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LafargeHolcim admet des arrangements "inacceptables" avec l'Etat islamique

Aurélie M'Bida , ,

Publié le , mis à jour le 02/03/2017 À 15H32

Le cimentier suisse LafargeHolcim a reconnu, ce jeudi 2 mars, avoir indirectement financé des groupes armés en Syrie en 2013 et 2014 dans le but de sécuriser son usine basée dans le nord-est du pays.

LafargeHolcim admet des arrangements inacceptables avec l'Etat islamique © DR

"Des mesures inacceptables", reconnaît LafargeHolcim après coup.  Le géant suisse des matériaux de construction, issu de la fusion en 2015 entre le français Lafarge et le groupe suisse Holcim, a admis jeudi 2 mars, alors qu'il publiait ses résultats de 2016, avoir conclu des arrangements "inacceptables" pour "la sécurité des collaborateurs" et "faire fonctionner l'usine et distribuer les produits". La filiale syrienne de Lafarge a en effet payé "des tierces parties" afin d'assurer le bon déroulement de son activité, dans une région contrôlée par des groupes armés, a admis le groupe cimentier à l'issue d'une enquête interne dont il livre les conclusions ce jeudi.

En juin dernier, une enquête publiée par le journal Le Monde a révélé que le groupe français Lafarge avait été contraint de payer des taxes aux membres de l’Etat islamique afin de poursuivre l’activité de sa cimenterie de Jalabiya, au nord-est de la Syrie, entre 2013 et 2014. Le quotidien s’est procuré des courriels envoyés par la direction de Lafarge attestant d’arrangements avec le groupe djihadiste pour continuer sa production jusqu’au 19 septembre 2014. A cette date, l’Etat islamique s’est emparé de l’usine et Lafarge n’a pu qu’annoncer la fin de toute activité.

Des accusations d'abord niées

Au mois de novembre l'association française Sherpa de défense des victimes de crimes économiques, a déposé plainte contre LafargeHolcim pour les conditions d'activité, en 2013 et 2014, de la cimenterie Lafarge de Jalabiya, en Syrie. La plainte mentionnait notamment "financement du terrorisme", "complicité de crimes contre l'humanité", "complicité de crimes de guerre" et "mise en danger délibéré d'autrui". Des accusations que le cimentier a rejetées en bloc dans la foulée : "le groupe rejette totalement tout soupçon de financement d'organisations terroristes désignées", avait-il déclaré dans un communiqué. LafargeHolcim rejettant clairement les allégations selon lesquelles ses activités en 2013 et 2014 en Syrie auraient pu contribuer à financer l'organisation Etat islamique (EI).

Pourtant après plusieurs mois d'enquête interne, le leader européen du ciment a dû se résoudre à la réalité des faits qui avaient tous été détaillés par le quotidien français (des laissez-passer, un intermédiaire missionné auprès de l'EI, des transactions autour du pétrole raffiné de l'organisation jihadiste…). Et d'en tirer les conséquences : "le conseil d’administration a pris un certain nombre de mesures", précise LafargeHolcim dans son communiqué. Ainsi, un nouveau Comité Éthique, Intégrité et Risques, supervisé par un membre du Comité exécutif, a été créé. Le groupe s'engage par ailleurs à adopter "un processus d'évaluation des risques plus rigoureux", en particulier s'agissant des tiers à haut risque et des partenaires de joint-venture, "un programme de revue des tiers à risques, un nouveau programme de contrôle des sanctions et des exportations ainsi que d’autres mesures résultant d’un exercice de benchmark que le groupe a entrepris"

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1 commentaire

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02/03/2017 - 15h25 -

Et combien d'indemnités vis-à-vis des personnes assassinées ou maltraitées durant cette période ? Pour le journal Le Monde décrié. ???
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