La Turquie interdit les paiements en cryptomonnaies, le bitcoin baisse

par Ece Toksabay

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

La Turquie interdit les paiements en cryptomonnaies, le bitcoin baisse
Le bitcoin perdait plus de 4% vendredi après l'annonce par la banque centrale de Turquie de l'interdiction d'utiliser des cryptomonnaies pour régler des achats, justifiée selon elle par des risques de dommages "irréparables". /Photo d'archives/REUTERS/Dado Ruvic

ANKARA (Reuters) - Le bitcoin perdait plus de 4% vendredi après l'annonce par la banque centrale de Turquie de l'interdiction d'utiliser des cryptomonnaies pour régler des achats, justifiée selon elle par des risques de dommages "irréparables".

Cette décision publiée au Journal officiel risque d'interrompre brutalement l'essor du marché local des crypto-actifs, qui s'est accéléré ces derniers mois avec la hausse rapide du prix du bitcoin, perçu en Turquie comme un instrument de protection contre une inflation à deux chiffres et la dépréciation de la livre turque.

Les volumes de transactions en bitcoin dans le pays ont représenté 218 milliards de livres (22,6 milliards d'euros) entre début février et le 24 mars selon les données du cabinet d'études spécialisé américain Chainalysis.

Le cours du bitcoin reculait de 4,16% à 60.608,52 dollars vers 11h45 GMT sur la plate-forme de transactions Bitstamp tandis que l'ethereum et le XRP chutaient de plus de 10%.

Dans un communiqué, la banque centrale turque déclare que les actifs utilisant les technologies de registre distribué ne sont "soumis à aucun mécanisme de régulation ou de supervision, ni à une autorité centrale".

"Les fournisseurs de services de paiement ne seront pas en mesure de développer des modèles économiques permettant l'utilisation directe ou indirecte de crypto-actifs pour la fourniture de services de paiement et l'émission de monnaie électronique", ajoute-t-elle.

"Leur utilisation pour des paiements pourrait provoquer des pertes non-recouvrables pour les parties impliquées dans les transactions", poursuit le communiqué.

Le chef de file du CHP, le principal parti d'opposition turc, Kemal Kilicdaroglu, a critiqué cette décision et le fait qu'elle soit annoncée un vendredi en fin de journée, comme cela avait été le cas le mois dernier pour le limogeage du gouverneur de la banque centrale par le président Recep Tayyip Erdogan.

"C'est comme s'ils ne pouvaient pas s'empêcher de faire des bêtises pendant la nuit", a-t-il déclaré sur Twitter.

(Avec Tom Wilson à Londres, version française Marc Angrand)

Partager

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS