LABORATOIRES FOURNIERUN PATCH CONTROLE PAR L'ELECTRONIQUELes Laboratoires Fournier commencent les essais sur l'homme d'un patch transdermique qui délivre les médicaments sur commande.

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LABORATOIRES FOURNIER

UN PATCH CONTROLE PAR L'ELECTRONIQUE

Les Laboratoires Fournier commencent les essais sur l'homme d'un patch transdermique qui délivre les médicaments sur commande.



Etape capitale pour les Laboratoires Fournier, à Dijon (Côte-d'Or) : leur patch électronique pour le traitement de la douleur entame ses premiers essais cliniques sur des patients. Des résultats de ces tests dépendra l'avenir d'un produit qui a mobilisé les efforts des électroniciens, des électrochimistes et des ingénieurs qualité venus épauler l'équipe de pharmaciens du groupe et les ingénieurs de sa filiale Urgo, spécialisée dans les adhésifs. Le groupe de travail n'en est pas à son coup d'essai. Il s'est déjà illustré en lançant, l'année dernière, un patch passif - sorte de membrane polymère imbibée de substances actives - dédié au traitement hormonal pour les femmes ménopausées. Une fois ce pansement thérapeutique appliqué sur la peau, les molécules actives contenues dans le polymère franchissent, par capillarité, la barrière dermique pour s'infiltrer dans les vaisseaux sanguins. Mais si le système a prouvé son efficacité, il ne relâche dans l'organisme que 10 à 20% seulement de son contenu en médicament. Un écueil que les Laboratoires Fournier comptent bien surmonter avec leur nouveau patch " actif ".

30 à 40 % plus efficace qu'un patch " passif "

Le patch utilise le principe de l'iontophorèse, qui consiste à " forcer " la diffusion des molécules à travers la peau par l'action d'un courant électrique, un mode d'administration qui a déjà fait ses preuves avec un dispositif d'application fixe. Les chercheurs des Laboratoires Fournier ont miniaturisé ce dispositif en l'intégrant dans le patch. Celui-ci a la surface d'un paquet de cigarettes (30 à 40 centimètres carrés), pour un poids inférieur à 20 grammes. Il comporte un mini-générateur de courant - de 5 à 30 volts, préprogrammé et alimenté par une pile ultra-plate - qui délivre un courant électrique de faible intensité (de 0,5 à 2 milliampères) à deux électrodes appliquées sur la peau. L'une de ces électrodes contient le médicament, en l'occurrence un analgésique majeur, le Fentanyl. Le système devrait améliorer de 30 à 40 % les performances des patchs passifs, estime-t-on chez Fournier. Les doses distribuées quotidiennement passeront de 0,1 à 1 milligramme aujourd'hui à un dosage de 5 à 50 milligrammes. De plus, le système permettra d'administrer des molécules plus grosses, par exemple des peptides. " Autre avantage, le pilotage par microprocesseur du générateur électrique autorise la préprogrammation du type de courant nécessaire (mode alternatif ou continu), selon la nature des substances actives employées. Surtout, il permettra de moduler le dosage en fonction des besoins du malade, qui pourra s'administrer des doses en cas de nécessité. Et cela sera porté à la connaissance du médecin, lors de la visite de contrôle, de sorte à affiner le traitement ", expose Eric Teillaud, directeur scientifique chez Tilderm Systems, l'unité du groupe spécialisée dans les systèmes d'administration des médicaments. On s'en doute, l'industriel a fait appel à des compétences externes. Notamment dans le circuit imprimé et les microtechniques. Mais tout juste connaît-on l'identité de certains de ses partenaires, dont Dassault, Mietec, Cap Sesa et Info Réalité. Cette dernière entreprise, établie outre-Rhin, s'est spécialisée dans l'intégration de microcomposants dans des systèmes embarqués à très faible consommation. Le nouveau patch devrait être lancé sur le marché à l'horizon 2000. Mais Fournier n'est pas le seul sur le créneau ; il va devoir affronter forte partie, dont Alza, le pionnier des patchs outre-Atlantique, et l'irlandais Elan. Allié à un groupe pharmaceutique, l'américain prévoit de commercialiser un premier patch actif en 1998. Face à ces concurrents, le français oppose une unité de recherche de 70 personnes, dont la moitié environ travaille sur le patch actif. " Dans notre métier, il faut beaucoup de persévérance et de modestie. Car nous récoltons 90 % d'ennuis et 5 % de bonheur ", résume, sans illusion, Claude Mikler, qui dirige Tilderm Systems. Et le défi qu'il doit relever n'est pas seulement technique. Le prix de vente du patch devra rester abordable... C'est en effet l'une des conditions essentielles du cahier des charges sur laquelle Fournier s'est engagé lorsqu'il a reçu une aide du ministère de l'Industrie au titre des grands projets innovants.





L'avis de l'expert

Anne Gouinguéné, coauteur d'une étude du CEAU sur les applications des microtechniques dans le domaine de la santé.

"De par leur caractère non invasif, leur ergonomie et leur capacité à intégrer à terme un "bio feed-back", les patchs actifs vont générer une concurrence directe aux pompes portables. En incorporant des microcapteurs, ces systèmes intelligents et autonomes préviendront non seulement les effets secondaires du traitement, mais seront susceptibles également d'administrer la juste dose, au bon moment, en fonction du diagnostic délivré. "



USINE NOUVELLE N°2563

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