[En images] Lafarge célèbre le succès de ses blocs béton à mousse isolante

Un million de blocs de béton à mousse isolante Airium devraient être vendus cette année par Lafarge en France. Un succès pour ces parpaings pourtant vendus jusqu'à 2 fois et demi plus chers que les produits classiques, et qui s’appuient sur un nouveau modèle économique.

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[En images] Lafarge célèbre le succès de ses blocs béton à mousse isolante
Les blocs de béton remplis de mousse sont disponibles auprès de trois fabricants.

Lancés dans le monde fin 2016 puis commercialisés depuis la fin 2017, les blocs de béton Airium de Lafarge devraient s’être écoulés à 1 million d’unités fin 2018, contre un objectif initial de 600 000 unités. Ces parpaings sont remplis d’une mousse minérale isolante, mélange d’un coulis de ciment et d’adjuvants remplie d’air jusqu’à 95%, garantie sans composés organiques volatils.

Un beau succès pour cette start-up interne au groupe LafargeHolcim, qui a réduit le temps de mise sur le marché à deux ans sur la mousse et à un an et demi sur la machine. Les parpaings sont pourtant vendus jusqu'à 2,5 plus cher (pour les blocs haut de gamme) que des blocs classiques.

Destinée à remplacer le polystyrène expansé, la mousse ne constitue pas la seule nouveauté du produit : en France, Lafarge a choisi de s’appuyer sur trois producteurs de blocs béton : Alkern, Seac et Fabemi. Ceux-ci hébergent une machine conçue et financée par Lafarge. Les industriels reçoivent les composants de la mousse et les injectent, émulsionnés avec de l’air, dans la machine. Il ne reste plus qu’à l’injecter dans les parpaings conçus à cet effet.

Les produits et les silos sont la propriété de Lafarge, qui bénéficie ainsi d’un stock déporté. "Dès que le stock de matières premières baisse, nous en sommes immédiatement avertis et nous renvoyons du prémix. Il s’agit d’un tout nouveau business model pour Lafarge", précise le directeur de la filiale Airium, Julien Guiganti. Les entreprises partenaires sont réunies au sein du groupement d’intérêt économique France Blocs. Trois machines fonctionnent actuellement en France. L’objectif est de parvenir à dix machines actives en 2020, année de la mise en oeuvre de la nouvelle réglementation environnementale.

Des investissements préalables

Les blocs de béton font des allers-retours entre l'étuve et la salle de l'usine Fabemi, où est logée la "mousseuse".

A Bourg-les-Valence (Drôme), Fabemi a débuté la production des blocs Airium en octobre 2017, après six mois de travaux (moyennant 2,5 millions d’euros d’investissement) et l’arrivée de deux nouvelles recrues. L’entreprise spécialisée dans les matériaux du bâtiment (150 millions d’euros de chiffre d’affaires) produit 12 000 blocs par jour, à raison de trois à quatre journées de travail par semaine, à côté de sa production habituelle. Airium représente 12 000 tonnes annuelles, sur un total de 150 000 tonnes de blocs sortis de l’usine. Lafarge facture Fabemi au volume de mousse utilisé chaque mois.

Les blocs de béton passent durant trois à cinq heures en phase de séchage et d’étuvage, avant de revenir dans le process de production. Fabriquée sur place, la mousse est injectée dans les blocs. Ceux-ci repassent ensuite à l’étuve durant dix heures. Puis les parpaings sont mis en palette pour partir sur le site de Donzère (Drôme), à 65 kilomètres, où ils sont rectifiés . "Le PSE [polystyrène expansé, Ndlr] présentait un bilan environnemental assez négatif", observe Philippe Reboulet, responsable commercial Rhône-Alpes chez Fabemi. "Nous avons une solution thermique adaptée aux enjeux du label E+/C-", s’enorgueillit Julien Guiganti.

Une application possible en façades

A Sainte-Foy-lès-Lyon, le promoteur BPD Marignan fait construire un ensemble de 50 logements. La solution du bloc rempli de mousse a été choisie pour l’isolation. Sur ce projet, les blocs Airium sont utilisés uniquement pour les façades. "Ils se posent aussi vite que la brique avec un gain de temps de 30% par rapport au mortier", se satisfait Thomas Populo, conducteur de travaux chez Ajebat Constructions. Les parties intérieures sont, elles, constituées de blocs béton classiques. L’objectif, pour Lafarge, est désormais de positionner ses blocs comme des produits de masse, malgré leur coût.

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