Lagardère renonce à la commandite et fait la paix avec ses actionnaires

par Blandine Henault et Gwénaëlle Barzic

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Lagardère renonce à la commandite et fait la paix avec ses actionnaires
Lagardère a officialisé mercredi l'abandon de son statut controversé de société en commandite dans le cadre d'un accord avec ses principaux actionnaires qui auront désormais leur mot à dire sur la stratégie du groupe de médias et d'édition dont Arnaud Lagardère conserve la direction. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - Lagardère a officialisé mercredi l'abandon de son statut controversé de société en commandite dans le cadre d'un accord avec ses principaux actionnaires qui auront désormais leur mot à dire sur la stratégie du groupe de médias et d'édition dont Arnaud Lagardère conserve la direction.

Ce projet de transformation en société anonyme, qui sera présenté en assemblée générale le 30 juin, siffle la fin d'une longue bataille entre d'un côté le fonds activiste Amber Capital allié à Vivendi et de l'autre Arnaud Lagardère, soutenu par le PDG de LVMH, Bernard Arnault.

Il marque une étape clef dans l'histoire de l'ex-fleuron bâti par Jean-Luc Lagardère qui a vu son périmètre fondre au fil des cessions mises en oeuvre par son fils Arnaud.

"C’est un changement voulu et assumé de ma part sans aucun état d’âme et sans aucun regret", a affirmé le dirigeant de 60 ans lors d'une conférence avec des analystes financiers.

Les principaux actionnaires de Lagardère se sont engagés à voter en faveur du projet, a indiqué le groupe dans un communiqué. Par ailleurs, Lagardère et Amber Capital ont mis fin aux procédures juridiques qui les opposaient.

Le fonds activiste, qui critique depuis plusieurs années la gouvernance et la performance du groupe, a confirmé dans un communiqué distinct soutenir cette évolution.

ARNAUD LAGARDÈRE DEVIENT PDG

Dans le cadre du projet de transformation, Arnaud Lagardère sera nommé PDG pour une durée de six ans et Pierre Leroy, actuellement co-gérant, directeur général délégué.

La commandite - une structure rarement utilisée - permettait à Arnaud Lagardère d'opposer son veto à toutes les décisions stratégiques bien qu'il ne détienne que 7% du capital.

En compensation de son abandon, l'accord prévoit qu'Arnaud Lagardère et sa holding reçoivent un total de 10 millions d’actions nouvelles (soit environ 320 millions d'euros), représentant 7,62% du capital.

Avec cet accord, Arnaud Lagardère a aussi obtenu de maintenir l'intégrité des activités du groupe présent dans l'édition, les médias et la distribution spécialisée dans les lieux de transports.

L'entrée au capital de Vivendi et de Bernard Arnault, qui détiennent déjà des actifs dans les médias, avaient alimenté les spéculations sur un éventuel démantèlement.

Selon le projet, toute cession dépassant un certain seuil de chiffre d’affaires ne pourra être décidée sans l'accord du conseil d’administration à la majorité des trois cinquièmes de ses membres, soit 7 voix sur 11.

Au sein du conseil d'administration, les principaux actionnaires du groupe seront désormais représentés. Vivendi pourra nommer trois administrateurs dont deux indépendants tandis que Qatar Holding, Amber Capital et Financière Agache, la holding de Bernard Arnault, disposeront chacun d'un administrateur.

Aucun actionnaire n'aura le contrôle de la société, que ce soit au conseil ou en assemblée générale, aux termes de l'accord qui ne prévoit pas de clause de conservation des actions ou de "poison-pill" anti-OPA, laissant la voie ouverte à de nouvelles manoeuvres au capital.

"A nos yeux, l'accord ouvre la voie à un changement progressif de contrôle au bénéfice de Vivendi (...)", estiment les analystes de Kepler Cheuvreux dans une note.

En Bourse, l'action de Lagardère grimpe de 3,1% à 23,96 euros.

(Avec Sarah White et Myriam Rivet)

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