LANGUEDOC-ROUSSILLONLES BOUCHONNIERS CATALANS MISENT SUR L'INNOVATIONLes fabricants de bouchons installés au pied des Pyrénées répondent aux nouveaux besoins des embouteilleurs par l'innovation, tant pour les produits que pour les procédés de traitement.

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LANGUEDOC-ROUSSILLON

LES BOUCHONNIERS CATALANS MISENT SUR L'INNOVATION

Les fabricants de bouchons installés au pied des Pyrénées répondent aux nouveaux besoins des embouteilleurs par l'innovation, tant pour les produits que pour les procédés de traitement.



"La taille des groupes viticoles augmente de plus en plus. Aussi demandent-ils une homogénéité supérieure des lots de bouchons et une cadence plus rapide sur les chaînes de bouchage", déclare Jacques Armangué, directeur commercial de Péninsuliège, filiale du groupe Pairot, numéro 2 français sur le marché des vins effervescents. Face à ces nouvelles exigences, la profession doit s'adapter. Certes, sur les quelque quatre-vingts bouchonniers présents avant la guerre dans les Pyrénées- Orientales, il n'en reste plus que huit, installés entre Céret et Le Boulou, à la lisière de l'Espagne. Mais le savoir-faire ancestral s'est perpétué, bonifié par les nouvelles technologies. Ainsi, Péninsuliège, spécialiste des bouchons pour "vins tranquilles", a mis au point il y a quatre ans le PG34. Présenté par ses concepteurs comme "un produit à technologie innovante pour les vins de garde moyenne", il est conçu à l'image d'un mini-bouchon de champagne, composé d'aggloméré comprimé entre deux rondelles de liège, qui permet au client de choisir le côté du bouchage. Grâce à ce produit phare et à son petit frère en aggloméré moulé, le PG14, la société espère multiplier par deux ou trois son chiffre d'affaires d'ici à deux ans.

Partenariat avec les milieux scientifiques et universitaires

De son côté, le groupe Sabaté, premier fabricant national de bouchons avec 12% du marché - et qui va accéder au second marché le 27 juin-, consacre 3% de ses recettes à la recherche et au développement et a lancé, en fin d'année dernière, le bouchon Altec. Composé de liège, de cellules de synthèse fabriquées par le groupe chimique Akzo Nobel et d'un liant, ce produit, qui a bénéficié d'un investissement de 10millions de francs, est le fruit de travaux menés en partenariat avec les milieux scientifiques et universitaires, notamment l'université de Perpignan. Totalement normalisé, Altec s'adapte à toutes les chaînes d'embouteillage sans réglage particulier des machines. Une innovation qui intervient dix ans après la naissance du SBM, une méthode de lavage remédiant au "goût du bouchon". C'est également l'aspect "procédé de traitement" que privilégie la société Trescases, au Boulou, spécialiste des bouchons pour grands vins tranquilles et deuxième entreprise de son secteur d'activité à avoir obtenu la certification ISO 9002, en mars 1994. Après la mise au point, en 1987, d'un nouveau lavage breveté et d'un traitement de surface deux ans plus tard, apportant au bouchon une meilleure étanchéité et une "glisse" supérieure, plusieurs projets sont en cours. Le site catalan s'agrandit actuellement de 400mètres carrés afin d'accueillir une salle de triage et des bureaux. Un terrain de 3000mètres carrés a également été acquis en vue d'une extension future. D'autre part, l'une des deux filiales portugaises de Trescases, trop vétuste, va reconstruire une unité de fabrication de 7400mètres carrés, pour un investissement d'une dizaine de millions de francs. Le matériel sera plus performant et très mécanisé. Bien entendu, les bouchonniers de taille plus modeste éprouvent quelques difficultés à s'adonner à la recherche. "Nous avons un laboratoire de contrôle des bouchons, mais pas de structure de recherche sur les produits", explique Richard Caritg, jeune dirigeant de l'entreprise artisanale Vidalou, axée sur les bouchons pour vins tranquilles et les pièces hors gabarit. "Le marché est saturé et très concurrencé. En tant que transformateurs de matière première, nous essayons donc de travailler sur un produit qui ne concernerait pas le bouchage des vins", ajoute-t-il. Valérie GODZINSKI



Les huit fabricants des Pyrénées-Orientales

Sabaté
(Céret)

- Chiffre d'affaires : 162,1millions de francs.

- Effectif: 150 personnes à Céret, 130 dans la filiale espagnole.

Trescases (Le Boulou)

- Chiffre d'affaires : 100 millions de francs (174 millions avec les filiales portugaises).

- Effectif : 50 personnes au Boulou, 150 au Portugal.

Pairot-Péninsuliège (Céret)

- Chiffre d'affaires : 50 millions de francs, dont 35% pour Péninsuliège.

- Effectif : 35 personnes.

Abel (Le Boulou)

- Chiffre d'affaires : 15 millions de francs.

- Effectif : 12 personnes.

Socali (Le Boulou)

- Chiffre d'affaires : 15 millions de francs.

- Effectif : 11 personnes.

Roqueta (Céret)

- Chiffre d'affaires : 6 millions de francs .

- Effectif : 20-25 personnes.

Vidalou (Céret)

- Chiffre d'affaires : 1,5 million de francs.

- Effectif : 5 personnes.

Travet (Perpignan)

Chiffre d'affaires et effectif : non communiqués.

USINE NOUVELLE N°2508

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