LafargeHolcim : les syndicats inquiets, Montebourg vigilant

La fusion annoncée entre Lafarge et Holcim et les cessions d’actifs qu’elle impliquerait suscitent l’inquiétude sur les sites français. La CGT craint une réduction d’effectifs de 10 à 20% chez Lafarge Ciments. Arnaud Montebourg prévient de sa vigilance sur "le maintien absolu de l’emploi".

Partager

LafargeHolcim : les syndicats inquiets, Montebourg vigilant

En quoi les sites français seront-ils touchés par la fusion annoncée entre Lafarge et Holcim ? Les syndicats du cimentier français s’inquiètent des conséquences de ce que les deux géants du ciment présentent comme un "mariage entre égaux", qui verra tout de même le domicile principal du couple partir en Suisse. Bruno Lafont, le PDG de Lafarge et dirigeant annoncé du futur ensemble, et Rolf Soiron, le président du groupe suisse, ont déjà prévenu : un programme de cession d’actifs représentant 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires est prévu en anticipation des demandes des autorités de la concurrence. Il se concentrera pour les deux tiers en Europe. Interrogé, Lafarge ne donne pas plus de précision sur la répartition par pays.

Réorganisation des cimenteries

Pour Sylvain Moreno, délégué CGT central chez Lafarge Ciments interrogé par l’AFP, "il est clair qu’il y aura en France des cessions". Le délégué syndical craint notamment une réorganisation des cimenteries pour optimiser l’outil industriel du futur ensemble qui passerait par des "cessions de cimenteries anciennes" ou des "transformations de cimenteries en stations de broyage" qui réduiraient le besoin de main-d’œuvre. Et de prédire : "On pourrait voir rapidement tomber les effectifs de 10 à 20%" chez Lafarge Ciments, qui compte 1430 salariés sur 19 sites. Moins alarmiste, Patrice Ponceau, représentant de la CFDT, a tout de même pointé l’inquiétude des salariés, en particulier quant à l’identité des futurs acquéreurs des activités cédées. "Tous les groupes n’ont pas les mêmes pratiques sociales", a-t-il souligné.

"Grande vigilance du gouvernement"

Le poids de Lafarge en France, où le groupe emploie 5300 salariés dans ses activités ciments, granulats et bétons, place sa fusion avec Holcim sous haute surveillance. "J’ai exprimé [au président de Lafarge] la grande vigilance du gouvernement sur ce que la France peut tirer comme avantages [de cette fusion] sur la préservation du niveau d’investissement en France et sur le maintien absolu de l’emploi", a déclaré Arnaud Montebourg, le ministre de l’Economie, à l’AFP lors d’une visite a Berlin lundi 7 avril. Avant de tracer la voie au futur géant : "Cela ne peut être qu’un projet de croissance, puisqu’il s’agit de faire un leader mondial européen, où les savoir-faire français et l’implantation française seront évidemment très forts." Pour LafargeHolcim, les négociations avec les autorités de la concurrence ne seront peut-être pas la partie la plus difficile de la fusion.

Manuel Moragues

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

Formation

Manager de l'environnement de travail

Paris - 16 mars 2021

Services Généraux

Maîtriser les aspects de sécurité au travail de votre fonction

Trophée

TROPHÉES DES USINES 2021

Live et replay - 27 mai 2021

Gestion industrielle et Production

Déposez votre dossier avant le 5 février pour concourir aux trophées des usines 2021

Formation

Espace de travail et bien-être des salariés

Paris - 01 juin 2021

Services Généraux

Optimiser l’aménagement du bureau

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE
ARTICLES LES PLUS LUS