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La voiture électrique, pas si vertueuse qu’elle en a l’air

Olivier James , ,

Publié le

Pas moins de 255 millions de dollars devraient être investis dans le monde en faveur de la voiture électrique pour les huit prochaines années, selon une étude du cabinet de conseil AlixPartners. Un engouement qui ne doit pas cacher le risque d'une dépendance industrielle avec la Chine et un bilan environnemental mitigé.

La voiture électrique, pas si vertueuse qu’elle en a l’air © Audi

La ruée vers l’électrique aura bien lieu. Si les véhicules essence ont encore de beaux jours devant eux, la mort accélérée du diesel et le durcissement réglementaire en matière d’émissions de CO2 aboutiront à un fort développement des voitures hybrides, hybrides rechargeables et tout électrique. C’est l’un des principaux enseignements d’une étude publiée jeudi 13 septembre par le cabinet de conseil AlixPartners. En 2030, cette nouvelle génération de véhicules pourrait représenter en Europe près de 15 millions des ventes, sur un total de 23,2 millions. A la même échéance, les ventes de véhicules diesel plafonneraient à 1,2 million de voitures.

Alors que les normes d’émissions de C02 des véhicules promettent de se durcir, les constructeurs automobiles mettent les bouchées doubles. Dans la course de vitesse technologique qui s’engage, ils n’hésitent plus à se tourner vers de nouveaux acteurs : le nombre de partenariats effectués par les constructeurs dans ce domaine a augmenté de 126%, de 2016 à 2017. Au total, ce sont une centaine de collaborations qui ont vu le jour l’an dernier, poussées par des géants tels que BMW, Daimler et Volkswagen.

Entre 2019 et 2022, on s’attend au lancement de plus de 200 modèles. Dans le monde, les investissements – longtemps attendus – déferlent : "255 milliards de dollars vont être investis dans l’électrique dans les huit prochaines années, par l’ensemble des acteurs concernés", chiffre Laurent Petitzon, d’AlixPartners. C’est dix fois plus que ce qui a été investi ces huit dernières années.

Forte dépendance chinoise

Est-ce pour autant une bonne nouvelle ? Pas si simple. Côté industriels, si certains groupes se sont démarqués, comme General Motors et Renault-Nissan-Mitsubishi, force est de constater que les acteurs chinois se distinguent davantage, à l’image de BAIC et BYD, pour ne citer qu’eux. Une dichotomie bien plus marquée si l’on se penche sur l’élément clé des véhicules électriques : la batterie.

Les industriels européens semblent bien mal engagés pour enrayer la domination chinoise sur cet équipement concentrant environ 30% de la valeur ajoutée des véhicules électriques. La Chine représente 19% des 255 milliards de dollars qui seront investis dans l’électrique, contre 5% pour l’Europe.

Quant au bilan environnemental des voitures électriques, présentées comme l’arme absolue pour réduire les émissions de CO2, là encore, le constat est mitigé : il révèle davantage un déplacement de la pollution. "Si on analyse les émissions sur l’ensemble du cycle de vie, le véhicule électrique n’est pas forcément plus écologique que le véhicule essence", assène Laurent Petitzon.

Et l’expert de pointer du doigt la problématique de la nature des sources de production d’électricité et celle – non résolue – du recyclage des batteries, avec son cortège de métaux, cobalt et nickel en tête. Des matières premières dont les prix flambent en raison notamment de la poussée de l’électrique. Le risque de pénurie guette pour l’après 2020, en particulier pour le cobalt produit aux 2/3 en République Démocratique du Congo. De quoi surenchérir le coût des batteries et, in fine, des véhicules électriques.

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8 commentaires

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20/09/2018 - 16h05 -

Bravo, enfin un article juste qui éclaire le scandale écologique des batteries des véhicules électriques...si tous les journalistes pouvaient avoir votre honnêteté d'investigation plutôt que de céder à la démagogie électoraliste.
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10/10/2018 - 13h08 -

Et non faux article avec des idées qui datent de plus de 6 ans... Tout évolue et ce n'est pas fini. Un VE est en 2018 au moins 3 fois moins polluant au niveau CO2 sur son cycle de vie qu'un véhicule thermique de même catégorie. Les nouvelles batteries sont recyclables à plus de 98%... Les lobbyistes ont de beaux jours devant eux...
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15/09/2018 - 19h20 -

C'est de la désinformation orchestrée par le lobby de l'industrie pétrolière. Ou alors c'est un "Publireportage" pour l'industrie automobile incapable d'anticiper comme le font eux les chinois en effet.... La vérité est plutôt dans cet article : http://blog.acoze.org/cinq-ans-apres-larrivee-des-nouveaux-types-de-vehicules-electriques-dans-notre-quotidien-les-idees-recues-et-la-desinformation-ont-encore-la-vie-dure/ Merci de le lire attentivement voilà un vrai travail de journalisme...
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23/09/2018 - 07h18 -

entierement d'accord, des solutions sont en cours de developpement pour diminuer voire remplacer lithium et cobalt dans les batteries, entre la model S et 3 la proportion de cobalt dans la batterie est passée de 8 a moins de 3%, le CEA a sorti ses premieres piles ou le lithium est remplacé par le sodium. quelque soit l'origine de l'electricité, rouler electrique est moins polluant qu'en thermique (voir l'etude citée dans cet article : https://www.moniteurautomobile.be/actu-auto/decryptage/voitures-electrique-propres-electricite-grise-2030-etude-vub-mobi.html) , il sera toujours plus facile de dépolluer une grosse centrale qu'un million de pots d'echappement, qui contiennent des terres rares. quant aux batteries produites en chine, nous avons inventé la technologie mais personne n'etait interessé, comme beaucoup de choses ... televiseurs, ampoules .. et moteurs essence, PSA est obligé d'importer depuis 2017 une partie des moteurs essences depuis la chine :)
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07/11/2018 - 11h37 -

il faut ajouter que la fabrication et l'utilisation massive et croissante des batteries des véhicules électriques présentent des risques professionnels importants, du fait principalement des substances chimiques toxiques et corrosives (métaux lourds, acides, alcalis) que contiennent les piles et accumulateurs électriques, mais aussi à cause de leur poids dans le cas de la manipulation des batteries et des possibilités d’explosion, d’incendie et d’électrisation et d’électrocution (arc, choc) : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/risque-chimique/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=69&dossid=526?
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14/09/2018 - 14h41 -

et la voiture à hydrogène un rêve une Chimère écologique ???
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14/09/2018 - 13h29 -

Le lancement de la voiture électrique est un immense leurre à l échelle mondiale. La traction automobile représentant 20 % de l énergie mondiale consommée, celà signifie qu' 'l faudra 20% de plus de centrales edf quand tout le parc sera en électrique. Alors votre la pollution !!!
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14/09/2018 - 12h44 -

C est dommage d écrire autant de Fake news dans un même article. Il serait bon que l auteur se documente un peu mieux, notamment sur le bilan écologique. L étude du MIT par exemple, mais ça demande de lire l anglais. Le bilan écologique est bien meilleur des 40000km même en prenant en compte les extractions des fameux métaux. Et le recyclage d une batterie s effectue a 98% dès aujourd'hui. (Article automobile propre sur la visite d une usine de recyclage de batterie
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14/09/2018 - 11h01 -

UN VE est plus vertueux qu'une thermique passé la barre des 100 000 km (en prenant en compte le bilan de sa fabrication à son retraitement) hors cette marque constitue la moyenne basse de la durée de vie des automobiles donc le titre de l'article est d'entrée de jeu trompeur. Et si vous y ajouter les émissions de particules fines ou pas le VE est incontestablement plus "Safe" pour les familles que n'importe quelle thermique de grand papa. A quoi joue l'Usine Nouvelle ? je vais me faire un plaisir de faire connaitre votre déplorable attitude.
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14/09/2018 - 08h11 -

Bonjour, si je devais résumer votre article je dirais " la voiture électrique c'est pas bien du tout parce que Laurent Petitzon l'a dit ... Parfois il vaut mieux ne rien écrire et laisser planer le doute sur son ignorance plutôt qu'en amener la preuve dans un article comme la votre. Quelques pistes a lire : http://www.liberation.fr/planete/2018/02/07/finalement-la-voiture-electrique-deux-a-trois-fois-moins-emettrice-que-les-vehicules-essence-et-dies_1627853 https://www.moniteurautomobile.be/actu-auto/decryptage/voitures-electrique-propres-electricite-grise-2030-etude-vub-mobi.html http://rogernordmann.ch/rapport-pour-une-electrification-rapide-de-la-mobilite-routiere/ Courage cher ami ....
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14/09/2018 - 07h47 -

Qui va produire l'electricité ? Nous sommes deja juste lors des pics de consommation. Où on chauffe la maison ou ou va bosser ?
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15/09/2018 - 14h41 -

Justement, si on sait lier le rechargement des batteries avec’ les prévisions de pointes, on rechargera les batteries avant la pointe et elle permettront de limiter son impact en renvoyant du courant. C’est même pour cela que l’on équipe les maisons avec Linky
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