Lafarge entrevoit les premiers signes d'une reprise en Europe

Lafarge a confirmé ce 5 novembre sa prévision d'un léger rebond du marché mondial du ciment en 2014 grâce aux Etats-Unis et aux pays émergents, mais aussi aux premiers signes d'une reprise qui reste toutefois timide en Europe.

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Lafarge entrevoit les premiers signes d'une reprise en Europe
REUTERS/Christian Hartmann

Le cimentier français Lafarge, engagé dans un projet de fusion avec Holcim, table toujours sur une hausse de 2% à 5% de la demande sur le marché mondial du ciment cette année, après une baisse de 3% de ses volumes bruts en 2013. Pour donner toutes les chances à son rapprochement avec le groupe suisse, il a par ailleurs suspendu tous les désinvestissements n'ayant pas de rapport avec l'opération. "Nous voyons les premiers signes d'une reprise en Europe, ils sont timides, mais globalement nous ne voyons pas de chute lourde", a déclaré le PDG de Lafarge Bruno Lafont au cours d'une téléconférence de presse. "La Grèce et l'Espagne baissent moins fortement, donc nous parlons presque d'une stabilisation, mais ce ne sont pas encore les signes d'une reprise. En revanche, l'Angleterre se porte très bien."

Sur le seul troisième trimestre, le chiffre d'affaires du groupe a baissé de 2% à 3,6 milliards d'euros, sous l'effet d'une base de comparaison défavorable en Europe, notamment en France, et d'une baisse des volumes en Irak. Hors effets de périmètre et de changes, les ventes ressortent en hausse de 2%. L'Ebitda a quant à lui reculé de 4% en données publiées, et augmenté de 2% sur une base comparable, tandis que le résultat net, part du groupe, a chuté de 28% à 218 millions d'euros, les plus-values de cessions de l'an dernier à même époque ayant gonflé la base de comparaison. Retraité de ces éléments, mais aussi des coûts engagés pour la fusion avec Holcim, le résultat net est stable.

3,5 milliards d'euros d'actifs à céder

Le projet de fusion entre les deux groupes ayant été formellement notifié à la Commission européenne la semaine dernière, toutes les notifications ont désormais été effectuées. Bruno Lafont, appelé à devenir le directeur général du nouveau groupe Lafarge-Holcim, a répété s'attendre à ce que le mariage soit finalisé dans le courant du premier semestre 2015. Les deux cimentiers, dont le rapprochement impose des cessions d'actifs pour obtenir le feu vert des autorités de la concurrence, sont en négociations avec des acheteurs potentiels. Ils ont dressé début juillet une liste de 3,5 milliards d'euros d'actifs à vendre afin de supprimer des doublons géographiques. Ces activités pèsent pour environ 10% du chiffre d'affaires combiné de Lafarge et de Holcim.

Début octobre, des sources proches du dossier avaient indiqué à Reuters que deux consortiums industriels, composés de l'irlandais CRH et du mexicain Cemex pour l'un et de l'allemand HeidelbergCement et du brésilien Votorantim Cimentos pour le second, ainsi que quatre groupements de fonds d'investissement prévoyaient de soumettre des offres de rachat.

un futur géant

Le mariage des deux leaders mondiaux du ciment doit donner naissance à un groupe présentant une capitalisation boursière combinée de près de 41 milliards d'euros. Les deux partenaires s'attendent à ce que leur alliance génère quelque 1,4 milliard d'euros de synergies annuelles.

La priorité donnée aux désinvestissements requis dans le cadre de la fusion a conduit Lafarge à renoncer à son objectif propre de désendettement. Le groupe visait jusqu'ici une dette nette à moins de neuf milliards d'euros à la fin de l'année, contre 10,3 milliards fin septembre. Si l'on intègre les 900 millions d'euros de cessions que Lafarge compte sécuriser au quatrième trimestre, l'endettement serait estimé autour de 9,4 milliards fin 2014.

"On va s'en rapprocher (de l'objectif) au cours du quatrième trimestre, il est possible qu'on n'y soit pas totalement compte tenu du fait que nous avons décidé de faire une pause sur certains désinvestissements", a expliqué Bruno Lafont. "C'est moins important que de réaliser des désinvestissements dans le cadre de la fusion avec Holcim, et bien sûr la fusion avec Holcim."

Avec Reuters (Gilles Guillaume et Andrew Callus, Dominique Rodriguez)

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