L'Usine Agro

La volaille a bien surmonté la crise

Franck Stassi ,

Publié le

La crise économique de 2008 a amplifié la baisse de la consommation de viande, à l’exception notable de la volaille qui a bénéficié de prix plus compétitifs. Les produits élaborés prennent, de plus, davantage de place dans les achats des ménages.

La volaille a bien surmonté la crise © Flickr/cc Andrzej Szyma?ski

"Manger moins de viande est désormais un comportement, choisi ou plus ou moins subi, intégré par un certain nombre de ménages français", indique France AgriMer. Dans une étude consacrée aux évolutions de la consommation de viande et à l’impact de la crise, l’établissement national des produits de l’agriculture rappelle que la consommation française de viande recule depuis son pic atteint en 1998, à 94,1 kg en équivalent carcasse (kgec) consommés par habitant. En 2014, elle s’est élevée à 86 kgec/hab.

"L’analyse comparée de l’évolution de la consommation calculée par bilan avant et après 2008 met en lumière le rôle ‘amplificateur’ de la crise" sur une tendance de fond, explique l’établissement. De -0,5% par an entre 2000 et 2007, la consommation de viande à vu sa chute accélérée entre 2008 et 2013, à  -0,9% par an. L’ensemble des catégories de viande sont concernées, à l’exception de la viande de volailles sauvée par des prix moins élevés. Sur cette période, son prix au kilo s’élevait en moyenne, d’après Kantar Worldpanel, à 7,7 euros le kg, contre 15,6 euros pour le veau, 13,5 euros pour le bœuf ou encore 13 euros pour la viande ovine. Seule la viande porcine était plus compétitive, à 7,1 euros le kg. 

Des changements d'habitudes qui s'inscrivent dans la durée

La viande de volailles a également résisté au mouvement de baisse de la consommation grâce à la hausse de 32% des ventes d’élaborés de volailles entre 2003 et 2013, devant le jambon, la charcuterie ou le poulet. Au cours de cette décennie, la part des viandes de boucherie dans les quantités achetées par les ménages est passée de 45% à 39%, tandis que celle de charcuterie a progressé (32% en 2013 contre 27% en 2003). Cette progression des achats de produits élaborés colle aux évolutions des comportements alimentaires et sociaux. "Les consommateurs-cuisiniers sont désormais à la recherche de produits ayant un long délai de conservation, ne demandant pas ou peu de préparation, avec un temps de cuisson réduit et faciles à préparer", complète France AgriMer.

Ces changements dans les habitudes alimentaires des Français ne sont pas récents. Ainsi, la consommation de viande bovine a chuté de 27% entre 1979 et 2013, à 24,1 kgec par habitant. La baisse de la consommation de viande ovine s’est pour sa part déclenchée plus tardivement, mais de façon amplifiée, en perdant 45% entre 1992 et 2013, à 8,9 kgec par habitant. La consommation de viande porcine a quant à elle baissé de 13% entre 2003 et 2013, à 32 kgec par habitant; et celle de viande chevaline ne représente plus que 300 grammes équivalent carcasse par habitant. La viande de volailles fait, ici aussi, office d’exception avec un bond de 110,7% de sa consommation entre 1970 et 2013, à 25,5 kgec par habitant.

Franck Stassi

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