Economie

"La taxe EBE est un impôt anti-Made in France", dénonce le syndicat des ETI

Elodie Vallerey , , ,

Publié le

Entretien Alors que le projet de loi de finances 2014 a été présenté en conseil des ministres le 25 septembre, l'Asmep-Eti, le syndicat des entreprises de taille intermédiaire, alerte le gouvernement sur les conséquences des nouvelles mesures fiscales sur les garants du Made in France. Alexandre Montay, délégué général de l'Asmep-Eti, revient pour L'Usine Nouvelle sur cette initiative.

La taxe EBE est un impôt anti-Made in France, dénonce le syndicat des ETI © DR

Sommaire du dossier

L'Usine Nouvelle - Quel est l'objectif du "panier français" que vous avez adressé à François Hollande ?

Alexandre Montay - Avec ce "panier Made in France", on veut appuyer sur le débat fiscal à l’aune d’une réalité, à savoir les entreprises, les produits et les emplois. Les ETI sont la catégorie d’entreprise la plus exposée au déficit de compétitivité du site France. Si on veut construire des ETI qui soient robustes, solides pour porter des marques internationales, il faut un environnement fiscal qui leur soit favorable.

Quelles critiques adressez-vous à la taxe sur l’excédent brut d’exploitation (taxe EBE) que le gouvernement souhaite mettre en place ?

Cette taxe est pour nous un impôt anti-Made in France, car il touche en plein cœur les ETI, leurs amortissements, leur capacité à investir sur les sites de production en France. Dans le nouveau projet de loi de finances, la pression fiscale continue d’augmenter, on atteint même des records. C’est une fausse "pause fiscale", alors que derrière la fiscalité se jouent les marges des entreprises, leur capacité à investir et à recruter. Il y a urgence car, avec cette pression fiscale, le Panier de la "France de 2025" risque d’être bien vide.

Qu’attendez-vous des débats qui s’amorcent autour du projet de loi de finances et de la fiscalité ?

Les ETI ont une capacité à rebondir, à être créatives et à recréer de l’emploi dès qu’il y a un peu de croissance. Les pouvoirs publics devraient miser sur cette catégorie d’entreprise pour la reprise. Si le gouvernement a une vraie ambition pour un "Mittelstand" à la française, c’est à l’aune des entreprises et des emplois qu’il doit agir et infléchir sa politique fiscale. Nous avons des contacts réguliers avec le ministère du Redressement productif, mais moins ces derniers temps, même si un rendez-vous est fixé très prochainement. Nous apprécions qu'Arnaud Montebourg ait le Made in France cheville au corps, mais nous regrettons de ne pas avoir été consultés avant l’élaboration de cette nouvelle taxe.

Propos recueillis par Elodie Vallerey

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