L'Usine Energie

La technologie du charbon propre employée par EDF en Chine

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

Le charbon propre est une utopie. Mais améliorer le rendement des centrales électriques permet de diminuer les émissions de gaz à effet de serre par kilowattheure produit. Ceci passe par les technologies supercritique ou ultra-supercritique, à l’image du projet d’EDF en Chine.

La technologie du charbon propre employée par EDF en Chine © ianrthorpe - Flickr - c.c.

Les jours du charbon en France sont comptés. Les plus anciennes centrales thermiques utilisant ce combustible seront fermées définitivement d’ici 2015. EDF refuse toutefois de perdre son expertise dans le domaine. L’électricien entend bien demeurer un exploitant aguerri des centrales à charbon, source qui fournit 40 % de l’électricité mondiale. Ainsi, le premier électricien mondial a annoncé, le 18 avril dernier, la construction d’une centrale à charbon propre de 2000 MW à Fuzhou, dans le sud-est de la Chine dans le cadre d’une joint-venture avec l’électricien local China Datang Corporation (CDT). "Ce projet nous permettra de maintenir notre savoir-faire dans le charbon, qui assure 75 % de la production d'électricité en Chine, et d'acquérir une expertise dans les technologies les plus modernes", explique le groupe dans un communiqué.

Cette technologie moderne, c’est le charbon "propre", un oxymore pour parler d’un combustible très fortement émetteur de gaz à effet de serre et de gaz polluant. Le rendre "propre" consiste à accroître les rendements de la centrale pour diminuer la quantité de dioxyde de carbone, d’oxyde de soufre et d’oxyde d’azote émise par kilowattheure produit. Pour cela, la centrale à charbon d’EDF en Chine sera ultra-supercritique avec un rendement de 43 % contre 35 % pour une centrale classique. Les émissions de CO2 passent ainsi de 900 grammes par kilowattheure dans une centrale classique à 800 grammes.

Haute température, haute pression

Le secret ? Dans une centrale supercritique ou ultra-supercritique, l’eau est soumise à de très hautes températures sous très haute pression, ce qui lui permet de passer à l'état gazeux sans phase d’ébullition, ce qui améliore considérablement l’efficacité du système. Pour une centrale supercritique, l’eau est montée à 374 °C sous 221 bars.

Pour une centrale ultra-supercritique, comme celle qui sera construite en Chine, on atteint 585 à 600 °C sous 300 bars. En contrepartie, les métaux des équipements de la centrale (chaudière, tuyaux, turbines…) doivent être capables de supporter de telles conditions, entraînant des surcoûts. Le coût de cette centrale devrait approcher du milliard d’euros. Elle sera livrée en 2016.

Ludovic Dupin

 

 

 

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