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La vie de trois réacteurs nucléaires prolongée en Belgique

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En échange de la prolongation de l'exploitation des trois plus anciens réacteurs belges, GDF Suez a accepté de verser entre 215 et 245 millions d'euros par an entre 2010 et 2014.

La vie de trois réacteurs nucléaires prolongée en Belgique © Electrabel

Le gouvernement belge a décidé de repousser de dix ans la première phase de sortie du nucléaire. Les trois plus anciens réacteurs nucléaires, qui devaient fermer en 2015, fonctionneront en réalité jusqu'en 2025, afin d'éviter les pénuries d'énergie et de réaliser des économies budgétaires.

10 ans de plus

Les réacteurs, deux à la centrale de Doel, près d'Anvers, dans le nord du pays, et un à la centrale de Tihange, dans le sud-est, auraient dû fermer en 2015. Le ministre de l'Energie belge préconisait l’allongement de leur durée de vie. Mais le gouvernement belge déclare qu'il veillera au respect absolu des conditions de sécurité, sous la supervision de l'Agence fédérale de contrôle nucléaire.

GDF Suez mis à contribution


90% du courant belge

Electrabel (qui produit 90% de l'électricité du pays) exploite la centrale de Doel, qui compte quatre réacteurs, et la centrale de Tihange, qui en compte trois. SPE, contrôlé à 51% par le britannique Centrica, produit le reste.
L'an dernier, le gouvernement belge avait réclamé une "taxe nucléaire" de 250 millions d'euros à Electrabel, filiale belge du français GDF Suez, pour position dominante. Mais ce dernier avait contesté cette taxe en justice. L’accord est aujourd’hui trouvé : en échange de la prolongation de l’exploitation de leurs réacteurs, les producteurs d'électricité nucléaire, principalement Electrabel, verseront entre 215 et 245 millions d'euros par an à l'Etat belge entre 2010 et 2014. Les années suivantes, ce montant sera défini en fonction de l'évolution des coûts de production et des prix du marché. Il sera fixé par un nouveau comité composé de représentants du secteur, du gouvernement et de la banque centrale.

Cette décision s'accompagnera de la conclusion d'accords avec les Régions visant à établir un plan ambitieux et volontariste d'efficacité énergétique et de développement des énergies renouvelables. Ce plan fixera des objectifs chiffrés permettant à la Belgique d'atteindre ses engagements européens à l'horizon 2020, et ceux-ci feront l'objet d'évaluations annuelles.

C’est qu’allonger la durée de vie d’une tranche renfloue de façon conséquente les caisses des exploitants. En France par exemple, l’allongement de la durée d’exploitation de centrales de 20 ans (de 40 à 60 ans) coûtera 400 millions d'euros par réacteur à EDF en moyenne, mais la création nette de valeur sera supérieure à 1,2 milliard d'euros par tranche. L’Etat belge compte donc bien recueillir quelques fruits de cette manne.

Electrabel devra s'engager à investir 500 millions d'euros dans les énergies renouvelables et les économies d'énergie et à maintenir une présence active en Belgique où il emploie actuellement 13.000 personnes dans l'énergie et le recyclage. L’énergéticien s'engagera aussi à recruter plus de 10.000 personnes d'ici 2015, ajoute le ministère de l'Energie.

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