser des insecticides. L’OMS elle-même appelle à "la distribution de larvicides [des insecticides ciblant spécifiquement le stade larvaire d’Aedes] pour le traitement des eaux stagnantes lorsqu’il n’est pas possible d’utiliser d’autres solutions".

Dans les départements d’Outre-Mer, le ministère de la Santé français recommande "d’utiliser jour et nuit un produit répulsif adapté en respectant les précautions d’emploi", en suivant des recommandations publiées sur son site Internet.

Problème, "pour faire face à la résistance développée par certaines populations de moustiques à ces produits, les doses sont considérablement augmentées", affirme Anna-Bella Failloux, directrice de recherche à l'unité Arbovirus et Insectes Vecteurs de l'Institut Pasteur, interrogée par Atlantico.

Un moustique GM développé par l’université d’Oxford

Pour se passer des insecticides, une alternative consiste à modifier génétiquement ces moustiques afin qu'ils ne puissent plus se reproduire dans la nature. Une méthode mise au point par l’université d’Oxford au Royaume-Uni, puis développée par sa spin-off Oxitec, devenue filiale de la société britannique de biologie synthétique Intrexon.

Le principe ? Concevoir un insecte dont les larves auraient besoin d’un antibiotique - la tétracycline, qui leur est fournie en laboratoire afin qu’elles se développent - pour survivre. Mais une fois dans la nature, sans cet antibiotique, le moustique ne peut plus survivre. La femelle est tuée en laboratoire, tandis que le mâle - qui ne pique pas - est libéré dans les zones infestées. Dans l’espoir qu’il se reproduise avec une femelle sauvage, qui ne copule qu’une seule fois, et transmette à leur progéniture un gène qui la tuera.

Peu à peu, la population de moustiques est ainsi censée se réduire. Un écueil : l'antibiotique, utilisé notamment dans la nourriture pour animaux, peut se retrouver à faibles doses dans l’environnement, raconte Libération.

Une méthode contestée par les anti-OGM

La méthode est néanmoins expérimentée par les autorités de plusieurs pays d'Amérique du Sud. Depuis 2011, ces insectes génétiquements modifiés (GM) sont lâchés par dizaine de milliers dans certaines régions du Brésil pour combattre l’endémie de dengue et de chikungunya.

Depuis, Zika est arrivé…  Pourtant, les résultats sont là, assure Oxitec, qui vient d’annoncer la construction d’une "usine à moustiques" pilote dans la ville brésilienne de Piracicaba, pour protéger jusqu’à 300 000 personnes.

Mais sur la toile, les anti-OGM se sont emparés du sujet. Faisant circuler la rumeur que ces moustiques amplifieraient les épidémies, en cas de réversion de la mutation génétique… Ce que contestent certains experts et Oxitec. En France, le Haut Conseil des Biotechnologies s’est néanmoins saisi de cette question des moustiques génétiquement modifiés, afin d’apporter son avis.

Gaëlle Fleitour

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