"La taxation du numérique est plus que jamais d'actualité", selon Bruno Le Maire

Le ministre français de l'Économie continue de défendre l'idée d'une taxe GAFA au niveau européen. Mais la crise du Covid-19 pourrait ralentir les négociations avec l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

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Le ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a de nouveau plaidé pour l'adoption à l'échelle européenne d'une taxation des géants du numérique. /Photo prise le 24 avril 2020/REUTERS/Benoit Tessier

Le ministre français de l'Économie et des Finances a de nouveau plaidé lundi 4 mai pour l'adoption à l'échelle européenne d'une taxation des géants du numérique. Bruno Le Maire estime que la pandémie de Covid-19 et ses conséquences économiques justifient plus que jamais le projet.

"Ceux qui s'en sortent aujourd'hui le mieux, ce sont les géants du numérique"

"Cette crise montre que ceux qui s'en sortent aujourd'hui le mieux, ce sont les géants du numérique simplement parce que leurs activités se poursuivent y compris pendant la crise, et pourtant ce sont les moins taxés", a déclaré Bruno Le Maire, à l'occasion d'une séance de questions-réponses en direct avec les internautes sur le réseau social professionnel LinkedIn.

"Donc ma proposition de taxation du numérique, elle est plus que jamais d'actualité et j'espère que nos partenaires européens vont prendre conscience de la nécessité absolue qu'il y a à accélérer sur la taxation des géants du numérique", a-t-il insisté. Près de 140 États négocient actuellement sous l'égide de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) un nouvel accord sur la fiscalité transfrontalière afin de l'adapter à l'ère numérique.

La taxe GAFA n'est plus la priorité

Mais face aux répercussions économiques de la pandémie, les ministres des Finances sont désormais davantage concentrés sur la sauvegarde de leur économie nationale que sur la refonte de règles rendues obsolètes par la montée en puissance de Google, Amazon, Facebook ou encore Apple, qui déclarent leurs profits dans les pays à faible imposition, indépendamment de la localisation de leurs clients.

L'engagement réaffirmé en début d'année de parvenir à un accord international d'ici à la fin 2020 semble donc de plus en plus difficile à tenir. Bruno Le Maire a répété à plusieurs reprises avant l'émergence de la crise sanitaire qu'une taxe numérique à l'échelle européenne serait indispensable, faute d'accord de la communauté internationale.

Vers un accord en plusieurs étapes ?

Les précédentes tentatives de mise en place d'une taxation du numérique à l'échelle européenne se sont heurtées jusqu'ici à l'opposition de l'Irlande, où de nombreux géants américains du secteur déclarent la majeure partie de leurs revenus, ainsi que de plusieurs pays nordiques. En l'absence d'accord, plusieurs États membres ont mis en place une taxe numérique nationale. La France a ouvert la voie en instaurant sa propre taxe en 2019, récoltant en retour des menaces de représailles commerciales de la part des États-Unis, pour l'instant suspendues à la conclusion éventuelle d'un accord international en 2020 à l'OCDE.

L'OCDE a pour sa part déclaré lundi 4 mai que les travaux sur une réforme internationale de la fiscalité avaient été ralentis par la pandémie de nouveau coronavirus mais que l'objectif d'un accord d'ici la fin de l'année 2020 restait atteignable. Pascal Saint-Amans, directeur du centre de politique et d'administration fiscales de l'OCDE, a précisé que les discussions sur un taux minimal d'imposition progressaient plus rapidement que celles portant sur les modalités de la collecte de l'impôt. Un accord sur ce deuxième volet pourrait n'intervenir qu'en 2021.

Avec Reuters (Leigh Thomas, avec Myriam Rivet, édité par Jean-Philippe Lefief)

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