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La tentation allemande des jeunes ingénieurs espagnols

Publié le

Reportage Depuis des mois, l’Espagne connaît une situation économique critique. Touchés par le chômage, les jeunes diplômés espagnols manifestent contre leurs élites politiques qu'ils jugent responsables de la situation. Pour leur avenir professionnel, ils misent sur l'étranger. Un pays a bien compris l'intérêt à tirer de la situation : l'Allemagne.

La tentation allemande des jeunes ingénieurs espagnols © Contendo Estrelas - Flickr - C.C.

Ce matin du 8 juin, Alfonso bat le pavé avec une centaine de jeunes rue Picasso à Barcelone. Ils vont participer à un séminaire de la chambre de commerce hispano-allemande sur l'émigration de travail. Alfonso Canisares a passé la nuit dans un bus entre Barcelone et Madrid où il réside. Le train est trop cher pour ce jeune ingénieur aéronautique au chômage, qui mise gros sur l'entretien qu'il va passer aujourd'hui avec un cabinet de chasse pour des entreprises allemandes.

"C'est mon heure, je le sens", sourit-il dans un costume impeccable malgré la nuit de voyage. Il a 31 ans et son CV n'aligne que des stages. Trente ans après la grande vague d'émigration des années 1960, les travailleurs espagnols ont repris le chemin de l'exode. En un an, le nombre de citoyens résidant à l'étranger a augmenté de 8,2 %.

Avec 21,29 % de sa population active au chômage, l'Espagne s'enfonce dans la crise et ses jeunes avec. Les salariés sans qualification sont rejetés par le secteur de la construction, à l'arrêt. Et les jeunes diplômés ne supportent plus une situation qui leur laisse le choix entre le chômage ou des salaires extrêmement bas.

Place de Catalogne, à deux pas de la rue Picasso, où se tient le séminaire, une grande banderole affiche "Nous ne sommes pas antisystème, c'est le système qui est anti-nous". Les Indignés ont levé le camp. Mais ils continuent d'organiser régulièrement des manifestations, dont les diplômés font les gros bataillons.

Marta, une grande brune, ingénieur des Mines en fin de MBA, a fait son choix. "Je veux partir. Pour me développer professionnellement et pour avoir un meilleur niveau de vie. Mes parents n'ont pas investi toutes ces années dans mes études pour que je gagne à peine plus de 1 500 euros par mois. À Barcelone, les prix sont les même qu'à Munich." Marta parle parfaitement français, anglais et allemand.

Cette génération, dont une partie a grandi avec les programmes Erasmus et Leonardo (plan européen d'échange professionnel) n'a pas de prévention à la mobilité. En deux ans, les demandes adressées à Eures, le réseau européen d'emploi, sont passées de 60 000 à 160 000. L'Allemagne estime son déficit de travailleurs à 5,3 millions à l'horizon 2030. Elle a mis en oeuvre un plan pour attirer ces jeunes avec le concours des services espagnols de l'emploi.

À Barcelone, devant une salle bondée d'ingénieurs, Gerald Schomann, le responsable allemand d'Eures, n'essaye pas de vanter la douceur de vivre de son pays. Il affiche deux chiffres qui font mouche : un taux de chômage de 3 % chez les ingénieurs et un salaire moyen de 41 235 euros pour les débutants.

Daniel Encisco est venu avec cinq copains diplômés de son école de travaux publics de l'Université polytechnique de Barcelone. Ils sont un peu déçus par la présentation des Allemands, qui préfèrent à leur spécialité celle des ingénieurs automobiles, électroniques ou en énergie. "On ira ailleurs. En Amérique du Sud ou en Asie", explique-t-il. La France est également une terre d'accueil.

Le Goethe-Institut fait recette

Arnau, ingénieur aéronautique, a deux amis qui ont trouvé un emploi au-delà des Pyrénées l'un au Cnes, l'autre chez Airbus. "Je préfère l'Allemagne. J'ai travaillé à l'université de Stuttgart pendant mes études. J'aime bien les pays nordiques." Les inscriptions au Goethe-Institut, qui propose des sessions intensives à raison de sept heures par jour pendant douze semaines, ont bondi.

Mais les entreprises allemandes sont pragmatiques. Hans Reustle, le directeur du développement de MTM Power, une entreprise de moteurs de 2 000 salariés, a trouvé quatre ingénieurs à son goût lors de ces entretiens. "Deux seulement parlent un peu l'allemand. Ce n'est pas un problème, ils sont tous anglophones et ont de bonnes compétences techniques." Avant l'été et au frais de l'entreprise, ils viendront visiter son site de Mellenbach près de Francfort. Hans Reustle espère en recruter trois. Pour commencer...

 

Consultez le tableau du classement des écoles d’ingénieurs 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 commentaire

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29/06/2011 - 10h08 -

Heu vous avez comptabilisé le nombre d'ingénieur Francais en Allemagne...je crois qu'il est supérieur ä celui des Espagnols...
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