Lafarge nationalisé au Venezuela

Caracas versera 257 millions de dollars à Lafarge pour acquérir 89% de sa filiale. Un accord n'a pas pu être trouvé avec le mexicain Cemex qui se trouvera donc exproprié.

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Lafarge nationalisé au Venezuela
Minuit marquait la fin d'une période de 60 jours pour négocier les indemnisations, annoncées par décret présidentiel le 18 juin. Quelques jours auparavant, le président vénézuélien Hugo Chavez avait annoncé la nationalisation de l'industrie du ciment, "à partir de cet instant, en prenant toutes les mesures juridiques et économiques". Il avait expliqué qu'il s'agissait d'une décision "stratégique" et indiqué que les sociétés étrangères concernées seraient indemnisées.

Lafarge est présente dans le pays depuis 1994, au travers de sa filiale Fabrica Nacional de Cementos SACA, qui possède deux usines de ciment et qui représentait 0,7% du total des ventes de Lafarge l'an dernier, selon le rapport annuel de la société. Avec le suisse Holcim, le groupe français a pris la mesure au sérieux et conclu un accord, dans la soirée du lundi 18 août, avec le gouvernement vénézuélien, autour de la nationalisation de sa filiale locale. Prix versé par Caracas : 257 millions de dollars, pour acquérir 89% de la filiale, le français conservant 5%. Le solde, soit 6%, reste en Bourse. Holcim, pour sa part, cèdera 85% de sa filiale pour 552 millions de dollars et en conservera 15%.

Exproprié. Lafarge évite ainsi à sa filiale l'expropriation plus musclée que Cemex subit actuellement, le cimentier mexicain n'ayant quant à lui pu trouver un accord. Cemex a demandé plus de 885,3 millions d'euros (1,3 milliards de dollars) de compensation, un montant "bien au-dessus de sa valeur réelle", selon le vice-président vénézuélien Ramon Carrizalez. Cemex assure 50% de la production de ciment au Venezuela, tandis que Lafarge et Holcim assurent tous deux la production des 50% restants.

Le ministre de l'énergie et du pétrole, Rafael Ramírez, a garanti la continuité opérationnelle dans la production de ciment que réalisaient les entreprises désormais nationalisées, ainsi que la stabilité de l'emploi de leurs salariés. « Nous disposerons de 90% du marché national, ce qui se traduira par une réduction des coûts et une amélioration de notre capacité de production », s'est-il réjoui. Le fonctionnaire a assisté à l'acte d'expropriation de Cemex Anzoátegui : depuis un ponton improvisé, le public a « compté » les dernières minutes de l'entreprise en tant qu'institution privée, puis a entonné l'hymne national.

A.L.

10 milliards de dollars de nationalisations

Avec l'acquisition de l'industrie du ciment, le gouvernement vénézuélien fait un pas de plus vers le processus de nationalisations massives dans lequel il s'est engagé. Dans ce cadre, le gouvernement d'Hugo Chavez aurait dépensé plus de 10 milliards de dollars, soit environ un tiers des réserves monétaires du pays. Les nationalisations ont été réalisées dans les secteurs électrique, alimentaire, énergétique, bancaire et téléphonique.

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