La stabilité des prix essentielle à la croissance, dit Trichet

JACKSON HOLE, Wyoming (Reuters) - Le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet a réaffirmé ce week-end l'attachement de la BCE à la stabilité des prix, qu'il juge "essentielle" pour promouvoir la croissance.

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Ces propos, prononcés samedi à l'occasion des rencontres annuelles de Jackson Hole (Wyoming), ont fait suite à une intervention remarquée de la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, qui a mis en garde contre le risque de voir l'économie mondiale plonger dans la récession et a plaidé pour une action politique rapide et coordonnée, notamment via une recapitalisation des banques.

"Nous considérons que le très solide ancrage de nos anticipations d'inflation est l'un de nos atouts majeurs", a déclaré Jean Claude Trichet, qui n'a pas évoqué dans son intervention la crise de la dette souveraine en zone euro ou les perspectives pour la politique de la BCE.

"C'est une chose que nous considérons comme absolument essentielle pour la confiance", a-t-il poursuivi, estimant que cette confiance était utile dans un contexte difficile pour contribuer à préserver la croissance.

La Banque centrale européenne adaptera ses mesures de politique monétaire non conventionnelles aux problèmes spécifiques qu'elle rencontre, a ajouté le patron de l'institution de Francfort.

"L'utilisation de mesures non-conventionnelles dépend du fonctionnement de la transmission de la politique monétaire et doit être proportionnée au niveau de dysfonctionnement ou d'interruption des marchés monétaires et financiers ou de segments de marchés", a-t-il dit.

Jean-Claude Trichet a fait écho aux propos de Christine Lagarde, selon laquelle les soubresauts du processus politique en Europe accroissent le climat d'incertitude.

"Paradoxalement, nous -- en tant que groupe, en tant qu'entité -- sommes mis en difficulté pas nécessairement parce que nos fondamentaux sont très mauvais. Nos fondamentaux ne sont pas très mauvais. Le problème, c'est que nous sommes mis en difficulté dans notre gouvernance", a-t-il dit.

"RALENTISSEMENT NE VEUT PAS DIRE RÉCESSION"

L'Autrichien Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE et également présent à Jackson Hole, a déclaré de son côté qu'il n'y avait aucune raison de penser que les anticipations d'inflation avaient augmenté.

"Ce que nous constatons, c'est que les anticipations d'inflation sont stables", a-t-il dit à l'agence de presse Bloomberg.

"Pour le moment, lorsque je regarde les prix du pétrole et la demande générale, je ne vois aucun problème spécifique qui pourrait contribuer à une augmentation des anticipations d'inflation."

Ces propos suggèrent que la BCE, qui a pour mandat de contenir l'inflation un peu en dessous de 2%, pourrait maintenir ses taux directeurs inchangés après deux relèvements successifs cette année.

Pour le gouverneur de la Banque nationale d'Autriche, "la perspective de croissance est intacte" en zone euro et offrira une base solide pour l'an prochain.

"Même s'il y a un ralentissement, ça ne veut pas dire qu'il y a récession", a-t-il dit à Bloomberg, disant ne pas croire que le marché des prêts interbancaires s'acheminait vers une paralysie, comme en 2008 après la chute de Lehman Brothers.

"Il ne faut pas surestimer la situation (...) Nous sommes loin d'une situation comme après Lehman. C'est quelque chose à surveiller, mais pas un défi immédiat."

Au début du mois, Ewald Nowotny avait estimé que le bond des dépôts bancaires auprès de la Banque centrale européenne était inquiétant mais avait prévenu que la situation économique de la zone euro n'avait pas changé du jour au lendemain.

Mark Felsenthal, Ann Saphir et Sylvia Westall, Jean Décotte pour le service français

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