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L'Usine Aéro

La tactique mexicaine de Figeac Aéro pour conquérir l’Amérique

Olivier James , , ,

Publié le

Reportage Figeac Aéro a inauguré une usine au Mexique, dédiée à des pièces élémentaires pour les portes du Boeing 787. Avec cette implantation, la société lotoise compte séduire les industriels nord-américains.

La tactique mexicaine de Figeac Aéro pour conquérir l’Amérique
Figeac Aéro a inauguré sa nouvelle usine mexicaine jeudi 24 mai.

Des palmiers le long des routes, 41°C affichés au thermomètre, un paysage aride ceint de montagnes minérales. Peu accueillante, cette ville d’Hermosillo, capitale de l’Etat du Sonora, au nord du Mexique ? Pour Figeac Aéro, c’est au contraire une terre qui promet d’être fertile : le sous-traitant aéronautique lotois y a inauguré jeudi 24 mai une usine rutilante de 8500 m², dont l’investissement représente environ 20 millions d’euros.

Un site dédié à la production de pièces élémentaires et de sous-ensembles métalliques destinés aux portes du Boeing 787, constituées chacune de plus d’un millier de pièces. Le parc d’une quarantaine de machines ultra modernes va permettre au groupe de déployer son savoir-faire dans la fabrication de plus de 500 types de pièces différentes. "Nous emploierons 200 salariés d’ici la fin de l’année, assure Jean-Claude Maillard, le patron de Figeac Aéro. Et nous créerons 500 emplois supplémentaires à l’horizon 2023". Des chiffres conséquents au regard des 3 300 salariés du groupe.

Après la France, les Etats-Unis, la Tunisie, le Maroc, la Roumanie, et demain l’Arabie Saoudite, la Chine et la Russie, le sous-traitant spécialiste de l’usinage des métaux – qui vise un chiffre d’affaires d’au moins 650 millions d’euros pour l’exercice 2019/2020 – étend sa toile industrielle au Mexique. Avec une idée fixe pour le patron : faire de ce site une porte d’entrée vers le marché nord-américain. "Je me réjouis de l’apathie de mes concurrents américains qui n’investissent pas suffisamment et n’internationalisent pas leur production", glisse en souriant Jean-Claude Maillard. Le dirigeant maintient plus que jamais sa stratégie fondée sur une base européenne à forte valeur ajoutée, renforcée par des sites en zones low cost qui assurent la compétitivité de son entreprise en matière de coûts de production. Indispensable selon lui alors que les avionneurs accentuent leur pression sur les prix. A ce titre, l’usine au Mexique serait la plus compétitive de toutes pour l'entreprise.

Au seuil du marché nord-américain

Mais pourquoi avoir opté pour un tel emplacement, loin des pôles aéronautiques mexicains comme Chihuahua et Queretaro où se trouvent entres autres Safran et Zodiac ? Première raison : Figeac Aéro a suivi un autre groupe français aéronautique, Latécoère, dont l’usine fait face à celle inaugurée par le sous-traitant lotois. En juillet 2015, lorsque Figeac Aéro remporte un contrat de fourniture de pièces pour 50% des portes du Boeing 787 auprès de Latécoère – qui en assure l’assemblage final –, l'ETI avait déjà annoncé son intention de s’installer en Mexique. Le contrat représente à lui seul environ 10 millions d’euros de chiffre d’affaires par an. Mais ce n’est pas tout : Figeac Aéro a justement décidé de s’éloigner des états mexicains denses en activité aéronautique pour s’affranchir de la compétition en ressources humaines. A la clé : un turn-over moindre et des salaires moins élevés.

Jean-Claude Maillard aura donc patiemment placé ses pions en vue de s’arroger des parts de marché aux Etats-Unis. Car l’usine mexicaine se veut complémentaire de celle acquise en 2014 à Wichita, dans le Kansas, davantage spécialisée dans les procédés spéciaux et l’assemblage de grandes pièces. Deux sites qui s’appuient sur le soutien commercial d’un bureau situé à Dallas, ouvert en 2016.

Début 2018, Figeac Aéro a signé son premier contrat direct avec Boeing, après une vingtaine d’années de discussions menées avec le géant américain de l’aéronautique. Une première réussite qui pourrait appeler d’autres contrats dans les prochaines années, à la faveur de la compétitivité apportée par l’usine mexicaine : le patron de Figeac Aéro assure qu’il sera bientôt en mesure de proposer des prix entre 10 à 15% moins élevés que ses concurrents. Outre Boeing, l’entreprise lorgne les grands donneurs d’ordre nord-américains tels que Bombardier, Spirit, Triumph ou bien encore GKN.

Une usine en phase de maturité

Reste que l’usine doit encore assurer sa montée en puissance. Si les premières pièces usinées sont produites depuis plusieurs mois, les activités aval de tôlerie et de traitement de surface ne sont pas entrées en phase de production. Ce qui oblige pour le moment Figeac Aéro à les externaliser. "Nous allons obtenir les qualifications nécessaires pour l’activité de traitement de surface dans les prochaines semaines, détaille Gilles Moreaux, le directeur du site. L’ensemble des activités de l'usine seront opérationnelles d’ici la fin de l’année". De quoi faire passer, grâce à ce schéma industriel intégré, le cycle de production moyen d’une pièce de 10 à 5 semaines.

A moyen terme, Jean-Claude Maillard ne cache pas également son ambition de convaincre Latécoère de lui octroyer la totalité du marché des pièces pour les portes du Boeing 787. L’équipementier assemble aujourd’hui 12 jeux de portes par mois, sachant que chaque avion en possède 8, soit 96 portes au total. "Nous passerons dès la fin de l’année à 14 jeux de portes", précise Yannick Assouad, la patronne de Latécoère présente lors de cette inauguration. A-t-elle l’intention de sous-traiter l’ensemble de cette production à Figeac Aéro ? "J’ai très envie qu’ils nous livrent à l’heure", glisse-t-elle en aparté. Qui aime bien châtie bien: Figeac Aéro est le premier fournisseur de Latécoère. Mais c'est une façon non voilée de souligner qu’avant de prétendre à grossir, Figeac Aéro doit encore faire la preuve de la robustesse de sa nouvelle production.

A Hermosillo (Mexique), Olivier James

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