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L'Usine Auto

La voiture électrique est-elle vraiment plus vertueuse que les véhicules thermiques ?

Julie Thoin-Bousquié , , ,

Publié le

Analyse Des études tendent à montrer que la voiture électrique a un impact plutôt positif sur les émissions de CO2, mais aussi concernant les NOx et les particules, surtout dans les pays européens. 

La voiture électrique est-elle vraiment plus vertueuse que les véhicules thermiques ?
La voiture électrique a plutôt tendance à avoir un effet positif sur les émissions de CO2 dans les pays européens, selon plusieurs études.
© Edgard Garrido

Sa popularité ne se compte, pour l’instant, qu’en centaines de milliers de ventes en Europe. Mais la voiture électrique semble promise à un bel avenir. Selon le cabinet AlixPartners, 6,5 millions de véhicules fonctionnant à batteries (voitures particuliers et utilitaires légers confondus) pourraient être vendus en Europe d’ici 2030. En Chine, les ventes pourraient atteindre les 15,7 millions d’unités à la même échéance.

Une croissance encouragée par les autorités locales, qui voient dans l’électrique une solution aux problèmes de réchauffement climatique et de pollution de l’air. Mais des critiques surgissent autour de la pertinence écologique de cette solution. La solution est-elle finalement aussi "propre" qu’on le prétend ?

Impact sur les particules et l’oxyde d’azote

Les véhicules thermiques, diesel et essence, sont critiqués pour leur impact environnemental en prenant en compte trois facteurs principaux. Les deux premiers correspondent aux oxydes d'azote (NOx) et aux particules. Ces deux éléments ont des effets sur la santé et sont issus du phénomène de combustion. Des deux moteurs essence et diesel, le second apparaît comme le moins performant en la matière, malgré l’amélioration des moteurs engagées par les constructeurs depuis plusieurs années.

Assez logiquement, le véhicule électrique émet beaucoup moins de NOx et de particules que les solutions thermiques, puisque sa propulsion ne nécessite pas de recourir à un moteur à combustion. Pour autant, il continue à produire des particules puisque celles-ci sont également provoquées par le système de freinage ou les roues. D’après une étude de Cambridge Econometrics relayée par Le Figaro, le véhicule électrique pourrait toutefois permettre de réduire les émissions de NOx de 72% et celles de particules de 92%.

Réchauffement climatique

Le troisième facteur correspond au dioxyde de carbone (CO2), qui joue un rôle dans le réchauffement climatique. En la matière, le véhicule diesel est réputé pour être plus vertueux. Pour certains experts, les véhicules roulant au diesel émettent en moyenne 15 à 20% de CO2 que leurs équivalents fonctionnant à l’essence.

De quoi expliquer que les émissions de CO2 des véhicules neufs aient grimpé d’un gramme par kilomètre en 2017 en France (111 grammes de CO2 par kilomètre en 2017, contre 110 grammes l’année précédente, selon les données compilées par AAA Data). Du jamais vu depuis 23 ans. Cette légère remontée s’explique en fait par la chute des ventes de voitures fonctionnant au diesel au profit de solutions essence. Les deux motorisations restant largement majoritaires, pour l’heure, dans le mix français.

Dans le cadre de son utilisation quotidienne (du "réservoir à la roue", pour reprendre le vocabulaire des spécialistes), le véhicule électrique ne rejette de son côté pas un gramme de CO2. De quoi attribuer la victoire au véhicule électrique ? Non, mettent en avant plusieurs études récentes sur les bilans respectifs des voitures électriques et thermiques. Leurs auteurs insistent sur le besoin de comparer les émissions de CO2 des deux solutions en prenant en compte l’ensemble de leur cycle de vie, ainsi que les sources de production d’énergie utilisées pour faire rouler le véhicule électrique.

Prendre en compte l’ensemble du cycle de vie

Dans son étude annuelle, le cabinet AlixPartners montre qu’à la différence des moteurs thermiques, c’est la production du véhicule en tant que tel, et les modes de production d’énergie utilisés pour recharger la batterie qui correspondent aux étapes les plus émettrices de CO2, sur l’ensemble de la durée de vie d’une voiture électrique. La fabrication de la batterie génère à elle seule 25 à 70 grammes de dioxyde de carbone par kilomètre. Il faut pour cela extraire, puis transformer des métaux rares et le précieux lithium, dans des étapes gourmandes en énergie et pas toujours respectueuses des droits de l’Homme.

A cela, il faut rajouter l’étape du "puits au réservoir", c’est-à-dire le bilan de la production d’énergie destinée à alimenter les batteries des voitures électriques. De quoi donner des résultats très disparates selon les pays, compte tenu du recours (ou non) aux énergies fossiles pour produire l’électricité destinée à alimenter (en partie) les véhicules à batteries. Selon l’étude d’AlixPartners, la Chine affiche les pires résultats dans ce domaine, avec des émissions de CO2 atteignant 80 grammes par kilomètre sur l’ensemble de la durée de vie de la voiture électrique. Il faut dire que la majorité de la production d’électricité dans le pays provient encore du charbon.

Le véhicule électrique bon pour… la France

Au total, les émissions d’une voiture électrique en Chine, prises sur l’ensemble de son cycle de vie, oscillent entre 135 et 180 grammes par kilomètre, pour 180 grammes dans le cas du diesel et 185 grammes concernant l’essence, selon les estimations d’AlixPartners. En Europe, une étude commandée par l’ONG Transport & Environment (T&E) fin 2017 montre que les bénéfices du véhicule électrique sont moindres dans le cas de la Pologne, un pays également très dépendant du charbon.

Reste qu’au total, les études d’AlixPartners et T&E se rejoignent dans leur conclusion. Bien sûr, le véhicule électrique a une empreinte écologique réelle. Au pire, les voitures fonctionnant avec des batteries affichent, sur l’ensemble de leur durée de vie, un bilan en CO2 peu ou prou équivalent au diesel. C’est le cas de la Chine. Mais dans le cas des pays européens, la voiture électrique est en fait moins émettrice de CO2 que l’équivalent thermique.

En Allemagne, T&E met en avant des gains en CO2 de 45% par rapport au diesel. La moyenne est de 55% à l’échelle des 28 pays de l’Union européenne. Avec un jackpot pour la France et la Suède, où les émissions de CO2 chutent de 80 et 85% grâce au véhicule électrique. "Avec leur électricité essentiellement nucléaire (…), les véhicules électriques français (…) se montrent particulièrement éco-responsables", confirme l’Observatoire Cetelem dans une étude consacrée au véhicule électrique, puisque le nucléaire apparaît comme une solution pour produire une énergie décarbonée… même s’il soulève d’épineuses questions autour du traitement des déchets radioactifs.

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11 commentaires

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07/12/2018 - 07h32 -

Les particules fines issues du freinage d'un véhicule électrique sont extrêmement réduites, en effet, le frein moteur des véhicules électriques permet de n'utiliser ses plaquettes que lors de freinages d'urgence. Il a également la vertu de récupérer l'énergie du freinage pour recharger les batteries. Cet argument des particules fines des véhicules électriques est fallacieux ou montre que le journaliste ne connaît pas son sujet.
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06/12/2018 - 21h50 -

Article intéressant, mais je n'ai encore rien lu sur la capacité réélle à produire de l'électricité pour charger les batteries des véhicules électriques. Si demain tous les véhicules deviennent électriques, quel est le dimensionnement nécessaire des sources de production d'électricité ? Combien de centrales nucléaires, parcs éoliens, centrales hydrauliques, centrales solaires... ? J'ai le sentiment qu'on mise tout sur le véhicule électrique comme l'on misait tout sur le véhicule diesel il y a 20 ans. On connait le résulat. Nous savons tous que la meilleure économie d'énergie qu'on puisse faire, c'est celle qu'on ne dépense pas. Donc le vrai combat pour les fabricants de véhicules serait celui du poids, puisque plus un véhicule est léger, moins il consomme d'énergie aussi bien pour accélérer que pour freiner. Messieurs et Mesdames les constructeurs faites le bon choix pour vos développements futurs et pour l'avenir de la planète !
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06/12/2018 - 15h57 -

Merci au journaliste pour cet article bien écrit et objectif. Et oui les VE globalement c'est mieux. Mais surtout dans les pays où l'électricité est décarbonnée. Dans les autres pays fonctionnant au charbon, la priorité devrait être de decarboner leur électricité avant de s'équiper en VE. Et pour finir, les VE ne sont pas LA solution. Il faut également et surtout diminuer le parc automobile (le diviser par 5 au moins) !
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06/12/2018 - 15h49 -

Encore une fois, une batterie Lipo contient pas de terre rare, mais du cobalt dont les réserves et l'exploitation est vraiment problématique en RDC, contrairement au moteur synchrone à aimants permanents qui eux contiennent effectivement des terres rares (néodyme, samarium...) provenant de Chine essentiellement. Toutefois ces moteurs peuvent être remplacé par des asynchrones sans aimants (cas de la Zoé), et il y a beaucoup de recherches pour de nouvelles chimie de batterie lithium sans cobalt, celles des Tesla en contient déjà très peu (NCA) au lieu des NMC habituelles... Et est-ce que dans cette étude ils ont aussi pris en compte les dégâts environnementaux de l'extraction, transport et raffinage du pétrole ? Est-ce qu'il ont intégré le fait qu'il faut 2kWh d'électricité pour raffiner un litre de gasoil, soit quasiment la même quantité d'énergie qu'utilise un VE moyen pour parcourir la même distance qu'un VT avec ce litre de gasoil ? J'ai comme un doute...
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06/12/2018 - 15h01 -

Le côté critique sur les VE est toujours entaché des mêmes incohérences quand ce n'est pas simplement faux : Confondre la façon dont est produite l'électricité servant à charger la batterie et les défauts du VE c'est mélanger des problèmes différents. Prétendre que le lithium est un métal rare est une absurdité car c'est le corps simple au rang 36 dans l'abondance de la lithosphère et que ses réserves identifiées et quantifiées permettrait de faire un milliard de VE. Dire que cela consomme beaucoup d'énergie pour l'isoser du milieu dans lequel il est dissous c'est oublier de faire un constat encore plus grave dans l'extraction de l'uranium 235 fissile de la péchblende. Dire que ce sont des enfants qui sont employés pour faire le travail minier d'extraction c'est ne pas voir que c'est le cas pour la plupart des produits faits à bas coût dans presque tous les pays du tiers monde Enfin, c'est chercher tous les prétextes pour critiquer le VE et surtout tous ceux qu'on ne veut pas voir
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06/12/2018 - 14h14 -

Encore une mauvaise raison pour justifier l'utilisation de l'énergie nucléaire pour produire l'électricité en France. Le nucléaire est une technologie du passé ( 20 ème siècle) dangereuse, très chère pour les futurs réacteurs type E.P.R. productrice de déchets très toxiques, certains pour plusieurs centaines de milliers d'années dont on ne sait que faire et surtout pas décarbonnée ( extraction, transport, enrichissement de l'uranium, fabrication des réacteurs, démantèlement des réacteurs, stockage des ?échets, ... C'est l'argument publicitaire d'E.D.F. qui est un mensonge de plus qui se rajoute à tous les autres qui sont utilisés pour vanter les mérites de cette énergie. Le nucléaire est une forme d'énergie bas carbonne peut-être mais moins que les énergies renouvelables et de plus du point de vue économique, ce secteur est en faillite. Ce n'est que les factures d'électricité et nos impôts qui lui permettent de survivre.
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06/12/2018 - 13h56 -

Donc ci j'ai bien compris !? Il faudrait éviter les énergies fossiles (pétrole charbon ect) pour recharger les batteries de ces véhicules électriques. Mais aussi tenir compte des déchets nucléaires. (Et il n'est pas mentionné les risques énormes encourus en cas de catastrophe nucléaire.) ALLEZ LES INGÉNIEURS ET CHERCHEURS AU BOULOT ON A BESOIN DE VOUS.
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06/12/2018 - 13h39 -

Tout faut! Si tu sais que le nucléaire est derrière. Les déchets nucléaires c est la mort pour les générations à venir . C est de la desinfortion votre article.
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06/12/2018 - 12h55 -

Donc.... OUI, elle l'est.
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06/12/2018 - 12h08 -

Faut-il s'étonner d'une telle escroquerie intellectuelle, les concessionnaires tiennent aussi des discours aussi dissuasifs et ce gouvernement fait tout pour nous vendre de futurs EPR ruineux, il faut rappeler que le coût du MWh issu de l'EPR oscille entre 100 et 120 euros, là ce sont des armées de contestataires que vous allez voir défiler dans les rues.
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06/12/2018 - 09h49 -

sur une fenêtre de tir bien précise, aucun doute sur le bienfait d'un véhicule électrique. Mais on ne peut pas, et on ne doit pas se limiter à cela. Qu'en est il, si cette étude comparative est menée du puit à la roue et jusqu'à la destruction du véhicule et des batteries? quand prendra t'on en compte l'aspect environnemental et éthique lié à l'extraction du lithium et des métaux rares indispensables pour ces véhicules? On ne peut plus se contenter d'une analyse si minimaliste.
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