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L'Usine de l'Energie

La supply chain, compatible avec un avenir sans déchets d’activités économiques?

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Tribune La levée mondiale de boucliers à l’encontre de la pollution ne cesse de s’accentuer, la fin des plastiques à usage unique, notamment, semble enfin proche. Les industries doivent aussi faire face au traitement de leurs déchets en repensant leur supply chain à l’aune de ce contexte, estime Christophe Philippart, Vice-Président régional pour l’Europe du Sud chez LLamasoft.

La supply chain, compatible avec un avenir sans déchets d’activités économiques?
Trouver des initiatives, comme les emballages alimentaires comestibles Do Eat.
© Laurent Rousselle

Sommes-nous en train d’assister à la disparition de certains déchets notamment des plastiques à usage unique ? À une époque aussi propice aux clivages qu’aujourd’hui, il est rassurant de voir qu’autant d’entre nous unissent leurs forces pour signer la fin des déchets. La série de documentaires « Planète Bleue » diffusée sur une grande chaine nationale, a œuvré avec grand succès à la sensibilisation des populations sur l’impact dévastateur que produisent les déchets plastiques sur nos océans. Prise de conscience et éveil de l’intérêt des consommateurs sont aujourd’hui les maîtres mots.

Par ailleurs, une récente étude réalisée par Tetra Pak a révélé, que 64% des Français considéraient comme un frein à l’achat d’un produit, que son emballage soit nocif à l’environnement[1].  Ils sont donc logiquement 73% à déclarer qu’il serait meilleur pour l’environnement de disposer d’aliments sans emballage, distribués en vrac. Une tendance qui touche jusqu’à l’exécutif, qui, à l’horizon 2025, vise les 100% de plastiques recyclés. En attendant cette prise en charge totale, 2019 verra venir un bonus-malus sur la taxe d’écocontribution qui fera varier cette dernière selon le type de plastique en question[2]. 

Les entreprises sont aussi mises à contribution puisque le Programme National de la Prévention des Déchets 2014-2020[3] prévoit notamment une stabilisation au minimum de la production de déchets des activités économiques (ferrailles, métaux non ferreux, papiers-cartons, verre, textiles, bois, plastiques…) d’ici à 2020.

Un engagement nécessaire

Le traitement des déchets d’activités économiques passe par une collaboration internationale, à ce titre, cela fait des dizaines d’années que le Royaume-Uni se tourne vers la Chine pour se soulager du poids que représentent ses déchets plastiques.
L’appétit de la Chine en la matière permettant d’atteindre des objectifs élevés en termes de recyclage. Cette année, la Chine a toutefois décidé de freiner radicalement l’importation de déchets plastiques en provenance de l’étranger. Alors cette attitude, pourrait intensifier les pressions qui s’exercent sur les entreprises ayant recours à des plastiques à usage unique au sein de leur processus de fabrication et de leur supply chain.

Les entreprises françaises doivent ainsi s’attendre à répondre davantage de leurs agissements contre l’environnement la question de l’empreinte carbone et du recyclage étant au cœur du débat public. Car cette variable est devenue une raison de choisir telle ou telle marque.

Des marques activistes

Certaines marques de renom ont cependant anticipé cette tendance et font déjà des efforts, c’est notamment le cas de McDonald’s et Starbucks au Royaume-Uni qui testent des pailles recyclées ou la suppression des pailles et couverts en plastique. En France, c’est le groupe Carrefour [4] qui a annoncé quelques jours avant l’arrivée du mouvement « plastic attack », son projet d’utiliser 100 % d’emballages recyclables, réutilisables ou compostables pour 2025.

Des changements qui se sont malheureusement trop fait attendre, si on les compare aux chiffres publiés par la Fondation Ellen MacArthur. En effet, ceux-ci suggèrent qu’à toutes choses égales, les océans pourraient contenir, en poids, plus de déchets plastiques que de poissons d’ici 2050. L’étude allant même plus loin et démontrant que notre économie perdait entre 80 et 120 milliards de dollars en raison d’une chaîne de valeur linéaire basée sur des produits à usage unique.

Potentiel d’attractivité accru, impact positif sur les performances, encouragement de l’opinion, ce contexte favorable doit permettre aux supply chains d’évoluer.

Repenser et réinventer

Tout cela semble très attrayant, mais par où les entreprises doivent-elles commencer pour établir une supply chain exempte de plastiques à usage unique et de déchets de manière générale ? Tout repose initialement sur les données. Grâce à un logiciel dédié au design de leur supply chain, les entreprises peuvent disposer d’une vue d’ensemble sur cette dernière, leur offrant dans le même temps des informations détaillées concernant notamment les spécificités d’emballage de leurs produits. De cette façon, on peut étendre cette veille des déchets à toutes les industries où les déchets tels que les solvants ou accumulateurs seraient repérés.
Les fournisseurs d’emballages alternatifs qui répondent à ces attentes, à l’instar de ceux qui fourniront Carrefour en papier, peuvent ainsi être ajoutés au modèle de supply chain, directement au sein du logiciel, aux côtés d’un indicateur ou d’un indice relatif à leurs caractéristiques tarifaires et à leur positionnement au sein du réseau.

Visualiser et évaluer

Un logiciel dédié au design de la supply chain peut aider les entreprises à visualiser un problème en tirant parti de données volumétriques permettant d’identifier rapidement les sources et les flux des différents fournisseurs. Le logiciel permettrait aussi la traçabilité des déchets.

Place ensuite à l’évaluation des alternatives. À titre d’exemple, si vous souhaitez réduire vos matières plastiques non recyclables de 10 % d’ici 2020, vous devez être en mesure d’analyser les approches alternatives à votre disposition qui vous permettent d’y parvenir tout en maintenant vos objectifs de service, de stocks et de rentabilité, le tout étayé par les risques associés que vous avez évalués. Les scénarios qui comparent la situation actuelle à plusieurs alternatives permettent d’identifier les priorités en termes de transformation, ainsi que les coûts et les risques associés, en éliminant du calcul les canaux exceptionnels. Il est dès lors possible d’établir des objectifs visant, à terme, à réduire les matières non recyclables.

Quid d’une supply chain libérée de toute matière à usage unique et polluante ? Une supply chain qui donne priorité au recyclage est, par définition, cyclique. Imaginons par exemple des usines de traitement centralisées recevant les déchets issus des acteurs de la supply chain, ou encore des produits reconditionnés confiés aux fabricants d’emballages. Cette vision aboutirait sans doute à un réalignement des sites de production d’emballages, où ces derniers s’éloigneraient des ports et des sources pétrolières pour se rapprocher de l’usine de recyclage, des clients de la supply chain, et, en définitive, du consommateur.

L’élimination des matières à usage unique au sein de la supply chain ne se produira pas du jour au lendemain, mais l’introduction de matières recyclées peut sans aucun doute devenir réalité. L’utilisation d’un logiciel de modélisation de la supply chain pour visualiser et évaluer l’efficacité d’un réseau dénoué de toute matière à usage unique pourrait permettre aux entreprises d’améliorer leur image environnementale et de se débarrasser pour de bon des déchets.

Christophe Philippart, Vice-Président régional pour l’Europe du Sud chez LLamasoft

 

Les avis d'experts sont publiés sous la seule responsabilité de leurs auteurs et n'engagent pas la rédaction de L'Usine Nouvelle.

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[1] http://www.environnement-magazine.fr/dechets-recyclage/article/2017/12/01/116149/emballage-nocif-environnement-est-frein-achat-pour-64-des-francais

[2] https://www.ladepeche.fr/article/2018/08/12/2850489-plastique-le-gouvernement-lancera-en-2019-un-bonus-malus.html

[3] https://www.ademe.fr/en/expertises/dechets/passer-a-laction/eviter-production-dechets/dossier/prevention/programme-national-prevention-dechets-2014-2020
[4m] http://www.processalimentaire.com/Emballage/Carrefour-se-lance-dans-la-chasse-aux-emballages-plastiques-jetables-342

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