Lacoste : nouveau croco… deal ?

Deux des petites-filles de René Lacoste étaient en compétition pour prendre la présidence de Lacoste SA, la holding propriétaire de la célèbre marque au crocodile. Lundi 24 septembre, dans ce match serré entre cousines, c’est la plus jeune des deux, Sophie Lacoste-Dournel, 36 ans, qui l’a emporté face à Béryl Lacoste-Hamilton, 56 ans, pourtant donnée favorite.

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Lacoste : nouveau croco… deal ?

L’esprit de compétition anime toujours la famille Lacoste. Il s’est illustré ces dernières semaines dans une confrontation épique entre deux des héritières du fondateur de la marque, René Lacoste. Ce champion de tennis, membre de l’équipe des Mousquetaires, avait eu l’audace de briser les codes vestimentaires dans les années 30 en pénétrant sur les courts avec un polo à manches courtes et léger de sa conception, sur lequel il avait fait broder un crocodile pour imager le surnom qu’on lui donnait alors. Un logo avant l’heure, devenu un animal mythique de la mode, et du sportwear en particulier, reconnu aux quatre coins du globe.

Il aura certainement fallu la même audace et la même ambition à Sophie Lacoste-Dournel pour succéder cette semaine à son père Michel Lacoste à la présidence du conseil du conseil d’administration de Lacoste SA, alors que celui-ci avait, avec quelques autres administrateurs, plutôt misé sur sa cousine Béryl Lacoste-Hamilton, fille de Bernard Lacoste, décédé en 2006 après avoir lui-même occupé la présidence de Lacoste SA pendant quarante ans.

Déjà candidate à cette fonction non exécutive il y a cinq ans, Sophie Lacoste-Dournel est revenue à la charge en juin dernier, provoquant le report de l’assemblée générale au 24 septembre. Tenace, cette jeune femme de 36 ans, maman de deux enfants, a su durant l’été rassembler plus de voix dans le cercle des actionnaires familiaux, notamment, pour battre sa cousine Béryl Lacoste-Hamilton, âgée de vingt ans de plus qu’elle et considérée par des observateurs du dossier comme devant être plus aguerrie pour occuper le poste. Béryl Lacoste-Hamilton, titulaire d’un MBA de l’Insead après des études de journalisme, a eu l’occasion de diriger plusieurs licences du groupe.

"Transition générationnelle"

Dans un communiqué publié par Lacoste SA juste après la nomination à la présidence de Sophie Lacoste-Dournel, cette dernière répond aux critiques éventuelles sur son parcours professionnel de comédienne en mettant en avant son cursus et ses diplômes universitaire : cours du St Clare’s College Oxford, maîtrise des sciences de la gestion “spécialisation finance” de l’Université Paris IX Dauphine et formation à la “gouvernance des entreprises familiales” de HEC. Elle rappelle qu’elle est "administrateur de Lacoste SA depuis 2005 » et qu’elle est « impliquée depuis de nombreuses années dans la vie de Lacoste SA, notamment au sein du comité des comptes et du comité des nominations, rémunérations et gouvernance". Elle fait en outre état du fait qu’elle est "créatrice et membre du comité exécutif de la Fondation René Lacoste".

Sur cette base, Sophie Lacoste-Dournel s’engage à "conduire le processus de transition générationnelle et, du fait du caractère patronymique et familial de notre entreprise, (à) être garante des valeurs de la famille vis-à-vis des actionnaires, de la société, de ses salariés et de ses partenaires."

Coopération historique avec Devanlay

Parmi ces actionnaires et partenaires historiques figure le groupe suisse Maus Frères qui détient 31,5 % des parts de Lacoste SA, lequel aurait, selon Le Monde, manifesté son appétit pour le crocodile (tout comme PPR) via des "offres de rachat successives (…) jusqu’à présent déclinées". Maus Frères, propriétaire de Devanlay, groupe industriel qui conçoit, fabrique et distribue sous licence mondiale les vêtements et les accessoires de maroquinerie siglés Lacoste (réalisant plus de 60 % d’un chiffre d’affaires global de 1,6 milliards d’euros, en hausse de 11 % en 2011), aurait-il cette fois trouvé une porte d’entrée en apportant son soutien à Sophie Lacoste-Dournel ? C’est la question à laquelle personne ne souhaite répondre aujourd’hui.

La coopération étroite, fondée dès l’origine sur les racines sportives de la marque, incarnée par René Lacoste, et sur les racines industrielles de Devanlay, fabricant troyen d’articles textiles, incarnée par le bonnetier André Gillier, n’a jamais connu d’accroc en bientôt 80 ans de vie économique commune.

Il y a presque deux ans, en inaugurant à Troyes (Aube) le complexe sportif du campus universitaire baptisé du nom de René Lacoste et en dévoilant le projet de créer dans cette ville où plus de mille salariés travaillent pour Lacoste un conservatoire de la marque, Michel Lacoste, alors président, louait "l’esprit d’équipe" qui avait permis à son père de gagner des matchs avec les Mousquetaires sur la terre battue et avec Devanlay de réussir de grandes performances dans le monde des affaires. Cette donne "gagnante" peut-elle être remise en question alors qu’un contrat unit Lacoste et Devanlay jusqu’en 2025 ?

Huit licences mondiales
Outre les licences mondiales pour les vêtements et la maroquinerie accordées à Devanlay, six autres licences ont été confiées par Lacoste SA à « des partenaires industriels reconnus pour leur savoir-faire » : Pentland pour les chaussures, Procter & Gamble pour les parfums, Marchon pour les lunettes, Movado pour les montres, Zucchi Group pour le linge de maison et le groupe GL Bijoux pour les bijoux fantaisie.

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