La tension monte dans le secteur textile au Bangladesh

Depuis l'effondrement d'un immeuble qui abritait des ateliers de confection textile le 24 avril et ses 1 127 morts, les manifestations des ouvriers bangladais pour de meilleures conditions de travail se multiplient.

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La tension monte dans le secteur textile au Bangladesh

A Savar, une ville à une trentaine de kilomètres au sud de Dacca, la capitale du Bangladesh, les violences s'intensifient entre les ouvriers du textile et les gérants des usines. "Toutes les usines de la zone industrielle d'Ashulia vont fermer pour une durée indéterminée à partir de mardi (14 mai, ndlr) à cause de l'agitation de la main d'oeuvre", a confirmé à l'AFP Shahidullah Azim, le vice-président de l'Association des fabricants et exportateurs de textile.

Selon l'AFP, des centaines d'usines du secteur textile sont concernées par ces fermetures. Le Bangladesh est à feu et à sang depuis le millier de morts provoqué par l'effondrement d'un immeuble, le Rana Plaza, qui abritait des ateliers de confection, le 24 avril dernier à Savar.

Selon le chef de la police d'Ashulia, Badrul Alam, cité par l'AFP, "dans 80% des usines, les ouvriers ont débrayé lundi (le 13 mai) pour demander des hausses de salaires". Les marques occidentales Walmart, H&M, Inditex (Zara...) et Carrefour font confectionner leur production dans certaines de ces usines.

Les ouvriers en grève ont reçu l'appui du prix Nobel de la paix bangladais Muhammad Yunus. Lors d'un colloque à Dacca sur l'effondrement du Rana Plaza, il s'est exprimé pour dénoncer les conditions de travail déplorables des travailleurs du textile. "Nous leur donnons des salaires tels que même le pape dit qu'elles sont payées comme des esclaves : 40 dollars par mois. Nous voulons que ceci appartienne au passé", a-t-il lancé selon l'AFP en direction des multinationales de l'habillement qui font fabriquer leur production au Bangladesh.

Des discussions ont été entamées par Yunus avec l'organisme Transparency International pour fixer un indice pour les salaires minimum dans les pays qui fabriquent de la confection pour des marques occidentales.

"Nous ne voulons pas faire du Bangladesh un pays d'esclaves. Nous voulons en faire un pays de femmes modernes. Nous voulons garantir qu'elles auront un salaire légitime", a-t-il exigé. "(...) Nous ne voulons pas vendre du travail d'esclavage pour construire notre économie. Nous voulons vendre nos talents".

Le ministre bangladais du Textile a récemment annoncé la mise en place d'une commission pour augmenter le salaire minimum des ouvriers.

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