La tension persiste au sein des actionnaires familiaux de Wendel

par Pascale Denis

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La tension persiste au sein des actionnaires familiaux de Wendel

PARIS (Reuters) - Wendel Participations, la société regroupant les intérêts des actionnaires familiaux de Wendel, n'a pas retrouvé la sérénité à la veille de son assemblée générale annuelle, selon Sophie Boegner, membre de la famille.

"Nous avons le sentiment, avec d'autres actionnaires, que les choses sont en train de bouger. La confiance entre les organes dirigeants et les actionnaires semble remise en cause", a-t-elle déclaré à Reuters.

Outre l'approbation des comptes, l'agenda de mercredi portera notamment sur l'élection de trois censeurs, membres du conseil de surveillance de Wendel, qui intégreront le conseil d'administration de Wendel Participations, et la réduction à quatre ans de la durée du mandat des administrateurs.

Mais "derrière un ordre du jour anodin en apparence, les questionnements semblent demeurer sur les sujets de gouvernance et des avantages financiers accordés aux dirigeants", a-t-elle poursuivi.

Sophie Boegner conteste depuis longtemps le calendrier des assemblées générales, qui fait toujours passer celle de Wendel avant celle de ses actionnaires familiaux.

Cette assemblée de la famille en est réduite, selon elle, à être une simple chambre d'enregistrement alors qu'elle devrait avoir lieu avant pour mandater, ou non, son président François de Wendel pour le vote des résolutions.

"Ce n'est pas du ressort d'une assemblée générale de voter sur les résolutions d'une autre assemblée générale. C'est le conseil d'administration de Wendel Participations qui donne un mandat ferme et précis de vote des résolutions", a pour sa part déclaré un porte-parole de Wendel Participations.

La société familiale ajoute que "la principale ressource étant le dividende que lui verse Wendel, il faut que celui-ci soit voté pour que Wendel Participations puisse en parler".

Une assemblée générale de Wendel Participations qui se tiendrait avant celle de Wendel réserverait à ses actionnaires familiaux un traitement privilégié par rapport aux autres actionnaires du groupe, a également précisé le porte-parole.

La société familiale, qui compte 950 membres descendants de Martin Wendel, fondateur de la dynastie des maîtres de forges lorrains au début du 18e siècle, détient 33,45% du capital de Wendel et 46,4% de ses droits de vote.

L'organisation du vote des actionnaires familiaux, qui s'opérait auparavant à main levée, a été confiée cette année à un prestataire extérieur.

PAS DE MISE EN MINORITÉ POSSIBLE

Entre les voix des actionnaires familiaux, représentés par François de Wendel qui vote en leur nom, et celles des dirigeants, il n'y a pas de mise en minorité possible, conteste Sophie Boegner.

Les dirigeants de Wendel détiennent environ 4% du groupe. Ernest-Antoine Seillière, président du conseil de surveillance, environ 3%.

Lors de l'assemblée générale de Wendel du 4 juin, l'ensemble des résolutions présentées aux actionnaires ont été approuvées à plus de 90%.

Elles portaient notamment sur des parachutes dorés accordés à Frédéric Lemoine, président du directoire qui s'est vu accorder une indemnité de départ de deux ans, sous conditions, ainsi qu'à Bernard Gautier, membre du directoire.

En outre, une résolution a été approuvée sur le remboursement à l'ancien président de Wendel, Jean-Bernard Lafonta, de ses parts non investies dans Saint-Gobain, Materis, Deutsch ou Stahl à leur valeur de souscription, pour environ 2,5 millions d'euros.

L'ancien dirigeant s'est aussi vu voter des indemnités de départ de près d'un million d'euros, plus un bonus de 500.000 euros, grâce à la réactivation d'un ancien contrat de travail lui permettant de bénéficier des indemnités légales.

Jean-Bernard Lafonta avait été poussé au départ il y a un an par des actionnaires familiaux, avec Sophie Boegner à leur tête, contestant l'endettement, les choix stratégiques du groupe, notamment son investissement dans Saint-Gobain, ainsi qu'un montage financier ayant abouti à une montée du management de Wendel au capital de la société avec à la clé, en 2007, de très importantes plus-values potentielles.

Edité par Jean-Michel Bélot

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