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L'Usine de l'Energie

La vallée de la chimie joue collaboratif

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Au sud de Lyon, la vallée de la chimie réinvente son socle industriel en multipliant les partenariats entre acteurs privés et publics.

La vallée de la chimie joue collaboratif
Grâce à la plate-forme d’innovation Axel-One, les industriels se partagent des équipements, comme cette unité de séchage par atomisation unique en Europe.

L’usine de Saint-Fons (Rhône) de Kem One est au cœur de plusieurs des évolutions de la vallée de la chimie. Industrielle, énergétique, collaborative. Ce site, berceau de la filière chimique lyonnaise depuis 1853, va être renforcé et sa production de PVC surchloré, croître. « Soit nous augmentons notre capacité de 20 à 30 %, soit nous la doublons avec une nouvelle unité de production, un investissement de plus de 20 millions d’euros », indique Alain Consonni, le directeur de l’établissement. Sous-utilisé en Europe, le PVC surchloré peut remplacer le cuivre ou d’autres métaux. Plus résistant à certaines substances chimiques, à la chaleur et aux UV, il a de nombreuses applications dans le BTP : tuyauterie, menuiserie extérieure… Autre atout, sa valorisation est plus élevée que celle du PVC générique, qui reste la spécia­lité de l’usine lyonnaise avec 160 000 tonnes produites contre 8 500 tonnes de PVC surchloré.

Des entreprises accueillies et parrainées

La décision d’accroître cette production sera prise cette année. Le site, qui a vécu de nombreuses transformations – arrêt de la fabrication d’acides sulfurique et nitrique dans les années 2000, déplacement de son activité de compound (mélanges) à Reims (Marne) en 2005 –, est engagé dans un cycle de développement sous l’impulsion du nouveau propriétaire de Kem One, Alain de Krassny. Avec un cinquième de ses 50 hectares disponible à la suite du transfert ou de l’arrêt de certaines activités industrielles, il peut en accueillir de nouvelles, comme celles de la start-up Deltalys, installée depuis un an dans ses murs. Cette société, qui fabrique des filtres innovants pour le traitement du biogaz à partir de déchets ultimes amalgamés, a choisi Kem One et Saint-Fons pour s’industrialiser. « Nous nous sommes rencontrés par le biais du Grand Lyon », précise Alain Consonni. Kem One a proposé à la jeune entreprise d’installer son outil industriel dans deux hangars de 2 000 mètres carrés. Charly Germain, le président de Deltalys, apprécie ce « parrainage industriel » qui lui permet de bénéficier d’autres services et des conseils de son hôte. À l’horizon 2020, son entreprise devrait employer une trentaine de personnes.

D’autres implantations sont à l’étude. La création d’une unité de production d’« énergie verte » à partir de combustibles solides de récupération dérivés de déchets pourrait alimenter les usines de la vallée. Suez hésite, pour cet investissement d’une quarantaine de millions d’euros, entre le site de Kem One et celui de Belle Étoile de Solvay, à Saint-Fons. La décision sera prise début 2019. Autre projet en suspens, la création d’une unité de valorisation de déchets de polymères, portée par un industriel auvergnat. Quatre sites sont en concurrence en France.

L’esprit collaboratif qui anime l’Appel des 30, lancé par les principaux acteurs privés et publics de la vallée pour amorcer la revitalisation de fonciers délaissés, est déjà à l’œuvre entre plusieurs industriels. Solvay, Elkem Silicones et Kem One partagent depuis plusieurs années leurs services de sécurité, d’incendie, d’entretien et d’exploitation des voies de chemin de fer qui desservent leurs cinq sites… Une mutualisation moins intégrée que celle, souvent citée en exemple, de la plate-forme Osiris à Roussillon (Isère), mais les entreprises lyonnaises doivent composer avec un espace plus grand et plus morcelé. D’autres modes de collaboration ont été initiés autour de la plate-forme d’innovation Axel’One avec un site spécialisé dans les matériaux à Saint-Fons et un autre consacré aux procédés à Solaize (Rhône). Ce dernier vient de réceptionner un outil de séchage par atomisation unique en Europe, qui permet de produire des catalyseurs et de développer de nouveaux matériaux ­nano-poreux pour le stockage du gaz naturel destiné aux véhicules.

Un projet à investissement participatif

Un autre projet collaboratif est en passe de faire rayonner la vallée de la chimie : la création d’une centrale solaire ­multisite d’une puissance de 7,3 mégawatts, soit le tiers de la puissance actuellement installée sur le territoire métropolitain. Six entreprises rhodaniennes sont impliquées dans ce déploiement de panneaux photovoltaïques en toiture et sur des parkings : Arkema à Pierre-Bénite, le centre de recherche de Total et de l’IFP Énergies nouvelles (Ifpen) à Feyzin, Kem One et Vos Logistics à Saint-Fons, l’équipementier japonais JTekt à Irigny.

Les propositions du tandem, constitué par l’opérateur français indépendant Langa et le lyonnais Terre et Lac solaire, ont été retenues par la Commission de régulation de l’énergie le 8 février, à un tarif en ligne avec la moyenne des prix pratiqués par EDF et pour une durée de vingt ans. La Métropole de Lyon et le fonds public régional Oser, spécialisé dans le financement de projets de production d’énergie renouvelable, seront actionnaires, à 40 % environ, de la future société Lyon Rhône Solaire qui exploitera la centrale. Les salariés des entreprises et les habitants de la métropole pourront prendre part à une opération d’investissement participatif. Ce projet sera progressivement opérationnel à partir de 2019.

C’est un retour aux sources pour la filière solaire ­française, qui peut se prévaloir d’une antériorité dans l’agglomération lyonnaise et s’appuie sur un hub d’ingénierie autour de Solaize. C’est sur la toiture du club-house des terrains de tennis d’Elf (à l’époque) que furent testés les premiers panneaux issus de son centre de recherche lyonnais. « Demain, les actifs français seront les plus compétitifs », assure le président de Terre et Lac solaire, Pierre-Emmanuel Martin. Notamment en matière de production d’énergie photovoltaïque le long de la vallée du Rhône et de la côte méditerranéenne. Lyon pourrait s’affirmer comme la tête de pont de ce réseau. 

« Faire de Kem One l’un des premiers producteurs européens de PVC »

  • Quelles sont vos priorités ?

Nous voulons faire de Kem One l’un des premiers de la classe des producteurs européens de PVC. Nous allons investir 300 millions d’euros en quatre ans, autant que dans les quatre dernières années, pour sécuriser notre production et nos matières premières. Nos efforts seront concentrés sur des investissements stratégiques – création d’un terminal d’éthylène à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), conversion de l’électrolyse, toujours à Fos – et de modernisation pour améliorer la fiabilité de nos installations, notamment à Balan (Ain) et à Saint-Fons (Rhône).

  • Projetez-vous d’investir à Saint-Fons ?

Nous avons des ambitions sur le marché du PVC surchloré et un projet d’extension à Saint-Fons dans ce domaine. Ce produit, beaucoup plus développé aux États-Unis qu’en Europe, est moins ballotté par la conjoncture. Mais avant d’investir, il nous faut développer ce marché.

  • Quelle est votre stratégie ?

Ma devise est « keep it simple », faire simple. Nous devons rester dans le cœur de notre business, être moins dépendants de nos fournisseurs d’éthylène en réinternalisant la maintenance de nos installations. C’est du simple bon sens. 

 

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