La sûreté nucléaire se dégrade selon l'Anccli

L’Association nationale des comités et commissions locales d’information (Anccli) s’inquiète de la dégradation de la gouvernance de la sûreté nucléaire et craint que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ait subi des pressions. L'association lance un appel aux candidats à la présidentielle. 

 

 

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La sûreté nucléaire se dégrade selon l'Anccli
Chute d'un générateur de vapeur dans la centrale de Paluel en 2016

"Les candidats à la présidentielle parlent beaucoup de continuer ou non le développement du nucléaire, mais aucun ne parle de la sûreté nucléaire, en particulier de sa dégradation". Tel est l’appel sans ambiguïté lancé par Jean-Claude Delalonde, président de l’Association nationale des comités et commissions locales d’information (Anccli) à quelques mois de l’élection présidentielle. Jean-Claude Delalonde ajoute : "La filière nucléaire existe depuis plus de 40 ans, elle a été présentée comme sûre et peu coûteuse. Ce n’est pas à nous de nous positionner sur la légitimité de cette filière, mais si elle devient coûteuse et moins sûre, nous avons le droit de nous interroger".

Des pressions sur l’ASN

Quatre événements ont interpellé l’Anccli en 2016. En mars, la chute d’un générateur de vapeur à la centrale de Paluel (Seine-Maritime). En mai 2016, la découverte de falsifications sur des pièces forgées à l’usine Areva du Creusot (Saône-et-Loire). En juin, la mise en évidence d’anomalies sur des générateurs de vapeur du parc nucléaire français et la demande du report du démantèlement des anciens réacteurs uranium-gaz d’EDF.

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"Nous avons le sentiment que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a subi des pressions pour lever des exigences de sûreté", n’hésitent pas à lancer les membres de l’Anccli. L’ASN a pourtant réaffirmé sa vigilance et son intransigeance lors de ses vœux à la presse le 19 janvier 2017, n’hésitant pas à parler "d’un contexte préoccupant de la sûreté".

L’Anccli ne comprend pas la décision prise par l’ASN le 5 décembre 2016 d'autoriser le redémarrage 9 des 12 réacteurs arrêtés en raison des anomalies sur des générateurs de vapeur. "Pendant six mois en 2016, nous avons été associés à toutes les sujets, mais l’ASN a pris cette décision sans nous en informer l’Anccli et les CLI. Nous nous inquiétons… peut-être à tort… mais nous nous inquiétons", ajoute Jean-Claude Delalonde.

Trois propositions aux candidats

Aussi, l’Anccli émet trois recommandations auprès des candidats à la présidentielle. Premièrement, restaurer la confiance dans le contrôle de la sûreté et la qualité nucléaire. "Il y a une dégradation irrémédiable de la défense en profondeur. Les marges ne sont pas détruites mais elles sont réduites. Nous demandons qu’un effort soit fait envers les CLI qui manquent d’informations", juge l’ANCCLI. Deuxièmement, l’association demande qu’un débat soit lancé à l’échelle nationale pour la prolongation au-delà de 40 ans des réacteurs du parc. Troisièmement, l’Anccliappelle les candidats à organiser le lancement d’une réelle industrie du démantèlement en France, avant qu’elle ne soit devancée par ses voisins européens.

"Nous avons le sentiment que beaucoup de structures officielles, de représentants économiques et de citoyens sont dans une situation de déni. Certains corps d’Etat ont, quant à eux, un comportement de dépit", constate Jean Claude Lalonde. Il ajoute : "Les hommes politiques doivent faire face à leurs responsabilités, coupables qu’ils seraient de ne pas prendre les décisions qu’exigent les enjeux de la sûreté nucléaire".

L’Anccli, qui regroupe 35 commissions locales d’information (CLI) voisines de sites nucléaires, comptent 3000 bénévoles dont 1500 élus locaux, le reste étant composé d’ONG (pro ou anti-nucléaire), d’experts et de citoyens. Elles ont été créées en 2006.

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