Lancement réussi pour Angels, premier nano-satellite industriel français

Muni d'une charge utile Argos Neo, le nano-satellite Angels a été mis en orbite avec succès le 18 décembre. Sous la maîtrise d’œuvre d’Hemeria et avec l’aide du Centre national d’études spatiales (Cnes), le projet a permis à un réseau d’industriels de se préparer à satisfaire les besoins du marché émergent des nano-satellites.

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Lancement réussi pour Angels, premier nano-satellite industriel français
Ici en essai de compatibilité électromagnétique, la plateforme du nano-satellite Angels embarque une charge utile Argos Neo de Thales Alenia Space.

Initialement prévu le 17 décembre, le nano-satellite Angels a finalement été mis en orbite avec succès mercredi 18 décembre. Aux côtés de quatre autres satellites, la petite plateforme d'une vingtaine de kilos pour une trentaine de centimètres est partie avec sa charge utile Argos Neo depuis le Centre spatial guyanais à bord d’un lanceur Soyouz (voir vidéo ci-dessous).

« Ce lancement est une étape importante dans le développement d’une filière française de nano-satellites, se réjouit Thibéry Cussac, chef du projet Angels au Centre national d’études spatiales (Cnes). Lancé en 2016, le projet a permis à une équipe de PME et ETI de se mettre en ordre de marche. « Pour les industriels, le challenge était de développer les compétences et les outils de production nécessaires pour fabriquer une très petite plate-forme satellite performante et utile pour des applications opérationnelles, précise M. Cussac. Le tout en un temps record. La mission est aujourd’hui accomplie et les délais sont parfaitement tenus. »

En tant que maître d’œuvre du projet, Hemeria (ex-Nexeya, fournisseur d’équipements électroniques pour satellites) est devenu un véritable fabricant de satellites. Les composants de la plate-forme lui ont été fournis par plusieurs entreprises : Saft pour les batteries lithium-ion, Steel pour le calculateur embarqué et Sodern pour un viseur d’étoiles autonome testé pour la première fois. Erems a fourni l’équipement de régulation et de distribution de puissance, Syrlinks un émetteur-récepteur, et Mecano ID s’est chargé des analyses mécanique et thermique.

Composants sur étagère

Pour réduire les temps de production, ces sociétés ont choisi d’utiliser des composants dits « sur étagère » (COTS), c’est-à-dire issus de l’électronique grand public ou de l’automobile, et non destinés à l'origine à être envoyés sur un satellite. Et ce n’est pas le seul concept qui diverge du développement traditionnel des satellites. « Pour tenir les délais, nous avons également mis en œuvre de nouvelles approches de développement au niveau de la qualité et du nombre de tests sur les satellite », précise M. Cussac. Dans ce contexte les informations transmises lors des premiers passages des nano-satellites au-dessus des stations au sol seront cruciales pour valider le travail accompli. « Quelques heures après le lancement, il faudra aussi vérifier que le satellite se positionne bien vers le soleil avec ses panneaux solaires déployés », ajoute Thibéry Cussac.

La charge utile Argos Neo sera testée après sa mise en route prévue en janvier 2020. Développée par Thales Alenia Space (TAS) et Syrlinks, elle représente l’avenir du système de localisation et de collecte de données orienté vers l’internet des objets (IoT). TAS assure que ce nouvel instrument consomme trois fois moins que la dernière génération et est dix fois plus petit. La mission de deux ans permettra à la fois de tester ce nouvel instrument et de compléter la constellation des instruments Argos en orbite sur le plan actuellement occupé par le satellite franco-indien Saral - en fin de vie - avant que son remplaçant américain ne prenne le relais en 2021.

Vers une propulsion électrique

Même si la mission Angels se révèle un succès, le design du nano-satellite n’est toutefois pas figé. « Le Cnes continuera à aider Hemeria pour le faire monter en gamme, précise Thibéry Cussac. Par exemple, Angels n’a pas de propulsion. Mais les prochains en auront, et elle sera électrique. Il y a des discussions avec des industriels français et européens. » Une autre amélioration envisagée concerne le contrôle d'altitude et les performances de pointage vers la Terre. « Le réseau de fournisseurs évoluera pour satisfaire ce besoin de nouveaux équipements et pour rester compétitif », ajoute M. Cussac.

Un nouveau marché et une compétition forte

Internet des objets, collecte de données, observation de la Terre, missions scientifiques… « Les nano-satellites ouvrent la voie à tout un champ de nouvelles applications », s’enthousiasme M. Cussac tout en précisant qu’ils ne remplaceront pas les autres familles de satellites. Moins performants, certes, mais plus petits et moins chers, les nano-satellites peuvent être produits et placés en orbite en grande quantité, ce qui améliore le taux de revisite.

La compétition est forte sur ce nouveau marché. Et Hemeria est loin d’être seule à développer et fabriquer ses propres nano-satellites. « Beaucoup d’acteurs se sont engouffrés et je ne sais pas si la demande sera suffisante pour faire vivre toutes ces sociétés », nuance Thibéry Cussac en citant le danois Gomspace ou l’américain Spire. Mais l’entreprise toulousaine ne perd pas de temps et travaille déjà sur l’étape d’après. Lors du Salon du Bourget en juin dernier, elle a donné le coup d'envoi de la construction des satellites de Kineis : une constellation pour la collecte de données des objets connectés et la surveillance maritime.

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