Quotidien des Usines

« La vocation du site de Méaulte est la haute technologie »

,

Publié le

Entretien Ce lundi 29 novembre, Aerolia, filiale 100 % d’EADS (siège Toulouse, 2 300 salariés) spécialiste des aérostructures de fuselage, inaugure son « unité composites » à Méaulte dans la Somme où se trouve son usine (1 300 salariés) dédiée à la fabrication des pointes avant pour l’ensemble de la gamme Airbus. Cette unité qui représente un investissement de 220 millions d’euros, entre en service demain.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Interview Christian Cornille, président d’Aerolia

Pourquoi une unité dédiée au composite ?
Cette unité va fabriquer les éléments en composite de la pointe avant du futur long courrier d’Airbus en cours de développement, l’A350 XB. Les éléments qui seront fabriqués ici sont la barque, le panneau latéral droit, le panneau latéral gauche, le pavillon et le panneau d’encadrement de porte. La pointe avant de l’A350 XB sera en composite, à l’exception du cockpit qui restera métallique et sera, comme pour tous les cockpits d’Airbus, réalisé dans une autre unité au sein de l’usine de Méaulte. Le composite est synonyme de gains de masse, ce qui est stratégique dans l’aéronautique.

Et des inconvénients ?
Le composite est une technologie plus onéreuse que le métallique nécessitant des moyens industriels importants. Par ailleurs, certains aspects techniques comme la protection contre la foudre sont à résoudre. L’avion métallique agit lui comme une véritable cage de Faraday ! Ce n’est pas le cas avec un avion dont la « peau » est à plus de 50 % composite.

Les avions ont déjà des éléments en composite. Où se situe la rupture industrielle ?
Sur toute la gamme Airbus, il y a déjà beaucoup de composants en composite. L’élément nouveau est la taille des éléments qui vont être fabriqués dans cette nouvelle unité avec le gigantisme des outillages. L’autoclave fait 7 mètres de diamètre, ce qui donne une idée de ce gigantisme. L’autre nouveauté porte sur la complexité des éléments qui vont être fabriqués et assemblés ici.

Cette unité composite va-t-elle être un argument pour aller chercher de nouveaux marchés en dehors d’Airbus ?
Oui, bien sûr, depuis notre création nous allons chercher de nouveaux clients et sommes en contact avec tous les constructeurs au niveau international. Cette unité démontre à nos potentiels partenaires notre capacité à piloter des projets complexes comme l’A350.

Samedi 20 novembre, Aerolia a ouvert les portes de son unité composites pour ses salariés, leurs familles ainsi que les salariés des fournisseurs in situ. Pourquoi ?
Il s’agissait d’une visite privée réservée en avant-première au personnel, avant l’inauguration par les personnalités du monde politique et économique. Nous avons voulu partager avec eux notre fierté avant l’inauguration. Nous avons eu 6 000 « visiteurs » !

Fierté ?
Oui, avec cette unité composite, nous vivons une révolution technologique. Le métallique et le composite renvoient à deux process radicalement différents, le composite comprenant notamment une phase de polymérisation (cuisson). Sur le marché des aérostructures, Aerolia, c’est désormais le meilleur du composite et du métallique.

Le syndicat majoritaire FO exprime régulièrement ses inquiétudes quant à votre politique d’externalisation vers la Tunisie. Comment répondez-vous à ses inquiétudes ?
Notre usine tunisienne (une centaine de salariés aujourd’hui et 150 à la fin de l’année)  fait partie intégrante de notre système industriel comme le sont nos nombreux fournisseurs en France ou à l’étranger. Nos clients ont une double exigence : ils veulent le meilleur de la technologie et la meilleure compétitivité. Par ailleurs, ils souhaitent que nous les accompagnions dans certaines zones du monde pour accélérer leurs propres développements. A Tunis, nous fabriquons des sous-ensembles métalliques, de la pièce élémentaire jusqu’aux opérations d’assemblage dans un concept de parc aéronautique. L’unité composite que nous inaugurons aujourd’hui à Méaulte montre bien que nous ne sommes pas présents qu’en Tunisie et que nous investissons sur notre territoire.
220 millions d’euros ! La vocation du site de Méaulte, comme ceux de Saint-Nazaire et de Toulouse où nous avons notre bureau d’études, est la haute technologie.


Propos recueillis par Claire Garnier à Méaulte
 

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte