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L'Usine Energie

"LA" transition énergétique, ça n’existe pas !

Ludovic Dupin , , ,

Publié le , mis à jour le 02/06/2014 À 12H56

Analyse Ségolène Royal va devoir définir ce qu’est la transition énergétique à la française et surtout,  au-delà de toute position dogmatique.

LA transition énergétique, ça n’existe pas ! © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Dans quelques semaines, la ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie soumettra en Conseil des ministres son projet de loi de transition énergétique.Suivront un passage en commission, un long débat parlementaire et une adoption – si tout va bien – en fin d’année. D’ici là, la ministre a encore beaucoup de travail pour finaliser son texte. Elle doit surtout choisir ce que sera "SA transition énergétique".

Car il n’existe pas dans "LA transition énergétique", une vérité absolue que chaque pays devrait poursuivre. Il y a "DES transitions énergétiques", suivant des choix politiques et de société. Chacune sert des buts différents : économiques, dogmatiques, compétitifs... Il y a la transition à l’américaine qui, de manière opportuniste, bascule d’un mix nucléaro-charbonné vers une économie gazière favorable à une réindustrialisation. La transition à l’allemande, guidée par un rejet du nucléaire et une conviction pro-renouvelables, accepte (ou s’autorise) une période de fort recours au charbon pour ne pas pénaliser son industrie. Il y a la transition saoudienne, basée sur l’économie, qui investit dans le nucléaire et le photovoltaïque pour limiter l’utilisation domestique du pétrole (où il est vendu à perte)… Les exemples sont innombrables.

Un monde de l’énergie multiple

L’étude d’Enerdata sur le mix énergétique mondial en 2013  montre à quel point les points de vue divergent. Tandis que l’Union Européenne se réjouit de voir les énergies renouvelables devenir sa première source de  production d’électricité en 2013, le G20 assiste à la croissance du charbon dans son mix énergétique. Entre 2000 et 2013, la part des énergies décarbonnées (renouvelables et nucléaire) recule d’un point dans le mix des 20 premières économies mondiales passant de 18 à 17%. Durant le même temps, l’Union Européenne affiche une surperformance en matière de réduction de ses émissions de CO2.

La ministre Ségolène Royal, aidée de ses rencontres et des travaux de ses prédécesseurs, doit bien construire "SA transition énergétique". A travers les nuances d’atomes, de vent, de gaz, de photons, de biomasse, de biofuel, d’hydrogène… elle doit choisir ce qui servira le mieux l’intérêt du pays. Pour cela, elle peut jouer sur de multiples leviers : croissance verte, dénucléarisation, compétitivité, réindustrialisation, création de filières, imposition, réglementation… et aucun mode d’emploi n’existe !

Ludovic Dupin

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1 commentaire

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03/06/2014 - 10h59 -

C’est idiot de dire qu’il n’existe pas de mode d’emploi sur la transition énergétique, mais c’est sans doute vrai que madame Royale (et les autres) ne le savent pas. Car, s’il existe une multitude de systèmes de production d’électricité dont chaque pays utilise au mieux la ressource, à la fin des fins , ne resteront que ceux qui pourront se renouveler. Ce qui limite forcément les choix et devrait nous aider à prendre les bonnes décisions, pour ne pas, faute d’anticipation, devoir se retrouver devant un mur. Ceci sans parler des changements climatiques, de la qualité de l’air que nous respirons, de l’absence de ressources fossiles ou des énormes problèmes à venir que ne manqueront pas de soulever les déchets de l’atome. Aujourd’hui, ce qui freine le développement des infrastructures des systèmes renouvelables n’est du qu’au fait que l’énergie produite ne peux pas être stockée, sans qu’on accepte les énormes pertes de production liées au rendement des systèmes de transformation (batteries 30%, hydrogène, sûrement moins? Air 10%). Que de ce fait, l’énergie produite ne peux pas être proposée à l’industrie automobile qui seule pourrait nous permettre, en fournissant le carburant nécessaire à son déplacement, de pouvoir investir massivement dans l’éolien ou le photovoltaïque au lieu de dépenser bêtement notre argent dans des pétrodollars (50 milliards en 2012) ou d’acheter de l’uranium dont on sait qu’il posera forcément problème. Aujourd’hui déjà par les surcoûts qu’il fait supporter à la société sans pour autant nous dédouaner des risques qu’il nous fait courir. On peut aussi se poser la question de savoir pourquoi on demande autant d’investissements dans ce secteurs alors qu’il faudrait plutôt le faire vers les Enr, puisque avant Fukushima tout était clair ? A tous ces problèmes, je propose une solution. Mais la difficulté pour moi ,c’est de pouvoir trouver dans le maquis des petits chefs et des institutions, l’interlocuteur qui saura piloter la machine France pour qu’elle puisse avancer avec toute son énergie dans le sens du progrès. Et ça, c’est pas gagné !
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