La traçabilité ne connaît pas la crise

Les 23 et 24 octobre, le Cnit-La Défense, à Paris, accueillait le salon Traçabilité 2008. Dans un marché économique étendu, le suivi des biens et des personnes devient une question prégnante pour les entreprises. Un enjeu qui alimente la bonne santé du se

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La traçabilité ne connaît pas la crise
La traçabilité, c'est en quelque sorte ce point d'avance qu'une entreprise se doit d'avoir dans un univers marchand où tout doit aller très vite et en toute sécurité. De la plateforme mutualisée qui permet à de très petites entreprises de tracer elles aussi leurs marchandises, à la RFID au service du suivi des conteneurs, en passant par l'analyse numérique d'images pour détecter les contrefaçons, les champs d'application présentés au salon ne manquent pas.

Une richesse de l'offre portée par une demande déjà soutenue et même pressentie comme prometteuse par de nombreux professionnels présents au Cnit, qui se refusent toutefois à avancer des chiffres d'investissement tant disent-ils « l'offre et les besoins sont trop diversifiés ». Tout juste parle-t-on d'une croissance à deux chiffres depuis près de 5 ans. Entre 15 et 30% selon les sources. Une enquête réalisée dans le cadre du salon vient étayer cet optimisme économique. Elle laisse apparaître que 73% des personnes interrogées ont un projet d'investissement en traçabilité.

Une adaptation accélérée par la réglementation

La préoccupation majeure des entreprises est de pouvoir répondre à la fois à des impératifs de productivité et de compétitivité, mais aussi à des impératifs de sécurisation des marchandises. « Il y a de plus en plus de réglementation et de risques à prévenir », souligne Jean-Michel Loubry, l'un des responsables du Pôle Traçabilité, organisme installé à Valence, dans la Drôme. « Les entreprises ont de fortes pressions juridiques quant à la sécurité des biens et des personnes. La traçabilité constitue alors une réponse adéquate pour démontrer que les choses sont organisées en conformité avec la réglementation. »

C'est donc cette pression réglementaire qui vient dynamiser encore un peu plus le marché. En 2009, la palme économique reviendra certainement au secteur pharmaceutique confronté à une échéance majeure. « A compter du 1er janvier 2011, l'industrie aura pour obligation d'effectuer le suivi des lots de médicaments », explique Alain Borel, PDG de la société de conseil Valorfi. « Il faut donc dès maintenant réfléchir à l'adaptation des chaînes de production pour pouvoir intégrer le code à barres 2D Datamatrix retenu par la nouvelle réglementation. C'est vraiment un énorme chantier ! »

L'autre vecteur de croissance - plus transversal celui-là -, c'est la lutte contre la contrefaçon. Dans son rôle de conseil et de recherche, le Pôle Traçabilité collabore avec des laboratoires français et européens pour apporter des solutions aux industriels. « Un groupe de réflexion, que je pilote au sein du CNAC, le comité national anti-contrefaçon, travaille sur les technologies à adopter », précise Jean-Michel Loubry. « Il y a des choses nouvelles dans le domaine optique avec les hologrammes, mais aussi avec l'utilisation des lasers. Les recherches sont très prometteuses. »

RFID et bilan carbone

Pas de révolution annoncée en revanche du côté de l'industrie agro-alimentaire. Elle continuera à s'adapter à l'application du pack hygiène qui vise depuis 2007 à tracer tous les éléments d'une chaîne de production. La RFID, technologie déjà éprouvée dans le secteur depuis des années, apparaît comme la solution la plus adéquate. Mais son utilisation devra se faire désormais avec une éthique écologique. « C'est la grande nouveauté du secteur », explique Jacques Valancogne, responsable des questions agro-alimentaires au sein du Pôle Traçabilité. « Les dernières directives nous imposent de prendre en compte le bilan carbone des produits. C'est ce que nous devons faire pour les étiquettes RFID dont le traitement des composants métalliques à forcément un impact sur l'environnement. » Un nouvel élément, certes contraignant, mais forcément pourvoyeur d'activités dans un domaine qui, lui non plus, ne connaît pas la crise.

Stéphan JULIENNE

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