"LA" transition énergétique, ça n’existe pas !

Ségolène Royal va devoir définir ce qu’est la transition énergétique à la française et surtout,  au-delà de toute position dogmatique.

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Dans quelques semaines, la ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie soumettra en Conseil des ministres son projet de loi de transition énergétique.Suivront un passage en commission, un long débat parlementaire et une adoption – si tout va bien – en fin d’année. D’ici là, la ministre a encore beaucoup de travail pour finaliser son texte. Elle doit surtout choisir ce que sera "SA transition énergétique".

Car il n’existe pas dans "LA transition énergétique", une vérité absolue que chaque pays devrait poursuivre. Il y a "DES transitions énergétiques", suivant des choix politiques et de société. Chacune sert des buts différents : économiques, dogmatiques, compétitifs... Il y a la transition à l’américaine qui, de manière opportuniste, bascule d’un mix nucléaro-charbonné vers une économie gazière favorable à une réindustrialisation. La transition à l’allemande, guidée par un rejet du nucléaire et une conviction pro-renouvelables, accepte (ou s’autorise) une période de fort recours au charbon pour ne pas pénaliser son industrie. Il y a la transition saoudienne, basée sur l’économie, qui investit dans le nucléaire et le photovoltaïque pour limiter l’utilisation domestique du pétrole (où il est vendu à perte)… Les exemples sont innombrables.

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Un monde de l’énergie multiple

L’étude d’Enerdata sur le mix énergétique mondial en 2013 montre à quel point les points de vue divergent. Tandis que l’Union Européenne se réjouit de voir les énergies renouvelables devenir sa première source de production d’électricité en 2013, le G20 assiste à la croissance du charbon dans son mix énergétique. Entre 2000 et 2013, la part des énergies décarbonnées (renouvelables et nucléaire) recule d’un point dans le mix des 20 premières économies mondiales passant de 18 à 17%. Durant le même temps, l’Union Européenne affiche une surperformance en matière de réduction de ses émissions de CO2.

La ministre Ségolène Royal, aidée de ses rencontres et des travaux de ses prédécesseurs, doit bien construire "SA transition énergétique". A travers les nuances d’atomes, de vent, de gaz, de photons, de biomasse, de biofuel, d’hydrogène… elle doit choisir ce qui servira le mieux l’intérêt du pays. Pour cela, elle peut jouer sur de multiples leviers : croissance verte, dénucléarisation, compétitivité, réindustrialisation, création de filières, imposition, réglementation… et aucun mode d’emploi n’existe !

Ludovic Dupin

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