L'Usine Auto

La voiture électrique, une innovation qui fait pschiiit ?

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Publié le , mis à jour le 23/05/2012 À 09H37

Vidéo Pour conjurer la malédiction qui la frappe depuis sa création il y a bientot 120 ans, la voiture électrique ne peut pas compter que sur ses atouts. Les pouvoirs publics devront aussi légiférer pour rendre le moteur à combustion moins compétitif.

La voiture électrique, une innovation qui fait pschiiit ? © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

1 594 voitures particulières vendues depuis le début de l'année ! Le moins que l'on puisse dire c'est que la voiture électrique ne semble pas avoir encore rencontré son marché. Et encore, dans ce volume de ventes, 982 sont en fait des Bluecar, le véhicule développé -et vendu- par Bolloré pour le service d'auto-partage parisien, Autolib'...

 

Bref, l'appétence de l'automoboliste moyen pour ce type de véhicules n'est clairement pas au rendez-vous fixé par les constructeurs, au premier rang desquels Renault. Et le délégué interministériel aux véhicules décarbonés, Jean-Louis Legrand, a beau assuré qu'il se vendra 15 000 voitures électriques cette année, on peine à la croire. Bien sûr, la commande publique permettra à elle seule d'atteindre ce chiffre mais elle ne suffira pas à créer un marché, une demande récurrente de véhicule zéro émission apte à faire émerger une niche rentable.

 

Si l'on n'en reste là, il y a toutes les chances que la voiture électrique ne soit qu'une innovation qui fasse pschiiit ! C'est un peu comme si les mêmes causes -l'autonomie limitée et le coût d'acquisition- barraient à chaque fois la route de cette technologie que certains disent éternellement émergentes. Il suffit pour s'en convaincre de regarder ces vidéos datant des années 60, 70, 80 et 90...

 



 

 

Pour conjurer la malédiction qui la frappe depuis plus de 150 ans, la voiture électrique ne pourra pas compter que sur elle-même. Sinon, nous risquons fort de regarder les même vidéos dans dix ans avec ironie. Contrairement à ce qu'affirme le délégué interministériel, ce n'est pas la faiblesse de l'offre qui est le problème. Non, le vrai problème de la voiture électrique, c'est le changement qu'elle impose. Avec cette technologie, les 40 millions d'automobilistes français devront profondément modifier leurs habitudes, ne serait-ce que dans l'acte d'achat ou dans l'utilisation qu'ils en font.

Cette mutation, elle ne se fera pas de manière spontanée. Plus que de commande publique, c'est de réglementation dont la voiture électrique a besoin pour enfin s'imposer. Pas seulement de primes à l'achat comme le bonus de 5 000 euros mais aussi de passe-droit comme ceux que Londres a mis en place pour son centre-ville. La capitale anglaise exempte de taxe tous les véhicules émettant moins de 100g de CO2 par km et respectant les standards euro 5. Ce qui revient de fait à favoriser les voitures hybrides rechargeables et les électriques. Morale de l'histoire ? C'est en multipliant les zones d'exclusion pour le moteur à combustion que l'on réveillera enfin le marché du zéro émission.

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2 commentaires

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26/05/2012 - 16h02 -

Il n'y pas de problème de voiture électrique! Il y a un problème de batteries: autonomie trop faible et coût trop élevé. L'argent public peut aider à réduire le coût mais augmenter l'autonomie est affaire de recherche et non de politique qui se complait dans le déni du problème technique.
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23/05/2012 - 09h34 -

Le problème de la voiture électrique, c'est que son principal carburant c'est ... les subventions. Et celui ci risque de se tarir bien avant le pétrole :)
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