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La Vallée de la chimie se régénère

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Publié le

Lyon n’entend pas laisser tomber son industrie chimique. De nombreux projets portés par de grands groupes et des start-up participent à la mutation de cette filière.

La Vallée de la chimie se régénère © IFP Énergies nouvelles travaille sur le développement de biocarburants de deuxième génération. Il a déboursé 15 millions d’euros pour moderniser ses équipements.

La Vallée de la chimie n’a pas dit son dernier mot. Ce corridor d’activités concentrées au sud de Lyon (Rhône), le long du Rhône et de l’autoroute A 7, fait montre de ressources durables. À l’image d’Engie, qui installe à Saint-Fons une nouvelle plate-forme technologique, Gaya. Ce projet lancé en 2010 à l’initiative de onze partenaires industriels, académiques et institutionnels, vise à déployer une nouvelle filière de production de biométhane de deuxième génération. Celui-ci sera produit par gazéification, puis méthanisation à partir de matières lignocellulosiques : bois, paille, résidus secs d’origine forestière, agricole ou de l’industrie papetière. Ce « gaz vert » peut être transporté par les canalisations habituelles et utilisé comme biocarburant pour les transports et pour des usages domestiques. Ce projet représente un investissement de 57 millions d’euros, dont 17 millions consacrés à des travaux de recherche pour développer de nouvelles briques technologiques facilitant l’industrialisation de ce procédé.

Plus de 300 millions d’euros investis

L’ambition de Gaya est de « valoriser cette biomasse à la maille locale, à petite échelle », explique Raphaël Schoentgen, le directeur de la recherche et de la technologie d’Engie. Un approvisionnement au plus près des gisements locaux permet de réduire le transport et de minimiser l’empreinte carbone. La plate-forme semi-industrielle de Saint-Fons, d’une puissance de l’ordre d’un mégawatt, servira à conduire des essais. Elle sera pleinement opérationnelle en fin d’année. L’objectif est de porter le rendement de l’installation de 56 à 65 % à terme. « Les essais porteront sur un large éventail de matières premières, sur des mélanges, afin de mieux connaître la flexibilité des procédés de transformation », précise Olivier Guérin, le coordinateur du projet. Après deux ou trois ans de tests, une première unité industrielle devrait être construite à l’horizon 2020. Gaya est l’une des dernières innovations énergétiques dans la Vallée de la chimie, mais ce n’est pas la seule.

Total a investi près de 5 millions d’euros dans un nouveau laboratoire de son centre de recherche à Solaize, afin de concevoir des biocomposants plus performants que les produits fossiles actuels. Cette chimie verte fait appel à des travaux de modélisation et à des outils mathématiques qui permettent d’identifier les molécules ayant les propriétés idoines. « Les composés renouvelables issus de la biomasse que ce laboratoire développe viendront compléter la gamme des composés d’origine fossile », indique Philippe Montantême, le directeur stratégie, marketing et recherche de la branche marketing et services de Total. Autre projet énergétique à l’étude : la récupération de la chaleur fatale industrielle. Arkema et Solvay planchent ensemble pour évaluer la faisabilité de la mise en place d’une telle filière à l’échelle de la Vallée de la chimie, qui concerne aussi les réseaux de chaleur de Vénissieux et de Lyon Centre Métropole, ainsi que les stations d’épuration de Pierre-Bénite et de Saint-Fons.

Plus de 300 millions d’euros d’investissements ont été engagés à l’échelle de ce territoire entre 2012 et?2016. Total a injecté 110? millions dans la modernisation et la maintenance de ses installations de raffinage et de pétrochimie de Feyzin, Bluestar Silicones 15 millions dans la modernisation de son usine de Saint-Fons et l’accroissement de sa capacité de production destinée au marché des élastomères. IFP Énergies nouvelles a également investi 15 millions pour des équipements scientifiques, dont un supercalculateur mis partiellement à la disposition d’entreprises extérieures. Un autre projet de plateau de catalyse industrielle a été lancé. Il associe des chercheurs de l’IFP Énergies nouvelles et du CNRS pour fabriquer des catalyseurs en condition préindustrielle. « Il existe des facteurs convergents, une forte volonté de l’État, de la région et de la Métropole pour renforcer le développement économique et scientifique de cet écosystème », relève Pierre Beccat, le président du pôle de compétitivité Axelera et directeur de l’établissement d’IFP Énergies nouvelles à Solaize.

Innovation collaborative

Un écosystème favorable à l’éclosion de nouveaux acteurs de la filière chimie environnement, de start-up, TPE et PME qui peuvent suivre un « chemin résidentiel », selon l’expression de Didier Bonnet, le directeur d’Axel’One. Cette plate-forme d’innovation collaborative créée en juin 2011 à l’initiative d’établissements d’enseignement supérieur lyonnais, du CNRS, de l’IFP Énergies nouvelles, de Solvay et d’Engie, est composée de trois?maillons. Le premier, à Saint-Fons, est centré sur les matériaux, le deuxième, à Solaize, sur les procédés. Le troisième, sur le campus de la Doua, qui sera pleinement opérationnel en juin 2017, est tourné vers la recherche fondamentale. Une vingtaine de millions d’euros ont déjà été investis dans 8 500 mètres carrés de locaux qui hébergent une douzaine de projets de recherche et développement, dix entreprises et quatre plateaux technologiques mutualisés autour de la simulation, de l’enduction sur support souple, de la transformation de polymères et de la caractérisation de matériaux.

Axel’One mène notamment des travaux sur des matériaux nano-poreux pour le stockage de gaz naturel à des pressions inférieures à celles actuelles. Un cinquième plateau sur la catalyse industrielle sera installé, en liaison avec l’établissement de l’IFP Énergies nouvelles, pour la mise au point de catalyseurs hétérogènes sous forme de billes. Le déploiement de ce nouvel équipement s’étalera sur un an à partir de juillet. Axel’One aura mobilisé 20 millions d’euros en 2017. L’objectif est d’héberger une vingtaine de TPE entre 2015 et 2020 et d’accompagner une dizaine de start-up supplémentaires, qui pourraient fertiliser à l’avenir le terreau industriel local et transformer la Vallée de la chimie en campus d’innovation industrielle.?

60 hectares à reconquérir

L’appel des 30 n’aura pas été vain. La démarche lancée par la Métropole de Lyon avec le soutien des grands groupes présents dans la Vallée de la chimie pour reconquérir 60 hectares de foncier orphelin est en passe de se concrétiser. Suite à un appel à projets lancé en septembre 2014, onze dossiers ont été déposés en juin 2015 par des opérateurs immobiliers et des entreprises industrielles. L’objectif est de réimplanter des activités nouvelles dans les domaines de la chimie, de l’énergie, de l’environnement, en lien avec les industriels de la vallée. Les projets les plus avancés concernent la création d’un village d’entreprises cleantech à Saint-Fons, porté par la Société d’équipement et d’aménagement du Rhône et de Lyon et le promoteur EM2C, ainsi que la création d’une unité de gazéification et de production d’énergie verte à partir de biomasse. Défendue par le groupe Maia, celle-ci représente un investissement de 40 millions d’euros.?

 

Un employeur important

  • 10 200 emplois industriels
  • 6 000 emplois dans la chimie et la pétrochimie
  • 2 000 hectares
  • 14 communes

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