Economie

"La taxe sur l’EBE créera un nouvel effet de seuil", pour Viviane Chaîne-Ribeiro, présidente de Talentia Software et administratrice du Syntec numérique

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La taxe sur l’EBE créera un nouvel effet de seuil, pour Viviane Chaîne-Ribeiro, présidente de Talentia Software et administratrice du Syntec numérique © Stéphanie Jayet - L'Usine Nouvelle

"Rester positif est une vraie volonté chez les entrepreneurs et patrons de PME : ils ont pourtant toutes les raisons pour ne pas l’être. On nous avait promis, début septembre, la suppression de l’impôt forfaitaire annuel (IFA), de la C3S – impôt idiot s’il en faut – et la création d’un impôt sur le profit en contrepartie d’une décroissance progressive de l’IS. De belles annonces porteuses d’espoir… et finalement  non tenues. L’IFA est bien supprimé, la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S) reste et l’impôt sur les sociétés (IS) ne diminue pas mais voici qu’apparaît une taxe sur l’excédent brut d’exploitation (EBE) ! Et chacun de regarder le taux et la limite annoncée de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ouf, je n’y suis pas ! Le gouvernement a voulu protégé les PME mais l’enfer est pavé de bonnes intentions. Prenons l’exemple de ma propre société, Talentia Software : nous réalisons un chiffre d’affaires de 56 millions d’euros dont 44 en France. Nous ne sommes donc pas concernés a priori par la taxe sauf que notre ambition est de devenir une ETI. Nous avons plus que triplé notre chiffre d’affaires sur les 6 dernières années, doublé notre effectif, versé de la participation ces 2 derniers exercices. Et nous avons aussi accrue le poids de nos filiales européennes. Voilà pourquoi nous allons regarder à deux fois avant d’investir en France et pourquoi nous aurons tendance à faire croître nos filiales européennes. Quelle raison avons-nous aujourd’hui de passer au-delà de 50M€ ? Pour payer la taxe sur l’EBE ? La France a besoin d’industries ? Pourquoi pénaliser ces entreprises qui ont besoin d’investissements lourds et favoriser les activités de négoce des biens produits à l’étranger - et donc ouvrir la porte aux délocalisations ? L’emploi viendra de la croissance des PME ? Pourquoi alors les dissuader de devenir des ETI et ajouter des effets de seuil ? Et de fait, ceux qui ne sont pas concernés, le sont en réalité et la perversité de cet impôt se révèlera dans quelques années, quand les économistes nous en dresseront le bilan."

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