La Thaïlande, nouvelle cible de l'Europe dans sa lutte contre la pêche illégale

La Commission européenne enjoint la Thaïlande de faire davantage d’efforts pour lutter contre la pêche illégale, sous peine d'interdiction d'exporter ses produits de la mer vers l'Europe. La Thaïlande fournissait en 2014 un peu plus de 3% des produits de la mer importés dans l'Union européenne.

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La Thaïlande, nouvelle cible de l'Europe dans sa lutte contre la pêche illégale

La Commission européenne estime insuffisants les efforts fournis par la Thaïlande dans le cadre de la lutte contre la pêche illicite, et menace d’interdire l'importation de produits de la mer en provenance de ce pays. "Notre politique rigoureuse, dans l’Union européenne, envers une pratique néfaste comme la pêche illicite, conjuguée à notre réelle capacité d'action, porte ses fruits. J’exhorte la Thaïlande à rejoindre l’Union européenne dans le combat pour une pêche durable, et à prendre des mesures énergiques contre la pêche illicite afin qu’elles puissent être suivies de conséquences", a indiqué le Commissaire européen aux affaires maritimes et à la pêche, Karmenu Vella.

Des étapes avant l'interdiction d'importer

Depuis plusieurs années, la Commission européenne a pris plusieurs mesures envers la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) : un règlement datant de 2008 et entré en vigueur en 2010 établissant un système communautaire destiné à "prévenir, contrecarrer et éliminer" cette activité (N°1005/2008), un règlement en établissant les modalités d’application (N°1010/2009), ainsi qu’un règlement ayant trait à l’autorisation des activités de la pêche (N°1006/2008) sont en place. Ces pratiques sont estimées à 19% de la valeur totale des prises à l’échelle mondiale, soit l’équivalent de 10 milliards d’euros.

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Si un pays tiers est identifié comme posant problème, une période de dialogue de 6 mois minimum est ouverte (la "pré-identification"), éventuellement suivie d’une phase dite "d’identification" en tant que pays non-coopératif (certains produits peuvent être interdits). Faute d’accord, le pays peut, par la suite, être listé comme étant non-coopératif : sa présence sur ce registre engendre une interdiction de ses importations dans l’Union européenne, tandis que les navires européens ne peuvent pêcher dans les eaux du pays concerné. Enfin, si le dialogue s’améliore entre les parties et que les efforts fournis sont considérés probants par l’Europe, le retrait de la liste des pays incriminés peut s’effectuer.

La Corée et les Philippines retrouvent les faveurs de l'europe

La Commission européenne fait donc entrer la Thaïlande dans ce processus en lui accordant un délai de 6 mois pour mettre en œuvre des mesures correctives, avant d’envisager une éventuelle interdiction de ses importations. Le pays a représenté 3,1% des achats européens de produits de la mer en 2014. "Si les importations de produits de la mer sont interdites, l'impact sera important à un moment où nos exportations ne sont pas en bonne forme", a commenté le directeur de la politique macro-économique de la Banque de Thaïlande, Don Nakornthab.

Le Belize a fait l’objet d’une procédure similaire l’an dernier, avant d’en sortir. C’est aujourd’hui au tour de la Corée et des Philippines - dont les premiers signes de mécontentement de la Commission européenne sont respectivement survenus en novembre 2013 et en juin 2014 - de retrouver les faveurs de celle-ci, à l’issue de phases "d’identification" ayant in fine donné satisfaction. "En utilisant le poids de son marché, l’Union européenne embarque avec elle d’importants acteurs dans sa lutte", s’est pour sa part félicité Karmenu Vella.

Franck Stassi

Franck Stassi Journaliste Industries du BTP

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