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La téléphonie sur internet suscite les convoitises

Hassan Meddah

Publié le

Les spécialistes des commutateurs de nouvelle génération sont la cible des grands équipementiers. Thomson vient ainsi de mettre la main sur la PME française Cirpack.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Après les Etats-Unis, les grandes manoeuvres démarrent en Europe. Les spécialistes des « softswitchs », cette nouvelle génération de commutateurs de téléphonie capables de traiter la voix sur IP (protocole internet), sont devenus la cible des grands fabricants du secteur. La PME française Cirpack vient ainsi d'être rachetée le 21 avril dernier par Thomson. Le géant français de l'électronique n'hésite pas à s'immiscer dans le réseau des opérateurs. « Avec la technologie ADSL, les opérateurs télécoms sont également des diffuseurs de contenus et de vidéo. Cette acquisition complétera notre offre de passerelles d'accès avec une solution de gestion des abonnés plus en amont dans le réseau de l'opérateur », explique Ghislain Lescuyer, directeur exécutif en charge des activités plates-formes d'accès et passerelles de Thomson. Cette opération suit de peu le rachat d'Inventel, autre société française fabricant des modems ADSL intégrant la fonction voix sur IP.

Cirpack, PME de soixante personnes pour un chiffre d'affaires d'environ 14 millions d'euros en 2004, avait su attirer près d'une cinquantaine de clients. Sa technologie a, il est vrai, de quoi séduire : « Le coût par abonné des solutions basées sur les softswitchs oscille entre 10 et 30 euros, contre 150 euros pour les commutateurs traditionnels », explique Jean-Pierre Dumolard, patron de Cirpack. Equipés des fameux softswitchs, ses clients, comme Free, Tiscali, Club Internet ou encore neuf telecom, offrent à leurs clients, en sus de l'accès internet, des forfaits de téléphonie à prix cassés.

il reste encore des cibles potentielles

Aux Etats-Unis, le mouvement de concentration a démarré plus tôt. En mai 2004, l'équipementier Lucent a racheté le spécialiste Telica et ses 250 employés, pour 295 millions de dollars. Telekec, un des grands acteurs de la signalisation des réseaux, a racheté deux start-up dans ce domaine, Taqua, en février 2004, et Santera Systems, en juin 2003. Il faut dire qu'outre-Atlantique, le nombre d'utilisateurs de services de téléphonie sur internet devrait dépasser les 17 millions d'utilisateurs d'ici à 2008, selon le cabinet d'études Infonetics.

La consolidation devrait faire tache d'huile. Tout d'abord, il reste encore des cibles potentielles. Parmi elles, l'américain Sonus Networks, le français NetCentrex, l'italien Italtel (dans lequel Cisco Systems détient déjà 18,4 %) disposent d'une technologie séduisante, de produits et de clients. « Nos premiers travaux datent de 1998. Aujourd'hui, nous avons 110 ingénieurs spécialisés sur les technologies de voix sur IP », explique Nicolas Jordan, directeur du développement pour NetCentrex. La PME, qui compte France Télécom comme client, a déjà vendu environ 1,3 million de lignes de voix sur IP. Limitées cependant par leurs moyens financiers et humains, ces PME peuvent trouver intérêt à s'adosser à de grands partenaires pour se développer à l'étranger. De plus, les opérateurs historiques hésitent à faire confiance à des petites structures pour des déploiements de grande envergure.

Ensuite, le boom annoncé des ventes de softswitchs d'abonnés, tirées par le développement des accès internet à haut débit, devrait également attiser les convoitises des gros acheteurs. « 2005 devrait marquer le véritable démarrage en Europe pour les ventes de softswitchs même si l'adoption de ces technologies se fera progressivement », estime Kevin Mitchell, directeur pour le cabinet d'études Infonetics sur le marché des équipements de nouvelle génération. Ce dernier estime qu'en 4 ans les ventes pourraient passer de 350 mil- lions en 2004 à 1,6 milliard de dollars en 2008. Les opérateurs historiques devraient en effet investir à leur tour dans ces technologies afin de concurrencer les fournisseurs d'accès Internet.

Des millions de lignes de codes développées

Enfin, les équipementiers vont vouloir étoffer leurs compétences dans le domaine. Certes, ils peuvent s'appuyer sur leur expertise indéniable en matière de téléphonie : « Nous avons déjà développé des millions de lignes de codes », explique Daniel Blais, directeur marketing des solutions de convergence de Nortel France. L'équipementier canadien dessert ainsi de grands opérateurs américains comme Verizon et Sprint. Cependant d'autres équipementiers, notamment européens comme Alcatel et Siemens, n'ont pas encore réalisé de percées significatives. « Du fait des réductions de dépenses de leur budget de recherche, certains fabricants sont assez démunis dans ce domaine, explique Jean-Charles Doineau, directeur du cabinet d'études Ovum en France. La plupart de grands équipementiers ont maintenant dans le ra- dar des petites sociétés, surtout qu'elles ne sont pas encore trop chères. »

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