La voiture électrique est-elle vraiment plus vertueuse que les véhicules thermiques ?

Des études tendent à montrer que la voiture électrique a un impact plutôt positif sur les émissions de CO2, mais aussi concernant les NOx et les particules, surtout dans les pays européens. 

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La voiture électrique est-elle vraiment plus vertueuse que les véhicules thermiques ?
La voiture électrique a plutôt tendance à avoir un effet positif sur les émissions de CO2 dans les pays européens, selon plusieurs études.

Sa popularité ne se compte, pour l’instant, qu’en centaines de milliers de ventes en Europe. Mais la voiture électrique semble promise à un bel avenir. Selon le cabinet AlixPartners, 6,5 millions de véhicules fonctionnant à batteries (voitures particuliers et utilitaires légers confondus) pourraient être vendus en Europe d’ici 2030. En Chine, les ventes pourraient atteindre les 15,7 millions d’unités à la même échéance.

Une croissance encouragée par les autorités locales, qui voient dans l’électrique une solution aux problèmes de réchauffement climatique et de pollution de l’air. Mais des critiques surgissent autour de la pertinence écologique de cette solution. La solution est-elle finalement aussi "propre" qu’on le prétend ?

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Impact sur les particules et l’oxyde d’azote

Les véhicules thermiques, diesel et essence, sont critiqués pour leur impact environnemental en prenant en compte trois facteurs principaux. Les deux premiers correspondent aux oxydes d'azote (NOx) et aux particules. Ces deux éléments ont des effets sur la santé et sont issus du phénomène de combustion. Des deux moteurs essence et diesel, le second apparaît comme le moins performant en la matière, malgré l’amélioration des moteurs engagées par les constructeurs depuis plusieurs années.

Assez logiquement, le véhicule électrique émet beaucoup moins de NOx et de particules que les solutions thermiques, puisque sa propulsion ne nécessite pas de recourir à un moteur à combustion. Pour autant, il continue à produire des particules puisque celles-ci sont également provoquées par le système de freinage ou les roues. D’après une étude de Cambridge Econometrics relayée par Le Figaro, le véhicule électrique pourrait toutefois permettre de réduire les émissions de NOx de 72% et celles de particules de 92%.

Réchauffement climatique

Le troisième facteur correspond au dioxyde de carbone (CO2), qui joue un rôle dans le réchauffement climatique. En la matière, le véhicule diesel est réputé pour être plus vertueux. Pour certains experts, les véhicules roulant au diesel émettent en moyenne 15 à 20% de CO2 que leurs équivalents fonctionnant à l’essence.

De quoi expliquer que les émissions de CO2 des véhicules neufs aient grimpé d’un gramme par kilomètre en 2017 en France (111 grammes de CO2 par kilomètre en 2017, contre 110 grammes l’année précédente, selon les données compilées par AAA Data). Du jamais vu depuis 23 ans. Cette légère remontée s’explique en fait par la chute des ventes de voitures fonctionnant au diesel au profit de solutions essence. Les deux motorisations restant largement majoritaires, pour l’heure, dans le mix français.

Dans le cadre de son utilisation quotidienne (du "réservoir à la roue", pour reprendre le vocabulaire des spécialistes), le véhicule électrique ne rejette de son côté pas un gramme de CO2. De quoi attribuer la victoire au véhicule électrique ? Non, mettent en avant plusieurs études récentes sur les bilans respectifs des voitures électriques et thermiques. Leurs auteurs insistent sur le besoin de comparer les émissions de CO2 des deux solutions en prenant en compte l’ensemble de leur cycle de vie, ainsi que les sources de production d’énergie utilisées pour faire rouler le véhicule électrique.

Prendre en compte l’ensemble du cycle de vie

Dans son étude annuelle, le cabinet AlixPartners montre qu’à la différence des moteurs thermiques, c’est la production du véhicule en tant que tel, et les modes de production d’énergie utilisés pour recharger la batterie qui correspondent aux étapes les plus émettrices de CO2, sur l’ensemble de la durée de vie d’une voiture électrique. La fabrication de la batterie génère à elle seule 25 à 70 grammes de dioxyde de carbone par kilomètre. Il faut pour cela extraire, puis transformer des métaux rares et le précieux lithium, dans des étapes gourmandes en énergie et pas toujours respectueuses des droits de l’Homme.

A cela, il faut rajouter l’étape du "puits au réservoir", c’est-à-dire le bilan de la production d’énergie destinée à alimenter les batteries des voitures électriques. De quoi donner des résultats très disparates selon les pays, compte tenu du recours (ou non) aux énergies fossiles pour produire l’électricité destinée à alimenter (en partie) les véhicules à batteries. Selon l’étude d’AlixPartners, la Chine affiche les pires résultats dans ce domaine, avec des émissions de CO2 atteignant 80 grammes par kilomètre sur l’ensemble de la durée de vie de la voiture électrique. Il faut dire que la majorité de la production d’électricité dans le pays provient encore du charbon.

Le véhicule électrique bon pour… la France

Au total, les émissions d’une voiture électrique en Chine, prises sur l’ensemble de son cycle de vie, oscillent entre 135 et 180 grammes par kilomètre, pour 180 grammes dans le cas du diesel et 185 grammes concernant l’essence, selon les estimations d’AlixPartners. En Europe, une étude commandée par l’ONG Transport & Environment (T&E) fin 2017 montre que les bénéfices du véhicule électrique sont moindres dans le cas de la Pologne, un pays également très dépendant du charbon.

Reste qu’au total, les études d’AlixPartners et T&E se rejoignent dans leur conclusion. Bien sûr, le véhicule électrique a une empreinte écologique réelle. Au pire, les voitures fonctionnant avec des batteries affichent, sur l’ensemble de leur durée de vie, un bilan en CO2 peu ou prou équivalent au diesel. C’est le cas de la Chine. Mais dans le cas des pays européens, la voiture électrique est en fait moins émettrice de CO2 que l’équivalent thermique.

En Allemagne, T&E met en avant des gains en CO2 de 45% par rapport au diesel. La moyenne est de 55% à l’échelle des 28 pays de l’Union européenne. Avec un jackpot pour la France et la Suède, où les émissions de CO2 chutent de 80 et 85% grâce au véhicule électrique. "Avec leur électricité essentiellement nucléaire (…), les véhicules électriques français (…) se montrent particulièrement éco-responsables", confirme l’Observatoire Cetelem dans une étude consacrée au véhicule électrique, puisque le nucléaire apparaît comme une solution pour produire une énergie décarbonée… même s’il soulève d’épineuses questions autour du traitement des déchets radioactifs.

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