Economie

La tendance aux relocalisations se confirme dans l’industrie américaine

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A moins d’un mois de la présidentielle, deux récentes études appuient le principal argument de la campagne Obama : la réindustrialisation des Etats-Unis. En attendant,  l’industrie manufacturière a de nouveau perdu des emplois en septembre.

La tendance aux relocalisations se confirme dans l’industrie américaine © Dan Donovan for General Motors

Réalisée par trois universités américaines, la dernière étude sur le sujet le confirme : reshoring, onshoring et insourcing sont décidemment des concepts en vogue chez les patrons américains. Sur les 319 entreprises interrogées, 40% considèrent le "reshoring" comme un phénomène d’avenir et envisagent elles-mêmes de relocaliser une partie de leur production aux Etats-Unis. 38% indiquent par ailleurs que leurs concurrents directs ont déjà procédé à des relocalisations. Selon l’étude, les secteurs aéronautique, défense, électronique, composants industriels et matériel médical sont les plus concernés.

"L’augmentation du coût du travail dans les pays émergents, le prix élevé du pétrole et du transport et les risques d’instabilité politique nourrissent cette tendance", explique l’auteur principal de l’étude, présentée la semaine dernière. "Le manque de protection de la propriété intellectuelle et les problèmes de qualité de production préoccupent aussi les entreprises", ajoute Tobias Schoenherr, professeur au département Supply Chain Management de l’Université d’Etat du Michigan.

En outre, Tobias Schoenherr dit également avoir ressenti chez les chefs d’entreprise "un désir sincère d’aider l’économie américaine et de ramener des emplois". Si tel est le cas, alors l’accent mis sur ce sujet par Barack Obama, depuis son discours sur l’Etat de l’Union en janvier, semble porter ses fruits.

L'avantage compétitif des Etats-Unis

Les résultats de cette étude sont d’ailleurs dans la droite ligne du rapport publié fin septembre par le Boston Consulting Group (BCG). Selon ses auteurs, la relance de l’industrie manufacturière américaine - notamment via l’insourcing - et l’augmentation des exportations pourraient créer de 2,5 à 5 millions d’emplois d’ici à 2020.

Les experts du BCG insistent sur l’avantage compétitif des Etats-Unis face aux autres grands pays développés. Ils estiment qu’en 2015, les exportations américaines pourraient coûter 5 à 25% moins cher que celles provenant d’Allemagne, de France, d’Italie, du Royaume-Uni et du Japon. Et ce grâce à un coût de la main d’œuvre, du gaz naturel et de l’électricité plus bas.

Le phénomène est d’ailleurs déjà en marche. Depuis fin 2011, Toyota exporte ainsi vers la Corée du Sud des berlines Camry produites dans le Kentucky et des monospaces Sienna fabriqués dans l’Indiana. Son concurrent japonais, Honda, a également annoncé un renforcement de sa production sur le territoire américain. "Au cours des prochaines années, quand les entreprises européennes et japonaises décideront où installer leurs nouvelles capacités de production, on peut s’attendre à d’autres annonces de ce type", estime Michael Zinser, l’un des auteurs de l’étude.

Conséquence : selon le rapport du BCG, l’économie américaine pourrait voir ses exportations croître de 80 à 130 milliards de dollars par an d’ici 2020, raflant au passage entre 2 et 4% des exportations réalisées aujourd’hui par ses concurrents européens et entre 3 et 7% de celles réalisées par le Japon.

En attendant, la bataille politique se poursuit autour des chiffres de l’emploi - industriel notamment - annoncés vendredi dernier. Alors que le taux de chômage (7,8%) est tombé à son plus bas niveau depuis l’accession au pouvoir de Barack Obama, les républicains préfèrent mettre l’accent sur les 16 000 emplois perdus dans l’industrie manufacturière en septembre, après 22 000 en août.

A moins d’un mois de l’élection, l’équipe de Mitt Romney insiste sur le fait que les Etats-Unis ont perdu 600 000 emplois manufacturiers en près de quatre ans de présidence Obama. Ce à quoi les démocrates rétorquent qu’au cours des deux mandats de George W. Bush, ce sont près de 4,5 millions de postes qui ont disparu dans le secteur.

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