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La vérité de Michelin sur les pneus usés

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Michelin invite la presse européenne sur ses pistes d’essais à Ladoux, aux portes de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), pour démontrer que les pneus usés ont aussi du bon. Mais au fait, pourquoi ?

La vérité de Michelin sur les pneus usés © DR

Bibendum serait-il pris en flagrant délit de schizophrénie ? Durant deux jours, le numéro un mondial du pneumatique veut démontrer à la presse internationale que les pneus usés peuvent aussi présenter de nombreux avantages. Démonstration à l’appui, l’équipementier tient à prouver qu’il est parfois plus sûr d’être chaussé de certains pneus usés que des pneus neufs dans des conditions de circulation déterminées. "L’objectif est de montrer qu’un pneu est plus sécuritaire à l’état usé qu’à l’état neuf notamment lorsqu’on freine sur un sol sec. C’est une façon de dire qu’il ne faut pas changer le pneu avant le témoin d’usure car il a plein de caractéristiques qui s’améliorent. Le pneu peut être utile jusqu’à la fin de vie," explique un porte-parole de l'entreprise de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), au bord des pistes d'essais de Ladoux.

"Longévité programmée"

Tests certifiés par huissier à l’appui, Michelin cherche ainsi à casser les codes de la consommation courante. "Vous pouvez vous demander pourquoi Michelin fait cela. Si les pneus étaient remplacés plus tôt, on en vendrait plus ! Il semble évident que de nombreux fabricants dans de nombreux secteurs jouent la carte de l’obsolescence programmée : une réduction constante de la durée de vie de leurs produits. Mais Michelin a fait le choix inverse, celui de la "longévité programmée."

"Les performances durables sont la clé de notre stratégie commerciale car nous considérons que la satisfaction de nos clients est primordiale. Nous ne misons pas sur le jetable mais sur le durable !", éclaircit Terry Gettys, directeur de la recherche et du développement et membre du comité exécutif du groupe Michelin.

Au fil des ateliers sur les célèbres pistes Michelin de Ladoux, l’équipementier français tente de convaincre notamment par des séances de freinage d’urgence. Les tests ont ainsi démontré que sur route mouillée, certains pneus usés peuvent être aussi performants que certains neufs. Bien que l’épaisseur de la bande de roulement restante soit un facteur de performances du freinage sur sol mouillé, les performances du pneu tout au long de sa durée de vie sont plus importantes. "Notre message est de dire : regardez la qualité des pneus que vous achetez plutôt que la profondeur de structure. Certains pneus usés sont meilleurs que d’autres pneus neufs !", sourit Pierre Fraisse, en charge du pré-développement des pneus tourisme camionnette.

Message écologique

Une pique envoyée aussi aux concurrents, notamment chinois et coréens, soupçonnés de mettre sur le marché des pneus neufs bon marché mais ne remplissant pas le même cahier des charges que certains équipementiers "intraitables sur la qualité de leur produit".
A ce constat s’ajoute le très vertueux message écologique, devenu un véritable leitmotiv pour la marque. "Aujourd’hui en retirant des pneus usés de manière prématurée, on commet une erreur écologique, assure Cyrille Roget, directeur de la communication technique et scientifique du groupe Michelin. Cela représente jusqu’à 400 millions d’enveloppes dans le monde qui pourraient continuer à être utilisées si on les poussait jusqu’à 1,6 millimètre d’usure. C’est énorme ! C’est l’équivalent de 35 millions de tonnes de CO2 économisées, soit la moitié des émissions d’une ville comme New-York. Sans négliger l’intérêt économique pour le consommateur. S’il continue à utiliser ses pneus jusqu’au bout de l’usure tolérée, il peut économiser un pneu tous les deux ans."

Une démonstration pas vraiment anodine à quelques jours seulement du prochain Challenge Bibendum, rebaptisé "Monvin’on". Les 13, 14 et 15 juin 2017, Michelin organise son traditionnel sommet mondial sur la mobilité durable, qui se tiendra cette année à Montréal. L’occasion de rappeler que l’équipementier français s’est engagé lors de la COP21, en novembre 2015, à réduire de 20 % l’empreinte carbone de ses pneumatiques d’ici à 2030. Autant dire que Bibendum est attendu au tournant.

Geneviève Colonna d’Istria

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